‹ Entretiens sur l'éducation des fillesChapitre 12 sur 45 · AVEC LES UMOISELIES DE LA CLASSE JAUHE (17D · texte numérisé non relu

AVEC LES UMOISELIES DE LA CLASSE JAUHE (17D

forte raison pour un grand. Vous ne pouvez mieux faire, mes enfants, que de vous exercer à toutes ces bonnes manières entre vous, et d'en prendre tellement l'habitude qu'elles vous deviennent comme naturelles. Je vous assure que ces attentions et ces égards continuels que l'on a pour les autres rendent bien aimables dans la société, et ne coûtent guère aux personnes bien nées ou bien élevées; vous avez pour la plupart ces deux avantages, mettezles donc à profit, et vous serez bien dédommagées des premières contraintes qu'il faudra vous faire d'abord, par l'estime et l'amitié que ces manières pleines de déférence vous attireront. Croyez-moi, mes chères enfants, attachez-vous à être vraiment poUes, et vous paroltrez parfaites, en attendant que vous le soyez véritablement; car une personnne polie ne montre jamais que de la douceur, sait réprimer son humeur de façon que l'on ne s'aperçoit ni de sa hauteur ni de ses fantaisies et bizarreries si elle en a. Si vous voyiez les personnes du monde qui savent vivre, même les plus mondaines et les moins pieuses, vous les croiriez d'une vertu et d'une humilité parfaites; il semble, aies entendre et à les voir, qu'elles se comptent pour rien, et qu'elles font un cas infini des personnes à qui elles parlent, pendant que souvent elles ont au fond du cœur un souverain mépris pour elles. Je vous voudrois ces bonnes manières extérieures, mes enfants, 6t qu'étant aussi bien instruites que vous l'êtes, vous y ajoutassiez les sentiments intérieurs de charité et d'estime du prochain et de bas sentiment de

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vous-mêmes, comme l'Évi^ngile vous l'ordonne. N'est-il pas honteux pour nous que le seul usagç du monde fasse faire extérieurement par orgueil et par vanité les mêmes choses que notre religion nous demande, en y ajoutant seulement des dispositions chrétiennes qui nous rendroient méritoire pour le ciel l'attention à ne rien faire qui déplaise à notre prochain, et que nous ne puissions pas gagner cela sur nous ? »

M"° de Rofiac demanda comment il falloit remercier une personne de respect. « Tout naturellement, répondit M°" de Maintenon, en lui disant ; Je vous remercie très-humblement, madame, je vous suis très-obligée, et choses semblables. Pour moi, je ne demande aucun compliment; mais je suis bien aise de savoir si j"ai fait plaisir. J'ai connu une dame a qui l'on faisoit très-souvent des présents considérables, jusqu'à lui faire trouver de grosses sommes sous le chevet de son lit, et qui ne remercioit jamais, quoiqu'elle connût bien les personnes qui lui faisoient cette amitié, qu'elle les vit tous les jours et mangeât même avec elles, m M"" de Chounac dit qu'elle se seroit bientôt dégoûtée de lui rien donner. « Vous voudriez donc, aussi bien que moi, ^tre remerciée ? lui dît agréablement M"* de Maintenon, cela est tout naturel. » M"° de Baigecourt demanda si on devoit remercier un laquais, a Ou), répondit M°" de Maintenon ; mais il n'est pas nécessaire de se lever, une inclination suffit, ou un : Je vous remer^ cie, selon les cas ou les circonstances où l'on se trouve, n ne faut point en cela d'affectation. —

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