AVEC LES DEMOISELLES DB LA CLASSE JAUNE
dit avec sa bonté ordinture et en riant, à M"" de Vandam , qui en étoit la première maîtresse ' : » Eh bien ! ma sœur, cette classe continue-t-elle toujours d'être la merveille du monde? » Elle répondit que leur sagesse se soutenoit. u Je crois, dit M°" de Miùntenon, qu'elles sont bien aises de voir que tout le monde est content d'elles, et c'est un grand plaisir pour les maltre^es de n'avoir qu'à leur donner des témoignages du contentement qu'elles ont de leur conduite, et de pouvoir passer avec elles paisiblement et utilement la journée. » M°" de Vandam dit ; « J'entendois hier M"' du Mesnil qui disoit qu'il n'y avoit rien de si agréable que de bien faire son devoir, de savoir que tout le monde étoit content de la classe, et qu'on n' avoit point de peine à la conduire. — Je suis ravie, dit M"* de Maintenon, de voir ces réflexions dans la tête de du Mesnil, car- c'est une de nos éveillées. Quand on ne pratiqueroit le bien que dans la vue de contenter les personnes de qui on dépend, et de ne leur point donner de peine , ce seroit toujours trèsbien, capcela part d'un bon cœur, et quand on n'est pas encore assez heureuse ni assez bien disposée pour le pratiquer dans la seule vue de Dieu, sans avoir besoin d'être soutenue ou animée par les louanges, ce qui s'appelle vertu chrétienne et solide, il faut toujours mieux, en attendant qu'on y soit parvenue, faire son devoir par le désir de l'approbation des personnes chargées de notre conduite , et de
' Voit les Lf lifts lur l'cilucalion, p. 50(1.
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celles dont il est raisonnable de voulqîf mériter l'estime. Je parlois tout à l'heure à la classe bleue de la différente ^rtie de M'" (ie^.....elà6 celle deM"° du Mesnil (autre demoîsell}; jjup celle dont on venoit
de parler): on a été fort ajse quand M"° de M
s'en est allée ; toutes ses compagnes en oql été ravies, parce que, faisant fort mal, elle étoit à chaîne à tout (e monde, et n'étoit ni ^imée ni estimée ; au lieu que M'" du Mesnil est fort aimée et regrettée, parce qu'elle a touJQUis ei) uiie cpn4uite sage «t raiiionnable.
u Je ne comprends pas ce qui peut cppspler une personne de se voir liaïp et point estjmée j toute la faveur np m'en conspliiiroit p^s; il stilTit cependant d'éti'e en faveur ppur aypir peu de gens bien sincèrement affectionnés'; je \e dois bien savoir, et je le vois tous les jours. Ce n'est pas que je sois luiïe, et je n'ai jamais été mieux persuadée de l'amitié de tout le monde que depuis que je suis malade. Quand M. l'archevêque de Paris' me dit, il y a quelques jours, que le peuple demandoit de mes nour velles : aComnient se pprte-t-elle !' » disent ces bonnes gens ; je lui dis que cela me faisoit plus de plaisir que toutes les marques d'honneur que je reçois des grands. M. de Cbamillard éloit fort aimé avant d'être à la charge de contrôleur général -, on est baj ordinairement dans ces sortes de places, parce qu'étant chargé des ûnances, pn ne peut guère se dis-
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AVEC LES BEIIO|Si;H.E!j Ofi LA CLAbfiE JAU.VB (1706). Î2^
penser de meltre des impôts sur les peuples, cç qui ne fait point aimer par soï-méine ; c'est pe ministre qui fournit l'argentnécessaire aux besoins de l'État, et pour payer les gens de guerre. Il me demande de )£mps en temps : <i Madame , commencé-je i-'étse ha! ?» Je |ui réponds toujours : nPas encore^ du moins cel^ ne m'est pas revenu. « Quand il fut élevé à cette pharge, le pfiuple disoit aux portes des éj^lises : u Pouf cette fois, en yoilà un bpn, il aime |e pepple. » — Mon frère me disoit l'autre jour, dit M"* dp Çhampigny. que tout étoit bien changé aux bureaux depuis «|ue M. de CIiamil)ar4 est minislrti d'État ^ autrefois, oq ne pouvoit aborder les ministres i on e&suyoil, dit-il, bien des brusi^ueries de leurs commis, et il fulloit attendre des journées aux poftesj pr&r . seulement, on est écouté, et &f. de Cliapiillard en Uiie avec tonte l'honnêteté possible. — En effet , dît M"' de Maintenon , c'est un homme admirable , il n'a point d'humeur, ou, pour mieux dire, il en ^ une très-bonne , et c'est ce qui le fait aimer; ca|' toutes les fois qu'on le voit, il est toujours le même. Quaiidil vachezleHoi, au lieu de se faire porter en chaise, il va à pied, sa chaise le suit, afin de donner un libre accès à ceux qui veulent lui parler ; il est toujours entouré de vingt ou ti'ente olUciers à qui il parle, et qu'il écoute 'les uns après les autres avec une grande bonté, comme s'il n'avoit que cela à faire '. Gompienez, mes enfants, que rien ne rend
■ Saint-Simon est d'accord aveu M'aide HaiiiteDonaurleiqualllés ;>rivées de Chauilllard. « 11 iie se rebuloil point, dit-lt, des proposUioDs les plus iseptes, ni des demondea les |>iu« ab^rdç«