AVEC US DEMOISELLES DE LA CLASSE VERTE
le reste du jour, laissant la princesse avec une paysaone, autrefois sa nourrice, et devenue sa première femme de chambre, qui n'est guère en état de lui parler raisonnablement, et encore moins de Vin' struire de la bonne foi, de la droiture, de la probité.
« Le Roi me surprend toujours quand il me parle de son éducation. Ses gouvernantes jouoient, dit-il, tout le jour, et le laissoient entre les mains de leurs femmes de cbambre, sans se mettre en peine du jeune roi, car vous savez qu'il a régné à trois ans et demi. 11 nmngeoit tout ce qu'il attrapoit sans qu'on fit attention à ce qui pouvoit être contraire à sa santé ; c'est ce qui Ta accoutumé a tant de dureté sur lui-même. Si on fricassoit une omelette, il en attrapoit toujoursquelques pièces, que Honsieuret lui alloient manger dans un coia. Il raconte quelquefois qu'il étoitleplus souvent avec une paysanne; que sa compagnie ordinwre était une petite fille de la femme de cbambre des femmes de chambre de la reine; il l'appeloit la reine Marie, parce qu'ils jouoient ensemble ce qu'on appelle à la madame, lui faisott toujours faire le personnage de reine, et lui servoit de page ou de valet de pied, luiportoit laqueue, larouloitdansunecbaisejOuportoitleflambeaudevantelle. Jugez si la petite reine Marie étaitcapflbledelutdon-' ner de bons conseils, et si elle pouvoit lui être utile en la moindre chose.
« Je vous assure encore une fois, mes chères enfants , que vous serez bien coupables devant Dieu si vous ne profitez point des peines que l'on prend sans cesse pour vous rendre les plus parfaites
146 ENTkETlBN& SUH l'ËBCCATION.
qu'il soït possible selon Dieu, et mdips selon le monde. J'entends ici par le monda les personnes pieuses, raisonnables et polies qui y demeurent, car pour les libertins et ceux qui n'ont point d'honneur ou de religion, ce vous sera une gloire de n'être pas de leur goût, à cpuse de votre différente manière de penser et d'agir.
« Puisque me voiei en train de vous parler, je vais vous dire encore plusieurs choses que je réservois pour les grandes,- mais qui vous sercmt aussi bonnes. Au Boai de Dieu, mes chères enfaats, ne soyez pas fières ni hautes, ne comptez peur rien votre noblesse, n'en paviez jamais. A quoi vous sbttviroit-elle si vous n'aviez point de vertu? n'estrce pas elle qui fait la vraie noblesse? la vertu n' est-elle pas son origine? Ayez des égards pour tout le monde, et même du respect pour les personnes d'un certain âge ou d'un certain état j quand bien même elles n'auroient point de naissance ; le monde est plein de ces sortes de personnes, et vous verrez, quand vous y serez, que l'on a avec elles les meilleures manières. Mettez-vous bien dans l'esprit, une fois pour toutes, que la noblesse n'est rien sans mérite, et que c'est au mérite que Von doit l'honneur, l'estime et |e respect, en qui que ce soit qu'il se trouve. Par exemple, d'Andrieux, quelle aimerie-d-vous mteus, d'une demoiselle nourrie dans son village, grossière, rustaude, maussade et ignorante, faute d'éducation, ou d'une autre sans naissance, mais qui, ayant du bien, a été bien élevée et est de bonne humeur, douce, polie, gracieuse ?— ^-C'est cette dernière, dit la
=, Cookie