‹ Entretiens sur l'éducation des fillesChapitre 11 sur 45 · INSTRCCTION FAITE A LA CLASSE BOUGE · texte numérisé non relu

INSTRCCTION FAITE A LA CLASSE BOUGE

OÙ elle va, de sorte que rieû ne la surjirend ni ne la fâche. Vous croyez peut-être que quand vous serez de grandes personnes vous n'aurez plus de règles à garder, et je réponds à cela que si vous êtes aussi raisonnables que j'espère que vous le serez, vous saurez bien vous faire vous-mêmes une règle de journée que vous suivrez fidèlement, au cas qu'il n'y en ait pas dans l'endroit où vous serez. C'est assez pour l'ordinaire d'avoir sa liberté pour ne savoir qu'en faire. C'est pour cela qu'autrefois, quand nous faisions des voyages, quelques dames et moi , n'eùt-ce été que pour six semaines, la première chose à quoi nous pensions, c'était de nous foire une règle. Étant à Richelieu ' pour quelque temps, nous réglâmes nos journées d'une manière fort agréable ; on se levoit à l'heure qu'on vouloit, nous descendions dans la chambre de M"" de Richelieu * pour lui souhaiter le bonjour, nous allions à la messe ensemble, et revenions causer avec elle jusqu'au dîner, pendant lequel on faisoit une lecture, après quoi nous tenions conversation,nemanquantjamaisde travailler; ce fut dans ce temps que je fis cet ornement de tapisserie que j'aidepuis donné aux DamesdeSaint-Louis. Après la conversation, chacune se retiroit dans sa chambre

■ Cbei H°>* la duchesse de Ricbelleu . Celte anecdote se rapporte au terni» du veuTage de W" de HalutenoD.

* Anne Pous^arl, ducbeaee de Richelieu, dame d'honneur de la reine. Après la mort de la relne-mére (en 1666). qui faisait nne pension k M?" de Halnienon (alors H™* veuve Scarron), elle lui offrit une retiaile dans an malsan. Celle-ci refusa ; mais elle fréquentait habituellement son bi^lel, où elle se Ua avec la plu> part ie» gens dlstingaés de celte époque.

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et y faisMt ce qu'elle vquloît ; i trois heures et dwni«, on se rassemblait chez M™ de Richelieit pour y garder le silence, ou chanter ; à quatre heures, oa 9'alloit promener jusqu'au souper, puis oa causoit une demi-heure, et après la prière, qui se faisoit en commun, chacun se retiroit de son câté. On ne manqua pas à un point de cette règle pendant sis semaines; ce temp^là m'a toujours paru le plus heureux de ma viç, et je vous avouq que depuis que je suis à la cour, je n'en ai point eu do pareil. Cela vous fait voir, mes enfants, que vous n'ètçs pas leg seules qui ayez une règle, et que toute personne raisonnable s'en fait une, ou se la fait faire par son directeur, et la suit Tidélement, quand rien ne 1'^ empêche. On a pour Vordinaire mauvaise opinion d'une personne que l'on voit vivre sans règle, se levant un jour matin, un jour tard, dtnant tantôt à une heure, tantôt s une autre, et ainsi de toutes }ç& choses qu'elle a à faire. Adieu, mes enfants, devenez bien raisonnables, et je vous assure que vous serez fort aimables. »

ENTRETIEN XXX'

il jliln I70Î.

Lo 38 juin, Madame eut la bonté é» pasnr tout > Xtauil det Képoiuet, p. ^^i.

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le jour avec nooâ; ayant dit d'abord en riant qu'elle étoit résolue de ne dire que des inutilités, elle soutint quelque temps la conversation sur ce ton-là fort agréBÂlement. On parla de la mollesse qui règne présentement dans le monde. Madame nous dit qu'on la poftë si loin, que les jeunes personnes mêOie ne veulent pas Se donner là moindre peine pour Se prôcufef un divertissement-, que l'on ne cotulott pas l'usage des plaisirs de l'esprit ; que l'on ne pense qu'à hiàngêr et à se mettre à son aise-, que les femmes pa&enl la journée en robe de chambre, Couchées dans une grande chaise, sans aucune occupation, sans tôiiversation, sans lecture ; que tout est bon, pourvu qu'on soit en repos. — -Une de nos sœurs ayant dit qu'on Sëntoii ce menife esprit dans nos demoiselles, qui alméfit mieux quelquefois se priver de jouer oil de sfe promener, que de prendre la peine de sortir de la classe et de chercher des jeux, M^' de Bouji), qui ignoroil le projet de Madame pafce qu'elle h'étoit pas vènlie au c&mmencemenl, croyant que c'éloît une belle occasion de la mettre en vivacité et dé lui faire dire quelque chose d'utile, lui demanda où nos demoiselles pouvoient avoir pris l'esprit du monde, étant venues si jeunes dans la maison. « Ma sœur, rêpohdJt-elle, iln'estpasbesoïn Aé l'enseigner, puisque chacun le trouve dans son propre fonds. — Mais que faudroit-il faire, ajoutât-elle, pour détruire celte mollesse? « Madame, qui Toaloit tenir sa résolution, changea de propos, et nous regard&it d'un air d'intelligence, avec cette bonté et familiarité qu'elle veut bien &Toir avec

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96 ENTRETIENS SUR L'ÉDCCATION.

DOUS. M'"' de Bouju, n'en sachant pas la raison, la demanda a celle qui étoit auprès d'elle. M*"' de Radouay, à qui elle s'adressa, dit tout haut : « Voilà ma sœur de Bouju^ Madame, qui demande ce que vous avez dit d'utile; elle ignore la résolution que vous avez prise de livrer ce jour aux inutilités. ■» Madame reprit en riant, et avec beaucoup de vivacité : 11 Que veut cette alîamée de bonnes choses? Que pourrois-je dire que je n'aie pas dit cent foisP » Puis, l'apostrophant, elle ajouta vivement : « Vous vous plaignez que vos demoiselles sont paresseuses, qu'elles ont l'esprit de mollesse -, pourquoi le leur donnez-vous , par la trop grande application que TOUS avez à leur faire plaisir ? D'où vient que vous leur donnez tant de récréations extraordinaires, des promenades et des amusements, comme si elles n'étoient pas toutes en âge de travailler, je dis même les petites? Quelle est la fille qui ne travaille pas depuis le matin jusqu'au soir dans la chambre de sa mère, et n'en fait pas son plaisir? Elle n'y trouve, le plus souvent, que de la mauvaise humeur à essuyer, beaucoup de désagréments, quelquefois même des mauvais traitements, et personne ne s'avise de la plaindre et de lui procm'er des délassements. La plupart travaillent assidûment toute la semaine, et ne se promènent que les fêtes et dimanches, et vous autres, qui êtes obligées, par les règles établies dans votre maison, de faire mener à vos demoiselles une vie sans comparaison plus douce que celle que la plupart mèneroient chez elles, au lieu de tâcher d'y mêler un peu de dureté, autant que l'ordre gé-

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néral le peut permettre, vous n'êtes occupées, au contraire, qu'à l'adoucir; non contentes qu'elles aient tous les jours une grande heure de promenade le soir, et presque tout le jour le dimanche, vous les y menez encore à la récréation du matin, et à des heures extraordinaires. Pour moi, je géajis quand je TOUS vois si empressées à leur chercher des amusements dès qu'elles ont huit ans ; devroient-elles en avoir d'autre que le plaisir d'un travail aussi doux que l'est celui de vos demoiselles i* Si vous les accoutumiez à goûter ce plaisir dès cet âge, vous les empêcheriez d'en désirer d'autres qui seroîent aussi dangereux que celui-ci est innocent, et par là vous leur rendriez un des plus grands services qu'elles puissent attendre de vous pour le présent. Quel avantage de contenir de jeunes personnes qu'il est si dangereux d'abandonner à elles-mêmes dans ces temps de récréation, où les conversations entre elles sont si pernicieuses ! Pourl'avenir, cet amour de l'ouvrage seroit un préservatif contre toutes sortes de maux. La maxime des gens d'expérience est qu'une fille doit être couette ou laborieuse.

u II faut en toutes choses, ajouta Madame, avoir du discernement. Quand je vous blâme de chercher trop à faire plaisir à vos ûlles, et de les promener à toutes les récréations, je comprends bien cependant que l'hiver, où la saison les contraint d'être renfermées tout le jour, une maltresse qui voit un rayon de soleil puisse, sans être molle, pro&ter de ce beau temps passager pour les mener à la promenade ; elle fera même très-bien, cela étant aussi bon pour leur

— Cogle

98 ENTRETIERS SEB l'éDUCATIOS.

santé que pouf leur pWsir ; mais en été, où elles y totit 1b soir , Je ne vois pas de r^son qu'elles y aillent orctinairement à d'autres heures.

li Qaiind je vous exhorte aussi à faire travailler tnêttie les petites à la récréation, et d'exiger d'elles qu'elles travaillent assidûment et diligemment dans les autres heures, à ne pas soulTrir qu'elles n'aient de l'ouvrage que par contenance, sans se soucier de ravancer, je conviens cependant que dans le temps d'un froid excessif ou d'une chaleur étouffante, où vous Sentez vous-mêmes que leâ bras vous tombent et que vous ne sauriez presque travailler, je conviens, dis-je, que vous pourriez sans mollesse ne point demander autant d'ouvrage aux demoiselles dans ces tetnps-là que dans un autre ; il faut un peu, pour ainsi dire, fermer les yeux et ne pas montrer qu'on s'aperçoit qu'elles travaillent lentement: on pOurtoit même les mener travailler dans un lieu moins chaud que la classe bleue, tjui est sur une cuisine* et qui a le soleil tout le jour-, il ne faut pas non plus y regarder de si prés à la récréation, car il est nécessaire qu'elles se réjouissent.

' — En vérité, Madame, dit une de nos sœurs, nous n'avons guère suivi votre projet de récréation, car au lieu d'inutilités vous avez dit des choses bien solides ; mais vous n'en serez point fâchée et vous en verrez le fruit. Nous sommes bien obligées à ma sœur de Bouju d'être insatiable. » Madame répondit en souriant : « Vous avez entamé un chapitre sur lequel je

■ Voir le plan «t la description de la maUon <l(uu VBUtoin dt lA flutiMit n'Sale de Sàlnt-Cyr.

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sens que je ne finirois pas de vous quereller, — VqIootiera, dîmes-nous, il seroit dommage de nç pas tout dire aujourd'hui. » Elle continua donc ; « Vous gâtez vos demoiselles par l'inclination que vous avez à les louer, à les admirer, à les récompenser dès qu'elles font leur devoir. Si elles ont bien fait dans un olBce, il faut que l'officière les prône, qu'elle leur procura une collation, une promenade; voilà ce qui les g^te et ce qui peut leur faire croire qu'on leur en doit de reste, quoiqu'elles n'tuent fait après tout que CQ qu'elles doivent faire. 11 suffiroit qu'en les remettant entre les mains des maltresses, elle dit simplement: J'en ai été contente ; et cela, non pour leur faire plaisir, mais pour en rendre compte. Il faudroit dire de même : Elles ne font rien qui vaille. )>

Madame de Sailly ' demanda aï ce n'étoit pas une bonne raison de prendre une suppléante quand ta maltresse a un rhumatisme ou une fluxion qui l'empêche de mener le$ demoiselles à la promenade, « C'est là une pauvre raison, repartit Madame, pour embarrasser une communauté à vous chercher une suppléante qui quitte sa charge ou ses sœurs à la récréation pour aller promener vos demoiselles ; c'est trop lesgàterqued" avoir pour ellescessortesd' égards. Il faut faire céder toutàleursùretépréférablementà leur plaisir. Quel inconvénient y auroit-il de les laisser quelque temps sans prendre l'air ? cela n'arrive-t'^il pas souvent à des enfants dans le monde qui sont plus distingués qu'elles? Et pour vous donner un

* EUe étail alors maitreise d«» ro»pM. (Voir lu Mires lur l'éducation, f.23à.)

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100 BNTRETIBNS SUR L'EDUCATION.

exemple de votre connoissance, M"' d'Aubigné iie demeura-t-elle pas' ici très-longtemps sans sortir de sa chambre, parce que sa gouvernante avoit un rhu matisme? N'auroit-on pas pu la confier à une autre, si on avoit été aussi occupé de son divertissement que vous Têtes de celui de vos demoiselles? Et tout le temps qu'elle a été chez moi à Versailles, elle n'a pris l'air que les fêtes et les dimanches, parce que mes femmes travaillent les jours ouvriers. » On lui dîtque s'il n'y avoit qu'une maîtresse d'incommodée, elle pourroit demeurer à la classe avec une partie des demoiselles, et l'autre iroit au jardin. « Fort bien, dit Madame, si cela accommode les maitresses, mais il ne faut pas qu'elles s'en contraignent. — En quoi remarquez-vous ce peu de courage que vous reprochez à nos demoiselles? dit une de nos sœurs. — En ce qu'elles n'entreprennent rien avec affection, répondit Madame ; elles ne se soucient point de réussir, elles ne craignent qu'une seule chose, qui est d'être reprises ou punies ; elles s'embarrassent fort peu que tout aille mal, pourvu qu'elles se puissent tirer à quartier et dire : Ce n'est pas moi; elles vous laisseroient volontiers mourir, pourvu, dit-elle en riant, que vous ne revinssiez point de l'autre monde les en reprendre. Les bons cœurs sontautrement disposés; ils aiment mieux faire trop que trop peu, et ils consentiroient volontiers à être grondés, pourvu que tout allât bien. Ma pauvre Nanon ' est si affectionnée

■ Femme de cbambre de H'^'de Malntenon. (Voir les Lettre* ir l'éducation, p. 11.)

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à mon service, que si je la chassois par une porte elle reviendroît par une autre pour me servir. — Ce défaut de nos demoiselles , dit M™ de Berval , vient, je crois, de mal entendre une maxime qui dit qu'il vaut mieux être appelée que chassée. — Oui, reprit Madame, elles tournent tout en mal, parce qu'elles n'agissent pas simplement; elles font des réflexions infinies sur ce qu'on pensera. Demandez à une fille si elle veut être religieuse de Saint-Louis ; au lieu de répondre simplement ce qu'elle veut, elle fera mille détours et retours sur ce qu'on pensera de sa réponse. Leur travers vient aussi de ce qu'elles prennent pour elles des maximes qui ne conviennent qu'a des religieuses fort avancées dans la perfection, et qu'elles leur donnent un mauvais sens. Ne les avons-nous pas vues se mettre dans la sainte indifl'érence dont il étoit question du temps du quiétisme ', et la porter jusqu'à ne montrer aucun désir du noviciat, attendant qu'on leur proposât d'y entrer? Ce manque de courage et ce fonds de mollesse que je vois dans nos demoiselles ne m'inquiètent point pour celles qui sortent, parce que je suis persuadée qu'elles n'auront pas essayé durant trois mois de la vie qui les attend hors d'ici, qu'elles reviendront de cette foiblesse, et que la nécessité où elles seront de mèn^er tout le monde, sans trouver personne qui les ménage, les fera bientôt changer de sentiments, comme nous l'expérimentons déjà en plusieurs. Je voudrois que vous entendissiez parler nos Carméli-

» Voir VBIttolre de la vtaiion nyalt lie Saint-Cp-, ch. lo.

102 EHTRETIEN& SUR l'EDUC&TION.

les '. Vous savez qu'elles étoient ici de nos merveilles; elles disent fort agréablement qu'elles oot bien à décompter, qu'elles étoient accoutuiDéee à être louées, admirées, ménagées, et croyoient Ht9 regardées comme des merveilles dans les matsoofi où elles ont été, mais qu'elles ont eu beaucoup « rabattre de cette estime d'elles-mêmes, quand elles se sont vues négligées et reprises sans aucun ménagement; qu'elles ont alors commencé à connoltre le ridicule de leur orgueil. EJles ont tellement cbutgé d'idées, qu'une d'elles me disoit avec simplicité, il y a quelques jours : Quand je pense aux sentiments que i'avois à Saint-Cyr, à ma sensibilité pour le moindre blâme, et aux ménagements que j'exigeois pour moi, je ne comprends pas qu'on pût m'y supporter.

«Je crois donc, comme je viens de le dire, que vos demoiselles reviendront de leur délicatesse quand elles seront dans le monde, mais je crains fort que celles qui vienaent des classes au noviciat n'y apportent cet esprit , et ne le perpétuent • l'inRui, ce qui seroit un grand malheur. Comment faire aller une maison avec des filles molles, tendres sur elles-mêmes, occupées de leur santé, ne pouvant rien porter avec courage et dont l'esprit seroit encore plus délicat? Il faut bien attaquer ces défauts dans vos demoiselles, et vous devez prendre garde à ne les pas entretenir par les ménagements superflus que vous avez pour elles, par une trop grande

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AVEC LBS DAMBS PE SAHIT-LOUK (1703). 10}

bonté et manque d'expérience. — Je voudrois bien, dit M"" de Faure ', que vous voulussiez nous dire en détail en quoi vous faites consister cette mollesse et ce que vous appelez des ménagements superflus. — C'est , répondit Madame, dans la délicatesse à craindre la moindre incommodité, à ne point supporter le froid, le chaud , la pluie, une mauvaise senteur, la privation d'un repas, le retranchement d'une heure de sommeil, de récréation; à compter pour quelque chose les plus petits maux, à s'attendrir sur soi-môme pour la plus légère infirmité, 4 e'en plaindre jusqu'à en fatiguer les autres, et vingt choses semblables. Soyez attentives à ne laisser échapper aucune occasion sans attaquer en elles toutes ces foiblesses; il faut les en reprendre souvent, tantôt doucement, tantôt fortement, mais toujours patiemment et sans se rebuter. Vous avez un ouvrage auprès de cette jeunesse d'une extrême étendue, et qui demande un soin et une attention continuelle de votre part , tant par rapport à elleg que pour leur donner vous-mêmes l'exemple de tout ce que vous exigez d'elles sur toutes choses. »

1 Gllberte-Harle-Hadeleine Lacombe-ChaMnreBdePaiiiT. Bile ai piore&iian le 9 décembre 1691, et mourut le sa mal nsi,

igée de SDiuDte et uu ans.

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ENTRETIEN XXXI'

(SorliciriliU.)

Madame de Maintenon ayant eu la bonté de demander aux demoiselles sur quel sujet elles vouloient qu'elle leur parlât, M"* de Bouloc !a supplia de les instruire sur la civilité. Elle leur dit que la civilité consistoit plus dans les actions que dans les paroles et les compliments ; qu'il n'y avoit sur cela qu'une règle à leur donner : « C'est l'Évangile, dit-elle, qui s'accommode fort bien avec les devoirs de la vie civile. Vous savez que Notre- Seigneur dit qu'il ne faut pas faire aux autres ce que nous ne voudrions pas que Von.nous Ht; voilà notre grande règle, qui n'exclut pas celle des bienséances en usage dans les pays où l'on se trouve. Pour ce qui regarde la société, je ferois consister la civilité à s'oublier soi-même pour s'occuper de ce qui convient aux autres, à faire attention à tout ce qui peut les accommoder ou incommoder, pour faire l'un et éviter l'autre ; à ne jamais parler de soi, à ne se point f^re écouter trop longtemps, à beaucoup écouter les autres, à ne point faire tomb^ la conversation sur soi ou selon son goût, mais la laisser tourner naturellement selon celui des autres; à s'éloigner quand ou voit des personnes parler bas, à remercier pour le moindre service, à plus

' Leilra édifianttt, t. IV, p. 8iO.

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