‹ Entretiens sur l'éducation des fillesChapitre 25 sur 45 · AVC LES DEMOISELLES DES GRANDES CLASSES · texte numérisé non relu

AVC LES DEMOISELLES DES GRANDES CLASSES

se plfùgnant que rien n'a réussi selon ]eurs désirs: ia comédie a été mal jouée, on y mouroit de chaud, le mauvais temps les a privés du plaisir de la promenade, les chiens ont mal chassé, on n'a point bien pris ses mesures; enfin, à en juger par leur air, on diroit qu'ils viennent d'avoir les plus grandes mortifications; au lieu que le jeune prince, de la piété duquel je vous parle est toujours content, parce qu'il sait remplir son temps d'exercices pieux . et utiles.

n On voit les religieuses les plus austères etlesplus régulières être gaies et contentes dans une vie si pénible à la nature, et cette innocente joie est le partage de tous ceux qui font le bien. Plusieurs d'entre vous sont pressées de sortir d'ici ; que feront-elles si elles n'ont amassé un bon fonds de piété? Elles ne savent pas ce qui les attend. Quelques-unes payeront pension dans des communautés et elles y auront bien des contraintes et des désagréments ; d'autres se trouveront peut-âtre avec un mari jaloux, bizarre, débauché, joueur, etc.; d'autres éprouveront différentes sortes de peines et de contradictions; comment pourront-elles supporter toutes ces choses si elles n'ontpas une grande piété? Demandez-la donc à Dieu sans relâche, mes chères enfants, travaillez de toutes vos forces à l'affermir et à la perfectionner pendant que vous êtes encore ici; demandez-la instamment à Dieu pendant votre retraite, et demandez-la avec grande confiance et une grande foi en la parole qu'il a bien voulu donner lui-même dans son Évangile, d'accorder les vrais biens à ceux

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I LEDDCATIffil.

qui lea lui demuideront. Priez pour moi, mes chères enfants. »

ENTRETIEN XLlll'.

Une de nos sœurs demanda à Madame si elle approuvoit que pour humilier une enfant portée à l'orgueil, on ne l'avançât pas autant qu'elle seroit capable de l'être. « Quoi ! dit Madame , pat«e qu'une petite fille est glorieuse, il faudra la laisser aller aux grandes classes sans savoir lire et écrire, afin de l'humilier! — Ce n'est pas cela, reprit la même personne, ce seroit, par exemple, de ne pas lui montrer un ouvrage particulier qu'elle auroit de la facilité à apprendre. — Vous n'en avez point ici, reprit Madame, qui doivent beaucoup inspirer de vanité ; ceux que vous faîtes sont des plus cornmuns, et ce ne seroit pas une raison de les laissef ignorer à une fille par la crainte qu'elle ne fût enflée de les savoir. — Mais ne seroit-il pas bon, dit une maltresse, de ne lui pas faire faire des choses qui ne sont pas nécessaires, comme dire des vers, être d'une conversation? — Ce que vous dites là ne faisant pas une partie de leur éducation, répondit Madame, si je voyois une fille bien orgueiUeuse qui méprisât les auti-es, je pourrois bien une fois en passant ne la pas mettre d'une tragédie oii d'une

■ Becutil de$ Jt^xnun, p. 896.

ATBC LBS DAMBS DE SAINT-LOt]!S (1705). 179

coD^ersation ; mais, pour règle générale, je la formerois, autant qu'elle en seroit capable, sur tout ce qui a rapport à l'éducation ; je cultiverois ses talents comme ceux d'une autre, et je ne la priverois du reste que d'une manière passagère. »

ENTRETIEN XLIV

Madame, étant à la récréation , dit à la maîtresse des ouvrages de n'en pas exiger beaucoup des mattresses des classes; qu'elles n'en dévoient avoir que par contenance, leur capital étant d'être toujours oocupées des demoiselles, non pas en demeurant immobiles au bout d'une table sans oser détourner un moment les yeux de dessus elles, mais en s'occupant de les former sur toutes sortes de choses, allant montrer à une à tenir son aiguille, à une tutre à foire son ourlet, s'asseyant un moment auprès d'une troisième et prenant son ouvrage pour lui montrer à travailler de bonne grâce. Elle ajouta; H Je ne demande de vous que deux choses, la bonne foi et la vigilance : la bonne foi vous portera à vous donner tout entières à leur éducation sans rien négliger de ce qui est propre à les former, et la vigilance vous mettra en état de leur faire éviter mille fautes, et de leur faire prendre toutes sortes de bonnes habitudes. Cette continuelle attention qui

1 Recueil dea Réponsa, ]

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180 ENTRETIENS SUR L'ËDDCATION.

leur est si nécessaire, vous est également bonne pour l'exercice de votre vertu ; car, à parler franchement, sans ces sortes d'assujettissements qui nous ont obligées à vous retrancher les autres austérités, votre vie serait trop douce pour des personnes consacrées à Dieu. M

ENTRETIEN XLV

Madame dit qu'elle approuvoit tout à fait qu'on se servît des demoiselles les plus avancées pour montrer aux autres : « Outre que cela vous donne, dit-elle, la facilité de veiller davantage sur elles et de vous appliquer à perfectionner les plus capables, c'est que par là vous les stylez elles^némes, et vous vous fatiguez moins que vous ne feriez en montrant l'alphabet. — Vous ne voudriez pas, dit une de nos sœurs, que ce fût par attache à son ouvrage qu'on fit faire les exercices par les demoiselles. — Quelle attache peuvent avoir les maltresses à leur ouvra^P reprit Madame j elles n'en doivent tenir que par contenance et parce qu'il leur ennuieroit fort de tenir les bras croisés. Combien leur ai-je recommandé de n'en point avoir d'appliquant, afin que toute leur attention soit sur les demoiselles! Quand je dis qu'on se serve d'elles pour faire

* Refueil dci Hépoiun, p. ÏOB.

lire, écrire, etc., les autres, je ne dis pas qu'on s'en repose sur leur bonne foi, il faut que les maltresses voient si elles le font bien, et que ta première examine souvent le progrès de ses filles. >

ENTRETIEN XLVI'

M*" de Maintenon ayant marié M"* de Normanville*, qu'elle avoit gardée pendant quelques années depuis qu'elle étoit sortie de Saint-Cyr, à M. le président Bninet de Chailly, lui fit l'honneur de se trouver à ses noces; le lendemain elle dit aux religieuses de Saint-Louis que M. l'abbé Brunet, son oncle, lui avoit fait en la mariant une excellente exhortation dans laquelle 11 avoit blâmé la délicate modestie des personnes qui se récrient dès qu'un

' Lellrcs édifiantes, t. Vil.

■ VolT les Lettres sur l'éducatbm, p. 115.

* Cette denioieelle était leslje pendant plnsleun années aaprè* de H™* de Maintenon pour l'accompagner et lui aenlr de secrétaire. ■ Elle était venue Ici, disent les Mimolre* des Dame* de Sutut-Cyr, à l'Age de bult ou neuf ans ; «lie avoit donné dès cet âge des marques d'un bon naturel et d'un aimable esprit ; elle se distingua dans toutes tes claeses par des qualitéi trè»-esUinat>les, et se rendit agréable k tout le monde. Lorsqu'elle fut i la cour, elle y réussit parfaitement, et gagna nan-aeulament les bonnes grAees de U"" de Halntenon, mais aussi celles du Roi. Il se eer- Toit d'elle asseï souvent pour écrire tout lui et faire de* calculs. Après avoir passé quelques années de cette sorte, elle fut mariée A H. la prétident de Châlit^, et en considération de ce mariage.

182 feNTRBTlBttS SUn L'ËDDCATIOH.

pr«tre ouvra la bouche pour parler dans l'église d'un aarjement qu'on y administre, que Jésus-Christ a institué, que saint Paul appelle grand et honorable, pendant que leurs oreilles ne se font pas scrupule d'entendre hors de l'église des chansons d'amour, des mots à double sens, etc. « Cette fausse délicat^se est un des travers que je voudroisnepas voir chez vous, mes chères filles-, la plupart des religieuses n'osent prononcer le nom de mariage; saint Paul n'avoit pas cette sorte de scrupule, car il en parle très-ouvertement; je vous ai vu ce faible, je voudrois bien qu'il fût détruit ici pour toujours. — n est vrtd, répondit M*" de Jas, que nous passions ordinairement cet article du catéchisme , et l'on consultoit la supérieure pour savoir si on ea -parleroît; nous ne l'avons même fait au chœur que depuis que vous nous avez dit qu'il falloit en parler comme des autres matières du catéchisme quand l'occasioa s'en présente. — Ne comprenez-vous

leRoiremltàluiet iiutamiUeunetrè»{rouenmnie. Les noMa le flcent diej H. d< ChunllUnl, pour Ion Dilniatre d'Ëtat, qui ■TOlt beaucoup contrlbut 1 l'étabtluement de cette demolMlte, pour faite plalalr k H» de Mimienon. Mt le letideiMln dea noces, H. de QmIIIt emmena u femme k Paris ; elle y re^ut de ^Ddi complimente et de grandes marque* d'amitié de toui le* parenli et amis de «on marli la dame était fort graclenw, d'une Mie tlgnre, pleliM d'écrit et Men ralwniidila. Elle Ctott al prudent* dana aes paroles qu'on diaeit d'elle : llB>de Cballly ne dit q« « go'elle vent dire. Elle sa 8t eetlmer et aimer, non-ieulemail ' desonmBnetdeaalIroUle, maliaussldetouiceuiquîla connurent. Elle eut deux ou trala enfants qnl moururent Jennea, et aprtt pluileura années de mariage, elle monrut «Dtd de 11 petHt- Téfole. »

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AVEC L8S PAMES DE aA[NT-LOUI& (I70S). IflS

pas, mes chères ealaotâ, reprit M"* de Haiotenon, que c'esi un travers qui est insoutenable dans une maison comme la vôtre de n'oser y parler d'un état que plusieurs de vos demoiselles embrasseront, qui est approuvé par l'Église, et que Jésus-Oirtst m^e a honoré de sa présence ? Comment les rendrez-vous capables de bien remplir les devoirs des divers états oii Dieu les peut appeler, si vous ne leur en parlez jamais, et, qui pis est, si vous leur laissez entrevoir la peine que vous avez à en parler? Il y a certainement moins de modestie et de bienséance à ces façons que lorsque vous leur en parlerez bien sérieusement et bien chrétiennement comme d'un état saint qui a de grandes obligations à remplir. Craignez que les omissions qu'elles feront par ignorance des devoirs de cet état ne retombent sur vous qui aurez manqué de les en instruire. »

<( Ayez la bonté, madame, dit encore M*** de Jas, de nous faire un petit détml de ce qu'il nous convient de leur dire à ce sujet. — Vous ne sauriez trop leur prêcher, reprit M"" de Maintenon, l'édification qu'elles doivent à leur mari, le support, l'attachement à sa personne et à tous ses intérêts, tout le service et les soins qui dépendent d'elles, surtout le zèle sincère et discret pour son salut dont tant de femmes vertueuses leur ont donné l'exemple, aussi bien que celui de la patience ; le soin de l'éducation des entants qui s'étend bien loin, celui des domestiques et du ménage qui sont plus indispensables aux mères de famille que les prières de surér(^tion que quantité d'entre elles ont coutume de faire au pré-

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184 ENTRCTieNS SUR 1. ÉDUCATION.

judice de ces premiers et plus importants devoirs de leur état. Quand vous parlerez du mariage à vos de~ moiselles de cette manière-là, elles n'y trouveront pas de quoi rire, rien n'étant plus sérieux qu'un pareil engagement; établissez donc chez vous de leur parler sur cette matière quand elle se présente comme toutes les autres qui leur conviennent, et ne souffrez pas que, sous prétexte de modestie et de perfection, on n'ose y nommer le nom de mariage; cette sotte affectation, si j'ose m' exprimer ainsi, vous rejetterait bien bas dans toutes les petitesses que j'ai tAché de vous faire éviter avec tant de soin. »

ENTRETIEN XLVIP.

( Ai njel d'an tnatoga ramporU m In «nnnnU. )

H*" de Maintenon, ayant appris la bonne nouvelle d'une défaite des ennemis, vint exhorter les demoiselles à en remercier Dieu, et leur dit : « Cest toujours par là qu'il faut commencer quand on reçoit quelques bonnes nouvelles. — Leur premier mouvement, dit M"' de "Vandam, a été un cri de joie. — Cela est tout naturel, dit M™ de Maintenon, et je leur saurois bien mauvais gré de n'y être pas sensibles. Mais pourquoi, mes enfants, cette affaire-ci vous fwt-elle tant de plaisir? Voyons celles

> Utlrts idifiaaUt, (. V, p. Hh.

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AVBC LES DEMOISELLES DE LA CLASSE JADNB (l70â). 185

d'entre vous qui m'en donneront de bonnes raisons. » Giacune à l'envi en dirent de toutes les façons, comme : que cela acbemineroit à la pais. ; que c'étoit autant d'ennemis de moins ; que cela relèveroit le courage de nos troupes et abattroit celui de DOS ennemis; que le peuple en seroit soulagé, et plusieurs autres semblables , auxquelles M"* de Hiùntenon répondoit de petits mots d'approbation. Enfin il 7 en eut une qui dit que ce qui la réjouissoit le plus étolt que cela faisoit plaisir au Roi et soutenoit sa conSance. « Ah 1 voilà la première, ditelle, qui pense au Roi: je ne doute pourtant point que les autres ne l'aient fait , mais personne jusqu'ici ne l'a encore dit. Oui, assurément, cela lui fait un très-grand plaisir, et vous y devez prendre part, mes cbères enfants, quand même il n'y auroit pas toutes les autres bonnes raisons que vous venez de dire; il est votre Roi, votre protecteur, votre fondateur; vous êtes ses filles, et vous manqueriez à votre devoir si vous vous oubliiez dans cette occasion de la reconnoissance que vous lui devez. Je vous sais bon gré, Fortin (c'étoit le nom de la demoiselle), du sujet de votre joie; vous pourriez encore ajouter le plaisir que cela me fait à moi-même, et combien de telles nouvelles peuvent contribuer à me faire bien porter. Voilà, mes enfants, de quelle manière il faut profiter de tout pour vous former, et ne point vous réjouir sans savoir pourquoi : c'est ce qui m'a fait vous demander les raisons de votre joie. !1 y en a encore beaucoup d'autres que vous n'avez pas encore touchées, u

186 UiTHETlUtS SUR l'ÉDUCATHIH.

a Que ne faites-vous de ces sortes de choses le sujet de vos conversations? Vous diriez de bonne «mîtié vos sentiments différents^ l'une soutiendrait une raison, et une autre la sienne; cela vous amuseroitagré»blement et vous donnerait occasion de faire de bonnes réflexions. C'est en profitant ainsi de tout ce qui arrive, de tout ce que l'on voit ou entend que l'on se forme ; de pareilles conversations avec vos maltresses, où vous feriez bonnement toutes vos objections et oi!i vous agiteriez le pour et le contre, pourroient suppléer en pluâeurschoses à votre peu d'expérience.

« Je suis ravie de pouvoir vous dire que je n'ai jamais été aussi contente que je le suis de vous toutes; jamais, ce me semble, vous n'avez été moins glorieuses ni plus pieuses ; je ne puis vous exprimer combien cela me fait de plaisir. J'espère que plus nous irons en avant et plus vos pragrés seront grands, et qu'autant les demoiselles de Saint-Cyr étoient, dansle commencement de cet établissement, orgueilleuses, hautes et fières, autant elles se distingueront à l'avenir par l'humilité, la douceur, la simplicité et la déférence pour tout le monde.

(c On m'assure aussi qu'il n'y a pas un seul mauvais esprit parmi vous, et que vous vous portez mutuellement au bien par vos exemples et par vos discours ; je vous en félicite, et j'en bénis Dieu de tout mon cœur. Oh I que la vertu est charmante et que le bien est aimable t n'est-il pas vrai, mes enfants? Je ne comprends pas qu'on le puisse connottre et en voir la beauté sans l'aimer. Mais quel-

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AVEC LES DEIIWfiKLLBS DB LA CLM8E MUNI (1705). 187

que belle que soit la vertu, qttelque pltueir qu'il y ait à la pratiquer, et quelque honneur qui y soit attaché, ne croyei pas qu'elle ne souffre auaune difficulté i elle ne seroit pour ainsi dire plus vertu si on n'avoit jamais rien à sunnonter, et si eUe n'exerçoit pas notre courage et notre générosité. Faites présentement, mes chères enfants, un grand fonds de piété, de vertu et de bons principes pour qu'ils vous soient une ressource au besoin dans la suite de votre vie, qui ne sera pas toujours aussi douce et aussi unie qu'elle l'est ici. Vous aurez bien des traverses et des obstacles à sunnonter , car la vie ne se passe point sans cela ; bien des chagrins à éprouver et à siipporter patiemment et chrétiennement. M"* de La Lande ' me mandoit l'autre jour qu'elle avoit besoin de se rappeler les instructions qu'on lui a données ici , pour se soutenir dans l'affliction où elle est de la niort de son Qls aîné , arrivée dans le temps qu'elle conunençoit à en jouir, et qu'il lui donnott de grandes espérances. Vous ne connoissez presque point les afQictioDS, nies enfants-, mais comptez que vous n'en manquerez point dans la suite, et que vous ne sauriez mieux faire pour vous fortifier contre celles qui vous attendent, que de faire un usage pieux et chrétien des petites contradictions qui peuvent voua arriver présentement.

« Mais revenons à ce bon exemple que vous vous

' I|U< d« CB8lé]B, damoiielle de Saint-Cft qui ivalt été longtempa attachée i la perionne de W' de Haintenon.

u...,.C(JOglc

188 ENTRETIENS SGH l'ËDUCATION.

donnez les unes aux autres-, rien au monde ne peut me causer une plus grande satisfaction, car il y a lieu d'espérer que par ce moyen le bien se perpétuera parmi vous, et que le travail des religieuses de Saint- Louis produira tout le fruit que l'on a eu lieu d'espérer en établissant cette maison. Comprenez bien, s'il se peut, mes enfants, toute l'étendue du bien que vous faites en donnant bon exemple aux autres, et en leur inspirant la piété de quelque manière que ce soit que vous le fassiez, et je suis persuadée que vous vous affectionnerez de plus en plus à cette sorte de bonne œuvre, qui est la meilleure que vous puissiez faire, et même au-dessus de l'aumône à laquelle je vois avec plaisir que vous êtes si portées 5 car celles de vos compagnes à qui vous inspirez de la piété et les maximes de l'Évangile les iront répanike dans le monde si elles y retournent. Si elles se marient, elles élèveront leurs enfants dans la crainte de Dieu et dans la piété ; puis ils communiqueront aux leurs ce qu'ib auront reçu d'elles, et ainsi successivement à l'infini. Si elles sont religieuses, quel bien ne feront-elles pas par leurs bons exemples, et par les instructions qu'elle donneront à leur tour aux pensionnaires dont elles pourront être chargées I Ces pensionnaires, élevées dans la piété, en élèveront d'autres dans les mêmes principes, et le bien ira toujours en augmentant, et le principal mérite et la principale récompense retomberont sur les premières, qui auront inspiré le bien aux autres; cela n'est-il pas bien encourageant et bien engageant à tâcher d'être utile au Sfilut du prochain;' Mais en

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