C-llt]ITIÈyt INTRETIEN
le ce iuyau ait une section siitTisanle en raison du nombre des foyers.
Le système Mousseron bien employé et en calculant exaclement les «lions des tuyaux, a résolu le problème. L'expérience est faite et fournit ; bons résultais.
Pour chaciuc foyer ordinaire un tuyau de O^.IS sur 0',15 et donnant w surface de 0",0226, suffit très-largement. Donc, en supposant dix lyaux, c'esl-à-dirc deux cheminées adossées pour cinq étages, on a besoin une section de O^j^SS de surface ou comprise dans un parallélogramme e 0',30 sur 0",75. Il en est de même pour la prise d'air.
Ainsi, le long d'un pan de fer, les cheminées peuvent être tracées iiivant la tignre <J.
L'une des trémies est destinée à diriger la fumée de tous les foyers, lutre à fournir l'air à ces foyers. Il est bien entendu que si l'on veut viser les tuyaux, c'est-à-dire avoir pour les cheminées superposées tilementet non adossées, les tuyaux de fumée et de ventilation nécessaire,
nwilié des sections données ici sufTirait.
La GgureiO indique comment les liémics |jeuvenl être adossées aux ms de fer, à l'aide des ceinfnres A attachées au moyen d'équerres et ulenues par des potences aux montants B (1).
(I) Vojei, [Kiur la diit]ii>siliuii dV-nspinble de ces ceinluie!), lu ligiuv 7, en D.
dd2 ENTRETIENS SUH L AHCHITECtURE.
Il a été montré que des murs de fuce en pierre ou en brique pouvaient èlrc établis sur les têtos des potences d'encorbellement. Mais il n'y a pas de raisons pour ne pas appliquer le principe dans ses dernières conséquences et. avee ce motte de structure, il semblerait plus conforme à la logique d'adopter également des pans de fer pour les murs de face. Cependant ces pans de fer ne sauraient avoir une épaisseur supérieure ù0,18 centimètres, et un mur de 0,18 centimètres ne garantit guère âa fro:d et duciiaiid (1).
Il faut atteindre une épaisseur de 0,30 cenlimèlrcs environ pour rendre les conditions d'habitation siliibres. Les pans de fer pourraient d'ailleurs se combiner avec tes chambranles des fcnèliTs qui eux-mêmes, dans l'étal présent, devraient être fiûls en fei'. Voici donc comment il semble que la question pourrait èlt'e résolue. On suppose un revêtement extérieur en carreaux de terre cuite émaillée ou moulée, suivant le goiji de chacun, lequel aurait 0,05 centimètres d'épaisseur. Quant au mur de brique il aurait, derrière ce purement, 0,!22 centimètres; en njoutant
0,02 ceniimètres pour les joints et l'enduit intérieur, on obtient 0,29 centimètres (soi! 0,30 centimètres) . Le pan de fer, ligure 11 , n'aurait alors que l'épaisseur de ce revêtement de 0,0') centimètres, et d'une largeur de brique, 0, 11 centimèlres; soii 0, 16 centimètres enire les ailes, et^^ 0,18 ceniimètres en loul. Ainsi le icvêtement À pris entre ces ailes per^ . metlraii de poser une brique dans le pan de fer sur sa largeur, et tii*"-;^ seconde brique également, sur sa largeur, comme revêtement intériei^^ Cette consiruclion, bien entendu, serait reliée par des briques posées ^,/. leur longueur. Maintenant exnminonsle système qui sernitapplicabled^i/jf ce cas, touchant les tableaux des fenêtres, figure 12. L'extérieur est en X. En A est tracée la section horizontale d'un des deux jambages de ces /p. nêtres; une double cornién* est un des montants du pan de fer. Uj i chambranles débordent A l'extéiieur, forment tableau de tôle, auijwi / s'attache le dormant. j
(1 ) CVlail l'r|>LibïEnii' oi-dinain; di'.- iincioiis p:iiis do bois, |
DIX-HUITIÈKE ENTRETIEN. -333
La section de l'appui esl tracée en C et celle du linteau en lî. G est un arc qui n'a que la flèelic donnée par les ailes de la double cornière assemblée aux montanis a au moyen du tableau de tôle lui-même. Car celui-ci forme équcrre et doit être posé en même temps que ces montants, appui et linteau. Aux tôles verticales du tableau s'assemble, au moyen de petites cornières, le pavillon P desiiné à recevoir le rouleau des jalousies de
51e dont tes lames descendent en traversant ta rainure R. Ainsi tout se ient, chaque partie contribue à la solidité de l'ensemble dans ce système le pans de fer, et les tableaux des fenêtres participent de la structure. La ilunclic XXXVI présente l'aspect exiéricttr de ee genre de construction, -es balcons sont soutenus à l'aide de consoles en tôle qui tiennent aux parillon des fenêtres et qui sont fixées par des cornières aux montanis du lan de fer.
L'inconvénient attaché aux murs minces en brique ou pierre, est principalement de communiquer rapidement à l'intérieur le froid ou la chaeurdela température extérieure. Les montants en fer, s'ils font parlaing, possèdent à l'intérieur la même température qu'à l'extérieur. Donc, les pans de fer de face, s'ils n'étaient [wint doubles à l'intérieur, présen-
3d& ENTRETIENS SUR L* ARCHITECTURE.
toraient à chaque membrure, pendant les grands fit>ids, dos lignes de condensation de Ytopeur qui produiraient des buées insupportables même ù travers un enduit, lesquelles marqueraient In siruclure en fer sur les papiers de tenture ou les [)einlurcs. C*esl pourquoi, dans les murs de face indiqués ici, il existe une doublure, ainsi que le montre la figure 11 . De plus, Texpérience a démontré que des revêtements extérieurs présentant des surfaces hydrofuges, lisses, polies et même vernissées, empêchent la chaleur ou le froid de se communiquer aux matières sous-jaccntes. C'osI pourquoi aussi on admet que les remplissages de ce pan de fer sont revêtus extérieurcmeiU de carreaux de faïence.
A ce sujet, on voudra bien me permettre une digression : depuis dix ans, l'Angleterre reconnaissant les avantages que Ton peut tirer de l'emploi des terres cuites dans les bâtisses, a donné à la fabrication de ces matériaux factices une grande extension. L'Allemagne, de son côté, a établi des usines importantes destinées a fournir des terres cuites aux constructeurs. Dans ces deux contrées ceux-ci se sont empressés de chercher les conditions favorablesàremploidcces utiles matériaux et,d'urte part comme de Tautre, les premiers essais ont donné déj:i des résultats très-sérieux. On a pu voir, aux expositions dernières, combien TAlIemagne et l'Angleterre particulièrement avaient perfectionne In fabrication des terres cuites, briques, terres moulées et émaillées. Des usiniers français ont tenté aussi d'amener cette industrie au niveau qu'elle avait atteint chez nos voisins. Ils ont fait des efforts et des sacrifices considérables; plusieurs ont obtenu déjà d'excellents résultats : maiseflforls persévérants, sacrifices, se trouvent en cette circonstance comme toujours en France, en présence d'une routine inexorable et, sauf quelques exceptions, nos constructeurs ont dédaigné celle industrie et ne se décident (|ue rarement à en appliquer les produits (1). Us ont encore la pierre sous la main ; on bâtissait hier en pierre de taille, cette raison suffit pour qu'on bâtisse demain en pierre de taille. On accumule des blocs énormes dont, au ravalement, on abat le quart au moins; cela, pour élever une méchante maison destinée à durer un siècle. On prodigue des matériaux précieux etm ^( qui ne sont pas inépuisables pour obtenir des résultats minimes a tou^ 5 les points de vue et pour se donner la satisfaction d'étudier des ordres qii^B-// reposent sur le vide des boutiques de rez-de-chaussée.
(i) H faut signaler, toutefois, les bâtiments d'usine que Al. Saulnier, architecte, ric^=s-o/ d'établir en pans de fer et brique émaillée sur la )larne. Cette remarquable constniclic^^o, que donnera bientôt VEtici/vlopédie d'architecture, fait connaître que si en France n^cDa5 sommes lents à nous affranchir de la routine, du moins atteignons-nous bien rite -^05 émules, lorsque nous nous mettons en chemin.
DIX-HUlTIÈMË ENTRETIEN. 335
En présence de celte manie de la pierre, les industriels français qui ont eu le courage de croire au bon sens des architccles et de leurs clients, qui ont pensé que leurs efforts et leurs sacrifices mettraient aux mains des constructeurs des matériaux uliles, excellents en maintes circonstances, économiques et d'un emploi facile; ces industriels, dis-je, ont quelque peine, la plupart, à mainlenir leurs usines, et ce qu'ils fournissent sur commande, comparativement à ce qn ils pouvaient espérer fournir, est insignifiant. On croit volontiers chez nous qu'une exposition universelle ouvre dévastes débouchés à nos industries de bâtiment. H n'en est rien. Voici ce qui arrive. En vue de ces solennités, quehjues industriels français font des efforts et des sacrifices considérables pour donner des produits nouveaux et fabriqués dans les conditions d*un emploi pratique. Les commissions leur font donner une médaille. Les étrangers étudient ces produits et en font leur profit. Pour nous, le lendemain de la fermeture de l'exposition, croit-on que l'on garde le souvenir de ces produits, (ju'on essaye de les mettre en œuvre? Point. On en revient aux routines suivies la veille de l'ouverture de l'exposition, pendant que les étranjçers profitent de nos essais, les étudient, les perfectionnent et alors, après quelque temps, nous allons leur acheter ces produits que nous n'avons pas su encourager chez nous. L'exposition universelle de 1867 fournissait cent exemples de faits semblables. Cette funeste exposition, dans laquelle le génie industriel de la France s'est si honorablement montré, tous en ont profité, sauf nous. Tous ont trouvé là des éléments immédiatement appliqués. Chez nous, la routine a repris son empire comme devant. Satisfaits d'avoir brillé un insiant, nous n'avons pris nul souci d'uliliscr tant d'efforts. Je . me trompe : nous n'avons pas tiré de celte exposition solennelle un résultat purement négatif; nous avons fait voira des voisins envieux, rapaces Cl pédants, nos richesses, nos ressources, notre génie producteur, et trois ans plus lard, ces voisins se ruaient sur ces richesses pour les enlever, écrasaient cette intelligence qui, plus que la richesse encore, excitait leur envie et leurs sourdes rancunes.
Nous ne pouvons empêcher nos voisins de nourrir contre nousles sentiments d'une haine longueinent préparée, mais nous serions des insensés et dignes de subir les hontes qui nous ont écrasés, si nous persistions comme par le passé à ne pas utiliser les premiers, les efforts dus à notre génie inventif et souple.
Non-seulement il est absurde de ne pas utiliser ces efforts à notre profit, mais nous réduisons ainsi à néant des sources de richesses. Combien pourrais-je citer de ces industries qui eussent augmenté la fortune du pays, si nous avions pris la peine de les connaître, de nous enquérir de
leurs produits, et qui sont tombées, fîuile de ressources chez nous, pendant que nos voisins d'Angleterre et d'Allemagne les utilisaient et nous en faisaient payer les résultais ? Nous sommes ainsi Iribulaires d'une. quantité d'objets fabriqués, dont les premiers élémenls ont pris naissance en Franee:r et, sous ce rapport, les gens qui font balir, l'État lui-même, lesconslruc^ teurs sont coupables, car ils découragent ainsi nos producteurs et font ur^ tort notable à la fortune publique.
Revenons mainicnant à notre modeste construction. Cette maison, dor%| la planche XXXVI présente une partie, se compose d'un rez-de-chaua-^ sée composé suivant les indications précédentes.
Extérieurement, les tracés du pan de fer restent apparents. Le reno, plissage de brique est revêtu de carreaux de terre cuite émaillée avec quelques assises horizontales de brique pour relier, avec les ailes des fers, ces carreaux à la bâtisse. Les étages, en encorbellement, abrilenl les devantures des boutiques entièrement à claire-voie sur toute la largeur de la façade, entre les jambes étrières, seules construites en pierre de taille.
Je n'ai point celte prétention de donner ce fragment comme un tjpe des constructions à locations futures, comme Varchitecture de t avenir ^rm comme une élude sans réminiscences des moyens que nous fournissent les industries modernes touchant l'art de bâtir, des besoins du moment. Je conviens volontiers que cela ne ressemble ni aux palais de Rome ou de Florence, ni à une maison de la renaissance ou du règne de Louis XVI. Mais on voudra bien accorder qu'ici, du moins, l'emploi du fer n'est pas dissimulé, qu'il se montre franchement.
Que chacun essaye ainsi de son côté, et l'on aura bientôt fait de trouver les formes les plus convenables et les plus agréables. Ces revêtementsde terre cuite émaillée, outre les avantages signalés plus haut, peuvent être entretenus un temps indéfini par un simple lavage à l'éponge et saiisquil soit besoin, comme on l'a fait depuis dix ans, d'échafauder les façades des maisons pour les grattera vif ou pour les injecter de vapeur sous le prétexte de les nettoyer, au grand préjudice des passants et des boutiquiers.
Il est évident que ces sortes de constructions demandent à être conçues et exécutées entièrement à l'atelier avant d'être montées, ce qui ne serait pas d'un médiocre intérêt. Aujourd'hui, si l'on élève une maison, pendant une saison au moins, la voie publique est encombrée de tombereaux, de l'ardiers, d*échafauds. Il s'agit do monter péniblement et a grands frais des matériaux énormes, puis, quand cela est en place, d'accrocher sur ce tas de pierres, posées a peu près brutes, des escouades
dix-hijitièmh: kntretiën. 837
^ ravaleurs qiii couvrent de poussière de pierre et de gravois tout le oisinage. Pour les voisins, la construction d'une maison est une calanilé; pour les commerçants miloyens, c'est un désastre; pour les passnts, c'est au moins une gêne, un embarras, souvent une cause de : raves accidents.
Mais, bien que Ton prétende parfois que nous sommes le peuple du nonde le plus difficile à gouverner, je ne sache pas une population civiîsée plus disposée que la nôtre à accepter philosophiquement les tyranlies de la routine. On aime mieux, en France, risquer de se faire écraser Mr une voiture de pierres, ou recevoir des gravois sur la tête, que de chercher les moyens propres à éviter ces désagréments. Cela s'est vu usqu'à présent, cela devra donc se voir toujours.
Nos constructeurs trouvent commode de s'emparer ainsi d'une partie ie la voie publique pendant huit mois ou un an, de gêner tout le voisilage, d'encombrer la rue de débris et de matériaux, de saupoudrer de raclure de [)ierre tous les passants : cela suffit. Pour faire une maison \ l'atelier, au chantier et à l'usine, et l'apporter comme un meuble qu'il l'y a plus qu'à monter, il faudrait tout combiner d'avance, tout prévoir, lisposer chaque chose en raison de la place et du moment de l'emploi ; îela demande de la réflexion, de l'étude et de la prévoyance. Il est bien )lus simple d'aller au jour le jour, de monter les façades brutes, sans rop savoir quel ravalement on adoptera, d'apporter les fers bruts et de es couper sur place, de faire la boîte, puis de passer deux ou trois mois i la percer, à la trouer en tous sens, pour y placer les croisées, les portes, les tuyaux de calorifères, de gaz et d'eaux, les devantures de t)Outiques, les enseignes, les balcons en fer, etc., etc
Nos grandes administrations ne nous donnent-elles pas l'exemple en ces manières de procéder : on perce une rue, on la pave ; chacun d'y passer et de croire que tout est fini; non pas, on dépave pour faire un égout, puis on repave, puis on redépave pour faire les branchements d'égouts ou de conduites d'eau. Parfois on s'est plaint de ces façons de faire; à ces plaintes l'autorité répond : « Ces diverses branches de l'établissement de la viabilité appartiennent à des administrations différentes; elles agissent chacune en raison de leur convenance, ou de leurs budgets. » Et chacun de se contenter de celte raison sans réplique. Et bien ! la construction de nos habitations s^élève d'après des errements analogues. On fait pour défaire, parce que le maçon et le fumiste, le serrurier et le menuisier, viennent chacun leur tour sur le tas et se soucient peu de ce qui sera nécessaire à son confrère. C'est à l'architecte à mettre de l'ordre et de l'entente en tout ceci ; mais l'architecte a ses routines et il
(i\ii faire sa maçonnerie avant d'avoir prévu (oui ce qui viendra s*altachcr à ce corps.
II y aurait donc aux constructions conçues d'après un système analogue à celui dont nous présentons ici un spécimen à litre de simple élude, ces avanlages : d etro coniplélemenl terminées dans les chantiers, usines et^ ateliers avant d'être montées; par conséquent, d'êlre élevées très-rapide-^ ment, sans fausses manœuvres, sans encombrement, sans grande géiv^ pour les voisins. Mais, encore une fois, il faudrait que tout fût prévu ^ Tavance, et c'est ce à quoi nos archilecles ne se sont point habitués.
Nous comptons im peu trop sur la facilité avec laquelle nous savons, au besoin, nous débroui/Ier. Cela nous a coûté et nous coûte bien cher, il serait bon de s'en souvenir une fois.
Parmi les critiques sérieuses (je ne parle pas des autres) qui pourroni être adressées à ces projets d'innovation radicale dans la consiruclion de nos maisons à localion, on pourra objecter la dépense. Ces sortes Je constructions coûteraient cher, dira-l-on. Oui, à cette heure, elles couleraient assez cher, parce que nous ne sommes point outillés, parce que les choses nouvelles exigent des procédés nouveaux, en dehors des habitudes; parce que l'esprit de méthode et de prévision n'existe pas; parce que chacun attend pour agir que son voisin agisse d'abord ; parce que les grandes usines allcndent les commandes pour donner des produits dans des conditions nouvelles de fabrication, et que les architectes attendeni ces produits nouveaux pour les employer; parce que nos ouvriers onl perdu les traditions de bonne exéculion, et ont des prétentions en raison directe de leur insuffisance; parce que nous aimons les demimesures, les à peu près, et que nous n'adoptons résolument les réformes que dans nos discours, jamais dans les faits, si ce n'est pour tout renverser, sans avoir rien a mettre à la place de ce qui est une fois à lerro; parce que chacun blâme les abus, mais (pie personne n'a le courage de les prendre par les cornes; parce que nous n'avons pas la persistance, la ténacité, et que nous n'aimons pas plus l'élude patiente en haut qu'en bos de réchclle sociale.
Eh bien, malgré tout cela, il n est pas douteux qu'une construcliou, entièrement conçue à ravance,et dont loutes les parties, commandées avee ordre, seraient préparées à l'atelier ou à l'usine et qu'il ne s'agirait plus que de monter, les matériaux à employer fussent-ils chers; il n'est pas douteux qu'une pareille consiruclion serait élevée, relativement, à des prix assez faibles.
Sait-on, dans la construction de nos maisons, qui coûtent, au nuuiimum de hauteur à Paris, de 800 à 1000 francs le mètre superficiel,
DlX-HUlTlÈME ENTRETIEN. 339
retendue des dépenses inutiles, improductives? Snit-on combien on gâche d'argent dansées amoncellemenis de pierres dont le quart estaballu lors des ravalements, dans ces Fausses manœuvres conlinuelles, dans ces remaniements successifs occasionnés par les corps d'élnt qui se succèdent et ne s'cniendent pas? Je ne croîs pas exagérer en disant (ju'il est ainsi un cinquième des sommes dépensées qui ne produit rien. Une construclion combinée à l'avance en toutes ses parlies et dont chacune de ces parties viendrait se placer à son rang et en son temps, sans qu'il soit nécessaire de revenir sur une chose faite, bénificierail déjà de ce cinquième perdu. El d'ailleurs, ne serait-ce rien que de donner une surface de vide |)lus grande proporh'onnellcment aux pleins? et cela, n'est-ce point un bénéfice? Mais, en admellanl que les premières construelions ainsi combinées et préparées avant la mise en place dussent coûter cher, n'esl-il pas certain que les usines en mélaux, en terre cuile, etc., fourniraient bien vite, en raison de retendue de la demande, des produils à des prix de moins en moins élevés?
En 1840, les ouvriers charpentiers eurent la bonne idée de se melire en grève : une grève formidable. 11 n'était plus possible d'avoir un charpentier. Jusqu'alors on n'avait fait de planchers en fer que dans quelques monuments publics, et encore ces planchers étaient-ils composés de ferrures fort compliquées, d'un prix très élevé par suite de la nature même des fers fabriqués. La nécessilé de se passer de charpenh'ers fit que Ton cliereha décidément à remplacer, pour les planchers, le bois par du fer : on s'ingénia; on plaça d'abord des fers de champ avec des entretoises cl des coulis pleins en plaire, ou en plaire et poterie. Puis quelques usines fabriquèrent des fers à double T, et le problème dos planchers en Ter fut momenlanémenl résolu. Plus chers que les |)lanchors en bois, ils no tardèrent pas à revenir au même prix à Paris, par les économies qu'ils permettaient sur certaines parlies de maçonnerie et par la rapidité avec laquelle on les posait — car le temps vaut bien quelque chose. — Aujourd'hui, à Paris, on ne fait plus que des planchers en fer. L^honneur de l'initiative en revient aux charpenliers. Il serait à souhaiter qu'une nécessité aussi impérieuse nous obligeai à renoncer à la plupart de nos procédés actuels de construclion. Le bois prend une place encore trop importante dans nos constructions publiques et privées; et cependant les bois de charpente et de menuiserie manqueront bien avant le moment où les minerais de fer répandus sur la surface du globe auront pu être épuisés. Une des conséquences fatales de tout Élat civilisé est de supprimer les forêts, ces grands réservoirs de matériaux utiles. Toutes les contrées qui ont été occupées par des populations dont la civilisation
S/iO* ENTRËTIKNS SUR l'aRCHITECTURE.
a jelc nii éclat durable et brillant sont dépourvues de forêls. L'Asie Mineure, la Grèce, Tllalie, la partie méridionale des Gaules n'onl plus dç bois propres à la construdion. Le nord de la France voit chaque jour se^ forêts diminuer, et, dans un siècle, celte partie de notre territoire n'aura [)lus de futaies de chêne ; il fout prévoir celte échéance fatale et ne p^ consommer inutilement des matériaux si précieux. La Champagne pr^ duisail, il y a environ trente ans, la |)lupart de nos bois de menuiser/^. elle n'en fournit plus aujourd'hui, et il nous faut trouver ces matériauti l'étranger contre de l'argent. En admettant même que des réglementa, tiens sévères et suivies, qu'une intelligence prévoyante protègent nos débris de futaies de chêne, que la population rurale elle-même ail le sentiment de cette nécessité de conservation, la force des choses amènera la diminution de ces produits du sol ; et remarquons en passant que l'on ne refait pas des forêts : pour qu'elles puissent prospérer, il faut une situation territoriale primitive, dirai-je, qu'un État très-civilisé ne peut rétablir sans renoncer précisément a tous les avantages que présente ce! état primitif, vierge. Quand on a assaini des marais, canalisé les cours d'eau, drainé les couches inférieures d'un territoire, toutes choses (lui sont la conséquence d'une civilisation avancée, d'une agricultîire savante, on a amoindri d'autant les conditions nécessaires à la prospérité des forêls; et ces conditions supprimées, il n'est plus donné à l'homme de les rétablir, car le désordre et l'abandon qui, en de longues périodes calamiteuses, peuvent délruire les perfectionnements du sol introduits par la civilisation, ne remplacent jamais l'état naturel. Pour qui a visite le midi do la France, autrement qu'en suivant les grandes routes, ce phénomène est cruellement apparent. Des contrées, jadis couvertes de forêls détruites par l'imprévoyance des populations, contrées livrées depuis de longues années à l'abandon, ne voient pas reparaître leur antique vêlement de venlure. Les taillis, les herbages coriaces ont, à tonl jamais, remplacé les futaies; la nature, frappée au cœur, ne peut plus ivfaire ce qu*a détruit l'imprévoyance humaine.
Les C.évennes, la montagne Noire, une bonne purtie du Carcassonoais et du Roussillon, de TArdèche, étaient, en des temps assez rapprochés de nous, enoon^ couverts de forêts de chêne. Aujourd'hui celle essence, doiruile |HMulant les xm' el xiv' siècles, a presque complètement disparu de ces territoires, et les rares débris de ces antiques forêls ne consistent plus qu en des bouquets de bois nilwugris, ronceux, bons à fournir des bon rives.
MènagiH>ns donc nos rans futaies de chêne pour les besoins indis- |HM)sablt^, jHMir les employer |Kircimonieusement aux objets auxquels ces;
DIX-HUITIÈME ENTRETIEN. 3il|l
iTialériaux sont absoluincnl nécessaires; pour la marine, pourTinduslrie. Pour peu que Ton ait quelque senlimenl do prévoyance et que Ton se soucie de la prospérité future du pays, on doit voir avec un profond regret employer sans utilité sérieuse et pour des objets insignifiants, des bois qu*aucune puissance ou richesse humaine ne pourra reirouver un jour.
Il n'en est pas ainsi du fer : les mines de fer sont inépuisables, ou du moins fourniront à l'homme des malériaux pendant la période probable de son existence sur notre planète. De plus, si la destruction des bois ruine une contrée, Texploitation du fer Tenrichil, car elle exige un développement industriel, un labeur, qui sont Téquivalent de la richesse. Un arbre aballu est une perte sèche, car peut-êfre ne sera-t-il jamais remplacé par un arbre semblable. Une barre de fer ouvrée n'a rien fait perdre au sol et n'a de valeur que par le (ravail qu'a nécessité sa créalion. Ce «ju'elle se vend est le produit d'un labeur payé, c'esl-ù-dire la représentation d'une portion de la richesse publique. Plus on demande de ces barres à l'industrie, plus on augmente la prospérité de la contrée qui les fournit. Plus on coupe de bois dans une forêt, et plus on a la chance d'anéantir une valeur à la(]uclle il ne faut recourir que dans les cas de nécessité absolue, car il n'est pas donné a l'industrie humaine delà reconstituer. A tous les points de vue où Ton veut se placer, l'emploi du fer dans les constructions est désormais commandé. Conservation de plus en plus impérieuse des bois de chêne, économie réelle, si l'on veut étudier à fond les ressources que fournit te fer, couune résistance, durée, incombustibililé.
Nous avons montré (sans prétendre avoir résolu toutes les questions) comment le fer pourrait devenir d'un emploi plus fréquent et plus rationnel dans l'architecture privée. 11 nous faut compléter ces aperçus. Si l'on établit aujourd'hui, dans une des grandes villes françaises et notamment ù Paris, des planchers en fer, on n'a pas encore adopté ces malériaux d'une manière aussi générale lorsqu'il s'agit des combles. Grâce aux fers du double T, il est très-aisé de poser un plancher de fer. La construction des combles demande un peu plus de soin et d'étude. Est-ce à cela qu'il faut attribuer la rareté relative des combles en fer? Je serais porte à le croire. On n'a pas, comme pour les planchers, trouvé une formule commode et simple, un moyen pratique, pouvant être appliqué à tous les cas. On a tâtonné, on a eu recours à toutes sortes d'expédients; et surtout, on mêle toujours, ne fût-ce que pour les chevronnages, le bois au fer dans les combles des habitations privées et même des monuments publics. J'ai dit plus haut qu'un système excellent, pratique, économique de lattis en fer, propre à porter de la tuile ou de l'ardoise à