‹ Entretiens sur l'éducation des fillesChapitre 23 sur 45 · AVEC LES DEMOISELLES DES GRANDES CLASSES · texte numérisé non relu

AVEC LES DEMOISELLES DES GRANDES CLASSES

nous aurons tout le temps, après nous être diverties, de rentrer en nou^-mëmes et de revenir à Dieu. Je leur réponds que l'on ne peut commencer trop tdt à bien servir Dieu; que plus t6t elles auront commencé, et plus elles l'auront fait avec ferveur et avec fidélité, plus leur récompense sera grande. Je crois qu'un écueil assez ordiniûre aux jeunes personnes, c'est de compter sur une pénitence à venir qu'elles ont dessein de fidre un jour après s'être donné du bon temps; elles se flattent que Dieu, comme à tin saint Augustin et à une sainte Thérèse, etc., leur fera ta grâce de se convertir, et qu'elles deviendront saintes à leur tour. Miùs, hélas ! que le nombre de ces heureux pénitents est petit ! et que celui des pécheurs qui ont compté sur la pénitence, et sont morts malheureusement sans avoir eu le temps de la faire, est innombrable ! J'espère, mes chères enfants, qu'aucune de vous ne prendra ce travers si périlleux, et je suis bien aise en passant de vous faire faire attention sur le grand avantage que les âmes innocentes, et ferventes en même temps, ont sur les âmes pénitentes, je dis même sur les saints pénitents; car n'est-il pas ordinaire que les âmes innocentes, qui ont toujours été pénétrées de son amour et de la crainte de lui déplaire en la moindre chose, pleurent et gémissent sur leurs plus petites infidélités avec la même contrition, la même douleur et la même ardeur que les saints véritablement pénitents le font sur leurs plus grands péchésPCe que je ne dis pas pour diminuer le mérite de ces saints pénitents dont l'exemple est si consolant pour les pén.

.Cookie

174 ENTBETIEHS 80» L'ÉDOCATIOS.

chetirs, mais pour vous tincotirager à faire vos efforts, et à prendre toutes sortes de précuutions pour conserver chèrement le précieux trésor de l'innocence, qui est le moyen le plus sflr et le plus doux pour se sauver, et qui porte toujours avec lui de si grands avantages, même dans co mondé.

H Je ne puis mieux faire, ce me semblé^ pour volis encourager à embrasser généreusement pour le reste de vos jours ta pratique d'une vie chrétienne, que de vous proposer l'exemple de M. le duc de Bourgogne '; c'est un jeune pHnce-àpeu près de votre âge, puisqu'il n'a pas encore vingt-deux ans. Depuis sa première communion, nous Avons vii peu à peu dtsparoltre tous les défauts de son enfance, qui nous donnoienf de grandes craintes pouf l'aVenir; sa piété a toujours été croissant, son progrès étoit visible d'une communion à l'autrei il a surmonté généreusement toutes les railleries qu'il a eu à essuyer dans le commencement; et à présent il est. l'admiration de tout le mondes II communie trèipsouvent, entend la messe tous les jours, où il y a presse d'aller avec lui pour s'édifier de la manière respectueuse et pleine de religion avec laquelle il y assiste ; il s'enferme seul dans son cabinet une ou deux heures de l'après-dlné, ce qui est fort rare à la cour i il a plusieurs livres de piété sur sa table, ce qui fait juger qu'il emploie ce temps à leshre ou à prier. Mais ce qui marque davantage la solidité de sa piété, c'est la violence qu'il continue de se faire à lui-même

1 On «ait qu'il fût ëlevë pat Fénelon.

=, Cookie

Page 1