‹ Entretiens sur l'architecture (volume 2)Chapitre 8 sur 18 · C .wm · texte numérisé non relu

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suspendues à des cordelettes nouées. Voyons encore (fig. 13) cesfrag-

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mwta de renaaclrernent, composé de feuilles d'olivier et de feqiUps de vigpe. Jamais ni )es Grecs, ni les Romains, et surtout les Rqmpins des ba^ temps, n'ont fait de la sculpture de ce style. Veut-on encore un exenaple empreint d'un caractère plus original? Voici (fig. 14) un

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morceau du tympan surmontant Touvcrture du tombeau des Juges, également taillé dans le roc. S'il existe au monde une sculpture d'ornement qui ait quelque rapport avec celle-ci, c'est évidemment la spulpture byzantine des iv% v** et vi* siècles. Prétendra-t-on que ces hypogées datent de cette époque? Mais alors pour qui et par qui auraient-ils été faits? Et si l'on accorde qu'ils sont antérieurs au iv* siècle, les ferait^n remonter seulement à l'époque d'Hérqde, n'est-il pas évident que les Grecs byzantins ont pris beaucoup à cet art? Dans ces sculptures (fait à noter) , absence absolue de toute représentation d'hommes ou d'animaux; c'est, sur tous les tombeaux, le même /atre, une exécution sèche , précise , plate , découpée , pleine de caractère , en même temps qu'an y trouve un modelé fin, travaillé, un coup de ciseau primitify dirai-je; c'est-à-dire^ les qualités opposées k la sculpture du Bas-Empire, qui est moUe, lourde, saillante et monotone, qui jnanque absolument de style et n'indique qu'un art avili tombé dans le métier. Je parle k des artistes, et il me semble que pour eux, du moins, il ne peut y av(^r de doutes sur le caractère primitif de cette sculpture. ,

Mais supposons, si l'on veut, que ces tombeaux datent de l'époque romaine, qu'ils soient du tcnips d'Hérode le Grand, ce qu'à la rigueur

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on peut soutenir, paisqu'en parlant de la reconstruction du temple de

Jérusalem par ce prince, Flavius Joseph dit, dans son Histoire ancienne

des Juifs (liv. XI, c. xiv) : « L'architecture des portiques (du temple)

« était presque semblable au reste ; l'on voyait tendues au-dessus des

« tapisseries de diverses couleurs embellies de fleurs de pourpre, avec

« des colonnes entre deux , aux corniches desquelles pendaient des

« branches de vigne d'or avec leurs grappes et leurs raisins si excel-

« lemment travaillés, que dans ces ouvrages si riches Fart ne cédait

« point à la matière. » Hérode avait employé des artistes asiatiques pour

élever son temple, et ceux-ci possédaient des traditions d'art qui leur

appartenaient, qui n'avaient rien de romain. D'ailleurs, Flavius Joseph

a bien le soin de nous faire connaître à quel point les Juifs étaient

jaloux de leur nationalité , comme ils ne pouvaient souffrir l'influence

étrangère, et Hérode, désireux de conserver sa popularité, depuis la

fâcheuse tentative faite par lui pour introduire des fêtes et usages

romains en Judée, se serait bien gardé, dans la construction du temple,

d'imposer un art étranger. Les tombeaux de Jérusalem seraient-ils du

temps d'Hérode, qu'ils n'en conservent pas moins la marque évidente

d'un art local, et pour nous cela suffit.

Cependant, suivons la classification chronologique donnée par la tradition; arrivons maintenant aux constructions qu'on attribue à Hérode le Grand. On sait qu'Hérode restaura le temple, qu'il le reconstruisit même en grande partie. Après lui, on ne touche plus à ce monument jusqu'à sa destruction par l'armée de Titus. Titus rase la ville de Jérusalem , sauf deux tours ; il en fait une solitude, et ce ne fut que sous Adrien que la ville juive se repeupla, mais sans jamais sortir entièrement de ses ruines. On comprend très-bien que, quelle que soit l'ardeur des destructeurs de villes, quand il s'agit de renverser des murs comme ceux dont j'ai donné des fragments (fig. 10 et 10 bis), on est en droit de se décourager. La prophétie « Il ne restera pas pierre sur pierre » était d'un accomplissement difficile par la main des hommes. Or, non-seulement il reste des débris considérables de la plate-forme et de l'einceinte primitive du temple, mais aussi des fragments de sculpture ; et , sur quelques points de l'enceinte, on reconnaît parfaitement les restes de constructions postérieures aux appareils gigantesques figurés ci-dessus; ces restes, comme structure, ont une apparence romaine; ils ne peuvent cependant appartenir qu'au règne d'Hérode. Il est assez heureux pour l'histoire de l'art que, de cette enceinte, il reste une porte décorée de sculptures, et, bien que cette sculpture et les formes de l'architecture accusent un art beaucoup plus avancé que celu

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