PREMIERE MEDITATION
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présente à Dieu «ou Père. 3.° Renoncez aaiii a votre esprit, et demandez celai de Notre Seigneur, afin qu'il
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premier folnt. A . Ai::e = >":::e- Sei-
gneur Jésûs-Chrisl . P pâtre selon Tordre de Melchi-j sédech , établi en son divin sacerdoce par la vocation |
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. . . Pii .:;..'. S qu'un eut pu prétendre à la prêtrise sans vocar ;::.? ::i:r.:e u':: .::: :r . , >': :: apurer, en: i e 2:- in Sauveur ; car n'y avoit-il pas droit par sa naissance et divine et temporelle ? I m u - g . glo-
quasi Vnigeniti a PoJrv plénum m ituc et veritatis ( S. Joan. . . Que s'il faut une grande innocence pour mériter cette dignité , nétoit-il pas la sainteté par essence ? Talis enim decel mtm\ ma I Pont r ?iN , inaciffi , impollut
( Bebr. 7 , 2b. ). Si la scien . en lui
étoient ton »rs de la science et de la sagesse
-- t uosuntGmnts Utesauri sapientiœ et
scientiœ Dei ( Colos. z, 3. ). Si le zèle est indispensable , il étoit dit de lui : Zdus domûs tuœ comedit me ( Psalm. 68 , 10. ). S'il étoit besoin de prudence, il étoit, et il s'appelle par excellence la sagesse incarnée. Si Ton demande de l'autorité , toute puissance lui étoit donnée au ciel et sur la terre : Data est rnihi omnis potestas in cœlo et in terra (S. Matth. 28, 18.). Si l'on cherche la force , il étoit la vertu de Dieu. Si l'on cherche la pureté d'inîention , il ne cherchoit et ne pou voit chercher que la gloire de son Père : Qucerit gloriam ejus qui misit eum ( S. Joan. 7 , 18.). Aon quœro gloriam meam ( S. Joan. 8 , 5o ). Toutefois il n'usurpe point le sacerdoce malgré toutes ses qualités admirables , il ne s'y élève point lui - même, mais il attend que son Père l'y appelle et lui dise: Tu es Sacerdos in œternum...Nec quisquam bumit sibi honorem , sed qui vocatur à Deo , tanquam Aaron ; sic et Christus non semetipsum clarifïcavit ut Pontijexjieret ( Ad Hebr. i5, +, 5.). SiCIiristus, cùm esset sanctus , innocens , impollutus , minime Pontificem 5e ipsum inttituit , quid nocentesi infirmi, in eis agere dtbent? Uinc quorumdam clericorum temeritas confutatur , qui^ nullo suadente nec imperanie , sacerdotii gradum assumunt. Altiiudinem ministerii hujusulinam sapèrent et intclligvrent ! Ad illud etiam vocati atque impulsi se acclamarent indigrtos , non minus Dei quàm propriœ conscientiœ judicium Jormidantes ( B. Laur. Justin. Serm. de Euch., n.°20.)- Adorez ce divin modèle de tous les Prêtres , admirez , louez, bénissez et le Fils qui est appelé, et le Père qui l'appelle à ce divin état.
second point. Communion. L'exemple de N. S. devroit sutiire pour ne s'engager jamais dans le sacer-
doee et dans l'état ecclésiastique sans vocation : Inspice, e^fuc secundùm exemplar quod tibi monstratum est (Exod. 25 , 4°')- ^ais Pour vo'r en particulier les motifs que vous avez de craindre de vous y ingérer sans y être appelé , vous méditerez à loisir les trois considérations suivantes. La première considération est que ceux qui s'ingèrent et qui s'engagent dans cet état sans vocation , font une injure à Dieu trèssignalée , et commettent une terrible offense , en choquant manifestement les ordres qu'il a prescrits , et en renversant insolemment la conduite qu'il veut être observée dans son Eglise ; sur quoi vous remarquerez trois choses : la première , que c'est Dieu même qui donne cet ordre de ne point s'engager dans l'état ecclésiastique sans y être appelé. Il ne veut point qu'on entre dans sa maison qu'il ne l'ordonne ; qu'on y prenne aucune fonction qu'il ne l'agrée , ni qu'on embrasse aucun état qu'il n'y appelle. C'est un maître absolu , il veut choisir ses serviteurs , et les appliquer lui-même aux emplois qu'il désire. C'est un bon père" de famille qui prend lui - même le soin de pourvoir ses enfans. C'est un roi sage , il veut avoir entre ses mains le choix de ses ministres , et il n'agrée absolument que ceux qu'il y appelle. Donc s'y engager sans vocation , c'est choquer manifestement les ordres qu'il a prescrits , et renverser insolemment la conduite qu'il veut être observée dans sa maison. Mais c'est , en second lieu , choquer ses ordres dans une matière de la dernière conséquence. Car qu'y a-t-il de plus important dans sa maison , que i'entrée de son sanctuaire , que le ministère de ses autels, la dispensation de ses trésors, la garde de son Epouse et la conduite de sa famille? Que direzvous d'une personne qui , sans l'agrément du prince ,
et même contre sa volonté et sa défense expresse , seroit assez téméraire pour s'engager dans sa maison j qui se serviroit de mille artifices pour avoir part à ses secrets, et prendre malgré lui le maniement de ses affaires ; qui lui feroit même quelque espèce de violence pour disposer de toutdans]sa famille ? Audeatne aliquis vestrûm aîicujus reguli , non prœcipiente aut eliam prohibente eo , occupare ministériel , percipere bénéficia, negotia âispensare? Jamais, continue saint Bernard , on n'a vu personne assez téméraire pour se porter à cet excès d'insolence. C'est néanmoins ce que l'on voit dans la famille de Notre-Seigneur , quand on s'engage sans vocation dans l'état ecclésiastique; c'est ce qu'on fait dans la maison de Dieu , qui est une maison de prière et non pas d'intrusion , dit Pierre do Blois : Domus orationis , et non intrusionis . Ce qu'on n'auroii pas la hardiesse de faire dans la maison d'un prince, on ne craint pas de le faire dans la maison de Dieu ! N'est - ce pas , dit saint Bernard , une présomption étrangement ambitieuse ? n'est-ce pas un emportement horrible qui va jusqu'à la folie? Quid istud temeritalis ? imb , quid infamiœ est? ubî timor Dei ? ubi mortis memoria ? ubi geJiennœ rnetus et terribilis exspectaiio judicii! U y a plus , car non-seulement les ordres de la maison de Dieu sont violés par cette conduite téméraire , et des ordres de la dernière conséquence ; mais , en troisième lieu , ce sont les ordres les plus précis et les plus indispensables qu'il ait jamais donnés. 11 y a peu de lois dont il ne dispense quelquefois ; mais de celle de la vocation , jamais. Que ce soient des Prophètes , que ce soient des Apôtres , facîum est verbtim Domini ad me...\>ocavit eos... vocavit ad se yiios voluit ( S. Marc, i , 20 ) ; que ce soit
son propre Fils , il faut qu'il l'appelle , autrement c'est une usurpation sacrilège qui fait que Dieu cruellement outragé se porte au plus haut point de sa fureur. C'est ce que vous méditerez bien à présent , en faisant réflexion sur ce que lui - même a dit par son Prophète , qui vous fait connoître jusqu'où va cet outrage :Ip si regnaverunt, et non ex me... Iratus est furor meus in eos , usquequo non poterunt emundari ( Ose. 8. )• Us se sont ingérés , dit Dieu , ils ont usurpé un honneur et une autorité que je ne leur avois point donnée , et pour ce sujet ma fureur s'est irritée contre eux , et ils ne pourront plus se corriger. Pour bien entendre ceci, concevez que lEcriture- Sainte remarque trois mouvemens de Dieu irrité contre les pécheurs : le premier est de colère ; le second est de fureur ; et le troisième est de fureur irritée. De colère contre les pécheurs ordinaires; de fureur contre les péchés plus énormes et plus considérables ; de fureur irritée contre les péchés les plus exécrables et contre les plus abominables de tous les crimes. Or , c'est ce troisième mouvement dont Dieu menace ceux qui entrent dans l'état ecclésiastique sans vocation. D'où vous pouvez conclure la grandeur de l'outrage qu'il reçoit par cette insolente conduite. Mais c'est aussi ce qui peut vous faire connoître le tort irréparable qu'on se fait à soi-même , en s'engageant ainsi dans l'état ecclésiastique sans vocation ; car que peuton attendre d'un Dieu irrité de la sorte?
C'est la seconde considération que vous ferez. Car si l'on a peine à supporter le moindre mouvement de la colère de Dieu ; si c'est assez pour faire frémir les plus grands Saints ; s'ils sont dans des saisissemens de crainte qui les mettent tout hors d'eux-mêmes , en sorte qu'ils ne savent quelquefois où ils en sont ,
que sera - ce de sa fureur et de sa fureur irritée ? Quand Dieu est en colère , encore se souvient-il de ses bontés : Cùm iratus fueris , misericordiœ recoi*daberis', mais dans sa fureur irritée, il n'y a plus de miséricorde. C'est pourquoi le jour du jugement est appelé le jour de la colère de Dieu irritée , dies irœ , parce qu'alors il n'y aura plus de miséricorde pour les pécheurs : Ira non habet misericordiam ( Prov. 27. ). Sa fureur totalement débordée sur eux ne leur laissera plus d'attente de grâce , ni d'espérance de salut , et il n'y aura plus qu'un accablement de toute sorte de maux , et un abime impénétrable de supplices , de tourmens , de calamités et de misères. Et voilà où tombent ceux qui s'engagent dans l'état ecclésiastique sans vocation : Horum certa est damnatio ( S. Bern. in déclamât. ). i.° Ils n'auront que peu ou point de grâces ; car Dieu ne les ayant point appelés , quel droit ont-ils d'y prétendre? Quel droit peut avoir un serviteur de demander des gages et des appointemens à son maître , lorsqu'il fait ce qu'il ne veut pas , et qu'il le sert contre sa volonté ? Un oiseau , comme dit le Sage , qui sort de son nid , ne trouve plus les secours de son père dans ses nécessités, mais il est exposé à la proie des autres oiseaux. Ainsi en est-il des Ecclésiastiques qui sont entrés dans l'Eglise sans vocation :t ils ne trouvent plus les mêmes secours qu'ils rencontroient auparavant, quand ils étoient dans l'état où Dieu les vouloit : Sicut avis Iransmigrans de nido suo , sic vir qui relinquit suum locum ( Prov. 27 , 8. ). Parce qu'ils ont choisi ce que je ne voulois pas , dit le Seigneur, ils seront dans la famine ; et pendant que mes serviteurs fidèles seront rassasiés de mes grâces, yous en aurez disette : Pro eo quodnolui c/e-
gistis , propter hoc , hœc dicit Dominus : Ecce » servi mci comedent , et vos esurietis ; ecce servi mei bibent , et vos esurietis (ïsai. 65.)- Privation donc, en premier lieu, des secours de Dieu. Privation , en second lieu , presqu'irréparabîe... Ils seront incorrigibles , non poterunt emundari. Qu'on . s'engage sans vocation dans beaucoup d'autres états , on ne reçoit pas la grâce en y entrant , mais on peut ensuite réparer ce malheur. Que je perde même la grâce de plusieurs autres Sacremens , c'est une grande perte , mais elle peut être réparée. Que je fasse une communion indigne et sacrilège , je puis en réparer le fruit par une suivante. Mais pour l'entrée indigne dans le sacerdoce, comment la réparer .' car elle ne se fait qu'une fois , de sorte que si l'on manque de • la bien faire, il n'y a plus d'autre voie qui la répare : Omnis plantatio quant non plantaverit Pater meus , eradicabiîur (S. Mat th. i5. ).
Quand on a dessein de se retirer dans un cloître et de se faire religieux , combien de consultations ! combien d'examens ! combien de communions î combien de prières , de vœux et de sacrifices! Après tout cela on fait encore une année entière, et quelquefois deux ou trois, de probation et de noviciat. Toutefois quand on s'y seroit établi sans vocation , on pourroit recevoir la grâce d'y bien vivre et de s'y sanctifier. Par la pratique fidèle de ses règles on trouveroit le moyen de réparer cette grâce ; mais la grâce de bien vivre dans le sacerdoce est régulièrement attachée à la vocation et à la réception de Tordre; et, bien loin qu'on puisse l'acquérir par le seul exercice des fonctions de cet état , on s'en rend , au contraire, plus indigne ^ parce qu'on continue son sacrilège et son usurpation : Quia non est mihi voîuntas
111 vobis , dicit Dominus , ideà munus non suscipiam de manu vestra. Et comme ces fonctions sont des voies de sanctification et d'accroissement de grâce pour ceux qui y sont entre's légitimement , elles ne sont aussi pour les autres , disent les Pères , que des voies de sacrilège et de profanation : Usurpa ti siquidem ausus sacerdofii sacrificium in sacrilegium , et vitam convertit in mortem (Petr. Blés., Epis t. 16. ). Ce n'est pas que Dieu , touché des larmes et des travaux d'une sévère et laborieuse pénitence, ne relâche quelquefois de ses rigueurs et ne donne d'autres grâces et des secours communs et généraux , avec lesquels nous pourrions satisfaire absolument à nos obligations*, mais cela est si rare, et quand il les donne, il arrive si peu qu'on y soit fidèle , que nous pouvons bien dire cette perte entièrement irréparable. C'est pourquoi vous devez vous persuader que c'est se perdre soi-* même et s'exposer évidemment à la damnation éternelle, que de s'engager ainsi témérairement dans l'état ecclésiastique; car c'est la marque la plus certaine et le caractère le plus assuré de la réprobation. Et si Dieu , di|^saint Augustin , punit autrefois si sévèrement Coré, Dathan et Abiron en les ensevelissant tout vivans dans les enfers , pour s'être ingérés saîis vocation à faire les fonctions du sacerdoce , ce n'est , dit ce Père , que pour empêcher qu'on ne s'ingère dans cet état , en faisant connoître le châtiment que mérite ce crime. On s'attire , dit saint Ephrem , un jugement sans miséricorde :Si indigné quis hanc dignitatem sibi usurpare sit ausus , tenebras sibi exî.criores judiciumque absque miserieordia consciscii (S. Ephr. de sacerd. ). C'est pourquoi ayez pitié de votre pauvre a me , dit saint Bernard , ayez pitié du sang précieux au prix duquel elle a éié rachetée.
Craignez ces horribles tourmens , ce feu éternel et tous ces supplices qu'attirent sur eux ceux qui s'engagent sans vocation : Parcite, obsecro , fratres , parcite animabus vestris , parcite sanguini qui effusus est; horrendum timete supplicium , ignem qui paratus est dcclinale ( S. Bern. , de convers. ad Gler.).
Enfin, pour troisième considération , outre l'injure signalée qu'on fait à Dieu , et le tort irréparable qu'on se fait à soi-même, méditez bien le cruel outrage qu'on fait à l'Eglise en s'engageant dans l'état ecclésiastique sans vocation. C'est le plus scandaleux qui fut jamais, c'est la persécution la plus sanglante qu'elle ait jamais reçue , c'est la plaie la plus incurable et qui lui est aussi la plus sensible. Car, i.° elle se voit par ce moyen persécutée de ses plus chers enfans: a.0 elle se voit persécutée en ce qu'elle a de plus cher ; 3.° elle se voit persécutée sans espérance de remède; trois circonstances qui la rendent inconsolable dans sa douleur. i.° Elle est persécutée en ses plus chers enfans. De toutes les persécutions il n'y en a point de plus cruelle que celle d'une mèip déchirée par ses propres enfans ; et lorsque ceux qu'elle aime plus tendrement , pour qui elle n'a aucune réserve , pour qui elle a de plus grandes tendresses , et qui devroient être les premiers à la défendre , sont les premiers à la persécuter, c'est le plus haut point de sa douleur : or , c'est l'outrage qu'elle reçoit lorsque des Prêtres entrent sans vocation dans l'état ecclésiastique ; car ce sont ses plus chers enfans , pour qui elle a moins de réserve et plus de tendresse ; et ce sont eux pourtant qui la déchirent le plus cruellement. 2.0 Elle est persécutée en ce qu'elle a de plus cher. Trois choses sont extraordinairement chères à l'Eglise:
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ses mystères , ses enfans et sa gloire. Ses mystères , parce que ce sont les gages de l'amour de son Epoux ; ses enfans , parce que ce sont les gages de son amour pour son Epoux ; sa gloire , parce que c'est un rejaillissement de la gloire de son Epoux , qui fait le sujet de ses plus grandes complaisances. Or , un Prêtre qui s'engage sans vocation la persécute cruellement en ces trois choses : i .° en ses mystères , car il les profane ; 2.0 en ses enfans , car il les massacre ; 3.° en sa gloire, car il la lui enlève. i.° Il profane ses mystères. Car y étant entré sans vocation , et y vivant sans grâce , comment ne profaneroit-il pas ses mystères ? Ex inordinata et ex indisciplinata mwZtiludine Sacerdotum hodie datur contemptui /?edemptoris nostri venerabile sacramentum ( S. Ambr. ). 2.° Il lui massacre ses enfans. Car, enfin , il faut avouer qu'il n'y a rien qui perde tant d'ames qu'an méchant Prêtre. La promotion d'un Prêtre indigne, disent les Saints, est la ruine de tout le peuple: et le moyen que le corps soit bien sain , la tète étant malade ? Sacerdotum vida in omnes redundant : indignorum promotio populi est dejecîio ( Isid. Pelus. lib. 5. Epist. 02.2. ). Capite languescente cœtera corporis membra injiciuntur ( Id. lib. 3. sentent, cap. 38. ). Un Prêtre qui entre de la sorte, dit Natre-Seigneur , entre comme un voleur: or, le voleur, ajoute-t-il , ne vient que pour dérober, massacrer et tout perdre : Qui non intrat per ostiura in ovile ovium , sed ascendit aliundè , ille fur est et latro... Ego sum ostium ovium... Fur non venit nisi ut furetur , et mactet , et perdat ( Joan. 10. ). 3.° Après avoir profané ses mystères et perdu ses enfans, ;1 lui enlève sa gloire. Car qu'y a-t-il qui donne plus sujet de blasphémer contre la sainteté de nos mvs-
tères et contre la gloire de l'Eglise , que la conduite de ces Prêtres qui y entrent sans vocation ? Quamvls enim fiées et veritas non ex moribus expendi debeant , sed exjide mores , attamen torum religio et doçtrina facile contemnitur quorum vita detpicitur ( Synod. Ebroic. 1576.)- 3.° Enfin, cette persécution est celle où elle voit moins de remède , et c'est aussi le sujette plus sensible de sa douleur; car elle peut bien dire avec sujet, à présent , ce que saint Bernard lui faisoit dire autrefois : Ecce in pace amaritudo mea amarissima. Quand elle est persécutée par des hérétiques, dit ce Saint, elle peut les chasser hors de ses entrailles ; quand elle est persécutée par les tyrans , elle peut encore les fuir; et ainsi elle peut éviter ces sortes d'ennemis ou en les chassant ou en les fuyant : mais pour la persécution de ses plus chers enfans et de ses Prêtres, comment les chassera-t-elle ? comment les fuira-t-elle ? Ils ont entre leurs mains tous ses mystères , elle leur a donné part à tous ses secrets , ils ont à leur disposition tous ses trésors et tous ses biens: Nec fugere nec fugare potest. La seule consolation qui lui reste , est de gémir dans son malheur et sur la perte de ses enfans qui lui sont enlevés à présent , par la persécution des méchans Piètres , et pour le temps et pour l'éternité : Vox in Rama audita est , ploratus etululatus muhus ; Racheî plorans filiossuositt noluit consolari, quia non sunt. Examinez si vous n'êtes point en danger d'être du nombre de ceux qui persécutent ainsi l'Eglise ; demandez à Dieu la grâce de souffrir plutôt toutes sortes de peines et de persécutions , que d'en faire souffrir une si sanglante à l'Eglise.
troisième point. Coopération. i.° Résolvez-vous , quoi qu'il en coûte , à ne vous engager jamais dans
l'état ecclésiastique sans être bien assuré de votre vocation. 2.0 N'épargnez rien pour reconnoitre si Dieu vous veut dans cet état , et prenez pour cela tous les moyens qui vous seront enseignés. 3.° Si vous voyez que Dieu ne vous y appelle pas, résolvez-vous à en embrasser nn autre, quoi qu'on en puisse dire... Que le monde en murmure , que vos amis en grondent, que vos parens vous menacent , n'importe; il vaut mieux vous sauver avec leur haine , que de vous damner avec leur amitié. Or, vous vous damnez si vous vous faites ecclésiastique sans que Dieu vous y appelle.
Remerciez... Priez... Offrez...
bouquet spirituel. Melius est sahari in humili gradufidelis populi , quàm in cleri sublimitate et deteriùs vivere et districtiùs judicari ( S. Bern. , de conversât, ad cleric, c. ultimo. ).