DU THEATRE DE MARCELLUS
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fait un emploi fréquent , et l'uir des exemples les plus remarquables de . cet emploi est le temple ou la basilique d'Agrigente, dite des Géants, ^ais je ne pense pas que jamais les Grecs aient eu Tidée de superposer des ordres engagés comme les Romains Font fait à l'extérieur du théâtre de Marcellus, au Golisée et dans un grand nombre d'autres édifices. Les Grecs, en engageant les ordres dans la construction, partaient d^un principe fort opposé à celui qui dirigea les Romains en pareille occurrence. Les Romains pensaient à élever des contre-forts présentant une décoration à laquelle on était habitué. Ils élevaient un étage, deux étages, trois étages : c'étaient un, deux et trois ordres qu'ifs plaçaient l'un sur l'autre (fig. 7), comme des renforts superposés. Ils raisonnaient si peu, lorsqu'il était question de mettre les formes en harmoDie avec l'objet, qu'ils plaçaient sur chacun de ces ordres leur entablement complet, comme si chacun d'eux eût dû terminer l'édifice. Si, dans ce cas, les colonnes engagées A pouvaient tenir lieu de contre-forts et présenter une décoration utilisée, il faut bien reconnaître que les entablements B saillants, posés d'une colonne à l'autre, étaient plus nuisibles que néces-^ saires à la solidité de l'édifice , et que leur poids en bascule ne pouvait qu'entraîner les constructions. Il y avait là un manque de tact, par conséquent un manque de goût. C'était mal raisonner ou ne point raisonner du tout ^ Peu importe, objectera-t-on , si cette décoration satisfait les yeux, car c'est le véritable et le seul but de l'art. Cependant il faut admettre qu'en architecture il existe des règles imposées par les lois naturelles dé la statique, et que, sans être architecte, on recomiait l'importance de ces règles. Personne n'admettra, par exemple, qu'une colonne, un point d'appui vertical puisse être plus grêle à sa base qu'à son sommet. L'œil admet ces lois d'instinct, sans qu'il soit nécessaire de faire intervenir le raisonnement. Le raisonnement ne fait que confirmer, qu'étendre et expliquer ce sentiment naturel chez l'homme, comme les lois écrites chez tous les peuples ne font que définir le sentiment instinctif du bien et du mal, du juste et de l'injuste.
Les Grecs, lorsqu'ils engagèrent les ordres dans la construction, partaient d'un principe vrai. Pour eux , l'ordre étant et ne pouvant être
> Les Romains n'ont pas toujours ainsi faussé les principes vrais de rarchitecture. Autour des Arènes de Nimes, par exemple, les deux ordres superposés qui servent de contre-forts entre les arcades des deux étages de cet édifice, à Textérieur, sont traités comme de véritables contre-forts, Tordre inférieur est composé de piles saillantes, Tordre supérieur de colonnes engagées; les corniches se profilent sur chaque pilastre ou colonne, et ne forment pas, comme au tliéàtre de Marcellus ou au Cotisée de Rome, ces ceintures saillautes, en bascule, si lourde^ ment et inutilement posées autour du monument.
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que la structure, le moyen, s'ils voulaient, dans certains cas, établir une clôture pleine entre les colonnes, ainsi que les Égyptiens et les Assyriens Tavaient pratiqué avant eux, ce mur, cette cldtiu^ n'avait d* autre importance que celle d*une épaisse cloison. Élever, comme dans la grande basilique des Géants d'Àgrigente , des colonnes comme des points d* appui résistants, des piles, des contre-forts, portant rentablement avec la couverture, et fermer tout ou partie des entre- colonnementg (fig. 8) par une construction plus légère, une simple clôture, en un mot, c^était fort sagement raisonner ; mais prendre, comme le firent plus tard les Romains, les vidés pour les pleins, les cloisons pour la partie solide et les contre-forts pour une simple décoration, c'était raisonner en barbare, n'en déplaise aux Romains et à ceux qui les imitent sans examen sérieux. En si beau chemin de déraisonner, les Romains allèrent même plus loin : ils bandèrent des archivoltes sous les entablements saillants des ordres engagés (voy. fig. 7). Je l'ai dit déjà : pour un Grec cela devait être le comble de l'aberration , ou plutôt la marque d'une complète inintelligence des formes de l'architecture grecque.
A la fin de l'empire, dans les grands édifices bâtis par les Romains sur le littoral oriental de l'Adriatique et en Asie, les architectes cependant commencèrent à poser l'arc directement sur les colonnes privées de leur entablement ("fig. 0) • Mais c'était (à une innovation dont on peut faire honneur aux Grecs. Les artistes grecs, toutes les fois qu'ils le purent, isans mépriser les moyens employés par les Romains occidentaux, les soumirent à leur raisonnement toujours juste. Mais il est temps d'éclaircir une question très-importante dans l'histoire de l'art de l'architecture. Nous reconnaissons qu'il existe un art byzantin ; nous prétendons que cet art est une des expressions nouvelles de l'esprit actif des Grecs ; j'ai même avancé plus haut que l'art byzantin était une renaissance. Où donc les Grecs avaieitt-ils été chercher les éléments de cette renaissance ? Comment l'art grec du temps de Périclès avait-il pu se transformer? Sous l'empire, les Grecs, sur le territoire de la Grèce comme en Italie, se voient contraints d'adopter le goût pompeux des Romains; comment se fait-il que, lors de l'établissement de l'empire d'Orient, les Grecs se trouvent en mesure d'appliquer des formes nouvelles à la structure romaine sans transition apparente? Poser cette question et la résoudre, c'est trouver la clef des arts du moyen âge en Orient comme en Occident. Essayons donc de soulever le voile. Que, dès la plus haute antiquité, les Grecs aient pris les éléments de leurs arts en Asie, en Egypte, il y a lieu de le croire; mais, pendant le temps de leur splendeur, c'est-à-dire depuis la destruction d'Athènes par les Perses jusqu'à la fin
(fig. 8)