AVEC LES RELIGIEUSES DE SAINT-LOUIS (ITOT). S
 qui aime Dieu I Hais il faut, en effet, ruiner pour en 6tre capable et pour y trouver du plaisir, m
Parlant à une maltresse, elle lui dit : « Je ne trouve rien de si pénible à la nature qu'un gouvernement chrétien,' parce que d^ qu'on veut remplir ses devoirs il faut s'oublier, se compter pour rien, se livrer aux autres, faire souvent tout autre chose que ce que l'on vouloit, ne jamais montrer d'humeur, de passion, de foiblesse, d'acception de personne; enfin se livrer tout entière à l'emploi dont on est chargé sans aucun rapport à soi-même. Un gouvernement humain est bien plus doux ; on prend ce qui plaît, on laisse le reste parce qu'on rapporte tout à soi, et qu'on ne cherche que son plûsir et son repos. Si j'agissois ûnsi, et que sans me mettre en peine de ce qui se passe dans la maison, je prisse trois ou quatre Dames de Saint-Louis des plus spirituelles, que je m'en fisse une espèce de cour pour m'entretenir et me divertir, je ne serois pas fort fatiguée. Une première maîtresse de même qui ne se taisseroit approcher que des plus agréables et des plus spirituelles de sa classe, qui passerait le jour dans un fauteuil à leur faire dire des vers, des conversations, et autres (choses propres à réjouir, ou qui s'entretiendroit avec elles quand elle seroit d'Immeur de le faire, éloignant le reste de ses filles, et ne souffrant point qu'on l'abordât quand elle voudroit se reposer ou se livrer à ses pensées, seroit, comme vous voyez, fort à son aise ; mais aussi ne feroit-elle rien moins que son devoir.
« Je demande fous les jours à Diev que Santl-
S4t KiitKAttm ffiB fc'RbefiAtnnt.
Cyr »oit ditnlU ti les Dàthet Mk loiti da êt^ntift, parce qu'il est eomme impossible que tous remplissiez les desâeiiis de tos institutions , si vous n'Êtes trës-parf^tKS; Tbtite U France est intéressée i Totre conservation tant que vous ferez votre devoir dans VédufiBtiDn des deinôisellés, et au contraire tout le inonde demandera que Votre maison soit détruite si pat* votre irrégularité et votre négligence cette bonneéducation dégénère. Vtjs devoirs demandent une grande vertu, etvaush'ayezpaslesmfitnes ressources qu'ont les autres religieuses pour se maintenir dfUis l'esprit de leur défution; Aa cdtiirftire, tout ce qui vous envirbnne vous sertirri de pié^ et de prétexte pour vou^ relftcher. La fie ftustëre et pénitente de ta plupalrt des religieuses les rappelle même i l'esprit de leur vocation ; elles ne peuv^t guère s'en éloigner que l'on ne s'en aperçoive, parce qu'il faut que l'extérieur Aille toujours, et ce qu'elles ont seulement à craindre est une diininution de la ferveur intérieure^ qu'il leur eék facile de renbuveler à l'approche d'une fête, d'une retraite, d'une visite, d'une communion ; tout belà les réveille^ et répare le inal avant mÊme qu'il ait paru, n n'en est pas de même chez vous : le petit people qui vous environne^ et qui ne cherché qu'à secouer le joug, ne favoriseroit que trop votre relâchement, qui ne se renfermeroit pas à vous seules, car voire jeunesse y participeroit bientôt i et je ne donnerois pas quelipies mois pour détruire le bieh que nous tâchons d'établir depuis plus de vingt anl Tout roule sur votre vertu, et les remèdes que vous
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AVEC LES W»JS««8BS H il*|JfW.«J(8 (1707). î« p4^meï et^QivlieF au deliors (Bâmp dwis «« qu'il y « de plu^ paifit da yfi\M çoimoisBancp «chèveroi^ plutdt d^ U)tit ruinw qu'il ne veus aideroit à vou^ rétablie, parce fïu'il ^t presque impossible, quelque éc^irés que pqisspii), ^\,tq ceux que vQus pourriez cpnsulter, qu'ils cpfupF^Qi)pQt ^^2 yqs obligatioi)^ pfutic^lièrf^ pour vp^§ reqdçp r^prif. de YOtre \os^tut, si vous r^yiei perdMf <)
U(ie inaltresse gyoi^ dp It^ peipe ^ st) <IoDDer si fopt aux fiûiiis |li^ sa classai p§rce qu'elle ep éloit souvent distraite, M''" dP Maiatenon Jui réppndit : « Personne p'est exempt (le distr^ctiqng j il vaut niieux avoir celles-là que d' autres plus ipaqvaises. J'avoue qu'il faut travailler ^ se modérer, majs après tout uq peu ^op d'activité yaut fC^GU.%. qup de la lei>teur pu de l'indifférence, et le^ naturel^ vifs sont ordiuairer Qient les meilleurs et les plus propres à rendre service. A qui croyez-vous, par exemple, que lé Koî sache meilleur gré d'un courtisan uniquement occupé à faire sa cour, qui est 4^ tous ses plaisirs sans avoir jamais aucune peine, ou d'un fidèle sujet qui passe sa vie à cofpb^ttre pour lui, expqsé à de conlii)uels dangers, toujours dans la peiae et dans les fat^es, qui n'est soutenu que par son courage et par son attachement au service de son prince, n'ayant même que très-rarpment le plaisir de l'approcher? Il n'est pas difficile de voir que c'est le; deppierî faites-vous-en l' application , et voyez si vous »ve)^ ^ui^^ d'^tr^ afSigée qup la multitude de^ gpins ipséprables ^6 votr^ p|jarge repdp vptrp pçé^nt^ dç Djeu moins d^uce gq'^u|Tefûis. Pour
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244 ENTRETIENS SUTt L'ÉDUCATION.
moi qui suis aussi fort vive, je me trouve accablée de distractions aussi différentes que sont les affaires dont j'ai la tête remplie : tantdt c'est Saint-Cyr qui m'occupe, une autre fois ce sont les affaires del'État, ou ce que j'ai appris du quiétisrae, du jansénisme, et autres maux qui menacent l'Église ; enfin, je ne me présente guère devant Dieu qu'au travers d'une multitude de pensées qui remplissent mon imagination, mais je me console en M disant : « Il estvrdi, « Seignem", que je mêle dans mes actions une vivait cité naturelle qui n'est pas exempte de plusieurs t( défauts dont je suis confuse-, mais aussi, vous « savez que je ne les entreprends que pour vous n plaire et pour vous servir, et que si je consultois a mon goût, j'aimerois mieux me reposer que de me « donner bien du mouvement pour des affaires qui " me seroient étrangères, si tout autre que vous y « étoit intéressé. « Vous voyez bien, ajouta M"" de Maintenon, que ce n'est pas pour mon plaisir que je me lève avant le jour pour venir à Saint-Cyr, malgré le brouillard et le mauvMS temps, et que je fais mille autres cboses fort contraires à mon inclination. Ce qui doit donc consoler une personne vive, c'est de penser qu'elle agit pour Dieu ; sans cela elle seroit accablée de ses défauts. »
La maltresse reprit que ce qui faisoit sa peine étoit, qu'au lieu de se prêter simplement aux occupations de sa cbarge, elle ne pouvoit s'empêcher de s'y livrer tout entière. « Pourquoi, lui dit M"' de Maintenon , ne vous donneriez-vous pas tout entière à un emploi qui vous vient de la part de IMeu,