INSTBUCTIUH AUX RELIGIEUSES DE SAINT-LOUIS
et qui est pour sa gloire ? C'est précisément ce que j'estime en vous, et si IMeu me donnoit le pouvoir dé former une personne comme je le souhaiterois avec promesse de lui accorder tout ce que je pourrois désirer pour elle, je la demanderois d'un caractère à se donner tout entière à ce qu'elle fait sans rien réserver pour son plaisir, ni pour son repos, et c'est même ce qui s'appelle bon naturel. Mais il faut avoir soin de le sanctifier par l'intention pure de plaire à Dieu, de procurer sa gloire, de se rappelerde temps en temps en sa présence avec tranquillité et douceur, de ne jamais manquer par sa faute à aucun des exercices de piété marqués par la règle. "
KNTRETIEN LIX'.
(four les diaposeï i prendre l'Iiubit nligici» '.)
Le 9 août 1707, dans une assemblée capitulaire, après qu'on eut fait. la lecture de la réponse de
i Lellrea édifianlea, t. V.
* QuBDd lamaifton de Saint-Louu tut chaDgée en iqoDastèTe régulier àe l'ordre de Salnt-Auguslln, on laissa aui Damea leur ancien «istume,qul était aussi modeate qu'élégant, niaie en UOT, ' M''^ de Main tenon jugea A propos de leur donner le tostume se- Tére de l'ordre de Salnt-Auguelin : • Elle étoit persuadée, disait' elle aux D;jraee, que l'habit religieux a quelque chose qui Inspire de la gravité, du recueillement et du mépris pour soi-même j que dans le monde ou étoit toujours en doute ai elles étaient reliijieuses ou non, etc. ■ (lUémoirei des Dama de Saint-Cyr, th. 38.)
246 GirTREnBNS svn t; êducatioh.
H, l'évéque de Qtartres, ^la applique ^ reUgieftst;; de S^int-Louis, pour Iw «i^Q^^d^r 1^ penoissioQ de prendra l'habit r^lig^eif:^, fH" dp M^mtei^on dit: « Plusieurs 4'pptrp vq^s lo'QRt priée de vous diie, f l' occasion de ce cbangement d'habit, ce (ju'i) y tmr l^it à souhaiter d^ y^^tre p^mmunauté pour ^^'elle fût au point où I'pd pput la dé^rer ; je vpifs ^ir^ ^mplemçBt Cfl qui m'est venu à l'esprit ftt) pfurçQiffant vos yœux '.
« Sur l'obéissapce, il me ^ofble que yous y ëtfs présentement bien fqndées : vaps rpspeçtez , ainjez et obéjs^ |H)r4i!tlement à tous vqs supérieurs -, il n'y a qu'à bénir Dieu des progr^ que vqus.avez faits sur cet article, et il y a tout lieu d'espérer que cette pratique si bien établie se soutiendra à l'avenir. Touchant la chasteté, on n'a, grâces à Dieu, rien à vous reprocher : vous ne cherchez aucun plaisir hors de votre mmon , vous avez un éloignement sincère pour le monde, vous fuyez le commerce avec les séculiers; il ne parott aucun attache ni amitié particutière «ntre vous, non plus que pour les autres personnes du dâdaQ8>
«Je ne vous trouve pas si avancées sur le vœu de pauvreté; quoique vous ayez fait du progrès, il vous en reste encore beaucoup à faire -, vous vous sentez toujours de Vabgn4aijce qù yotis ave?; été dè§ votre établissement, et de la mulleese que je vous ai iiir spirée et communiquée, ie œ dis point cela par un
> La Damea de Saint-Louis faisaient 1m tcbui ordinaires de pauvreté, de duisteté, d'obéissance, et un qualiiéniB de consa-* cror leur vie i i'éducalion des demolseilej de Soiitt-CTT.
,C(ioglc
mSTRUCTlON AU^ RELIGIEUSES DB S^IElTr^l^lS (ITOT). 24?
^tfiq^iit 4'}(uin^}ité i je fecowpiq sincÈrenient m pit^ la cause ^ je s^is gorlée à donner largeDoeot tqutes les comp^o^lép ^ ma flélicatesse, qui me les ^t ehef cher poi^r moi-indinp, fût qpe je le^ prpciire ^ ^i^tres ' \ je n]û^ ft^couti^méç ^ V^pul^nce, yo^is ¥0^3 seplfz eiicqfe de^ fléçi^ions frog relâchée^ ((1)6 je; voi|3 ai faites. J^ suis bien f^b^e et copfpse (l'être la première coupable des défaut^ que je vous i¥pr<(c)ie; nais ep&a, foe^ chères j^pès, p^ n'e^t p^f une raisoD pour les enicifser eq -ifous ; c^, après tout, je ne &\âs }ma r^licieuse et vous l'êtes, pt par Ç^tt* qualité, IMei) sa^is (bute YQWS demande une perfecT tiQii pIms grande q^e celle qu'i} attend de mol. Ne mettez point fb) borqes ^ celle qifi^ votre saint état exige de yP"^ i soyez pp garde co»trf! cette penla gii'^n a ici à i'^opdance et 1% recberche de ses jM)fnniqdités ) ^ez ^ sentir les privations qqi doiyppt rendre yotre pauvreté réeUe et effective, et sachez les porter courageusement j ne vous donnez pas la liberté d'imaginer des commodités, de les demander espressémept ; penchez plutôt à vous re- |;rai)cher quelqqes-({neq de celles qii'on donne If^i liirgement; ^ysf vsvies le jour que la Providence
1 H"" dq Hali)t^Do;i exagère «a ilélicqlpase et son goût pour le luxe : au milieu de la our l'a plus fastueuse de l'Europe, elle me- (Mit une vie trt^-ïimpts, ajapt i peine trui« ou ({ualra domesUquw, iéffaiitai tj)|it ^oi) ^eveup en auntâpe^ : « Pendaot le^ yiqijt . dernières années de sq «je, dit Ûaugûet de Gergr, Je l'^i vue fort souvent et jamais Je ne lui al vu d'autre habit' que de quelque damu ou de quelque rpz de BalnC-Haur de feuille morte, uns «r ni bntdetl^ ; une nareliaqde de PaUs e»l ordinaixuDeqt plu* nt^femeul vêtue. » iMémoire4,t. I, p. 3£S.]
,.,„.C(iogli:
348 ENTRETIENS SDH L'EIHICATIOK.
VOUS procurera l'occasion de sentir votre vœu de pauvreté par quelques privations qui coûtent à la nature et qui mortifient \ car la pratique de la mortification est inséparable de celle de la pauvreté, ce sont deux vertus essentiellement nécesstùres à la vie religieuse et dont la pratique détruira les défauts que nous vous avons si souvent reprochés. Ne craignez pas tout ce qui peut faire un peu souffrir votre corps ; remettez-vous entre les mains de vos supérieurs du soin de votre santé ; la charité qui s'établit ici dans les supérieurs, et que j'espère s'y conservera, saura bien prévenir vos véritables besoins et y remédier. Vous n'avez paslieu de craindre d'être mises à de trop fortes épreuves sur cet article, pui^ qu'ils y veilleront avec une charitable prévoyance; reposez-vous en donc sur eux sans vous en inquié^ ter, et appliquez encore là cette vertu de pauvreté et de mortification à laquelle votre état vous en« gage.
K Pour votre quatrième vœu de l'éducation, on a sujet d'être content de l'état où sont vos classes ; les règlements qu'on y a établis s'y maintiennent; il reste néanmoins âtins les jeunes maltresses un défaut dont j'ai vu depuis peu plusieurs exemples, c'est qu'elles ne paroissent pas assez entièrement auprès des demoiselles lorsqu'elles sont avec elles, ■ principalement pendant les récréations. Cependant, mes chères filles, c'est un des temps où vous pouvez leur être le plus utiles ; tout ce qu'elles font, tout ce qu'elles disent, vous doit donner matière de former leur raison, et de les redresser sur leurs fausses idées
INSTRUCTION AUX REUGIEtSES DB SAINT-LOUIS (1707). 249
OU leurs mauvaises manières; vous devez dans ce temps-là, comme dans tous les autres que vous êtes aux classes, vous occuper uniquement de vos filles sans vous permettre de vous en distraire un moment, ni de vous reposer de cette vigilance sur qui que ce soit, au réfectoire, au dortoir, ou ailleurs. Vous me répondrez peuUêtre : Nous ne respirerons donc pas? Et je vous répondrai: Non, tant que vous serez auprès d'elles. Si vous n'aviez pas des heures pour sortir de vos classes, je vous demanderois une chose impossible en exigeant une attention si continuelle ; mais votre ordre de journée est merveilleusement bien tourné pour vous donner le délassement et le repos dont vous avez besoin. Il y a chaque jour des heures où vous perdez de vue vos demoiselles et où vous avez la consolation de voir vos sœurs, de prier Dieu avec elles, d'y manger, de vous récréer; ayez donc la fidélité de remettre à ces heures-là le relâchement qui vous est nécessaire, car pour celles que vous passez auprès des demoiselles, vous ne devez pas, encore une fois, vous relôr cher un instant de cette application a les veiller et à les former. Si vous les menez au jardin , vous respirez l'air avec elles ; mais vous ne devez pas- vous livrer entièrement au plaisir de la promenade, ni vous amuser d'entretenir quelques personnes ; vous vous y devez occuper uniquement de vos filles, et tenir la main que toutes les grandes demoiselles qui sont dans vos classes pour vous aider, aussi bien que tous vos petits chefs, s'en occupent dans ces heures de récréation comme dans les autres , sans craindre
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3âQ BHTItETtfWS SUK L'ÊÇIlJffTlON-
qu'elle^ s'eqnuypq^ et s^ns ç^ercbef à }es rçcfw^ ellpB-m^ipes ^tiQs un temp^ o^ toute ya\ia di^^tiasi doit être résenfée pR^r yûtre clas^ , (i Uif autre ^liclp, sur Jequel je me sijis pcppgsgg de vous parler, pour vpus popgratHler de ce quç Dieu a fait eu vous q^i tiei)t du injr^clç, c'est le dé^jr que vous témoignez souvent d'être regardées pomfi)^ de petites religieuses j il q'est certaioemeot pas ^t turel ; c'est lui qui vous donne une dispositioii si op^ posée aux sentiments d'élévtitioQ qqe 1^ gr^depr dq votre établissement auroit pu Qaturellefuept voijs inspirer; car s'il y a quelques religieuses ppur quj oii dût cr^pdre, avec sujet, la fierté, P'est ypu^ autres, qui êtes fopdé^S par ip plqs gr^d Ilpi du luoniJe, qui ave2 de grands biens, qpj èteg^ pq pe^t Je (life, deg fayprites aimées, caressée^, considéré^, cpfq;; blées de ses bienfaits ^ qui ygyez tous }es jpurs ^ milieu de vous une punjQniie et> ftivepf aiipfès dtî lui. Que|le joie pour moi, me^ chères filles, de voir qu'au ipilteu dt! tant de sujets d'élévatipi» ^t de gbire vous pe respipe? que rhupiililé e|. ^ simplicité, jhsï qu'à p'aoïbitipnner que le ooip 4^ pÇ^^Ç^ religieuses, et î ^mer sippÉremeqt et dan^ 1^ pratique d'être regardées et traitée^ comnpp te^e^ I Par cette huoihle implicite, vpps expiez ce qu'il y a eu de grandeur huiqaine 4^tiS votre établissement, et vous affern^issez inébranlablemeut vptre Institut; il n'y ^ ^ucun sujet de craindre qu'il dégénère janiais tant que vous serez dapsces sentiments. Conservez donc précieu^ment, je vqus pp conjure, ces fortes (^ positions d'itumilité , ^ sJEpplici^, çt, §i j'iç^ ^iqgj
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AVEC Lns DEilibi^ÊLLtïS bE LÀ (iLÀSSE HktE(l70T). iSÏ
jtdrler, d'une bietiîieuréuse petitesse, qui vous àlH-^ rera 1ë^ bénédictions dé Dieti. Ëtetidez cette sittipli- Biè Jusqu'à Vos sœur^ converses : elles sont reii7 gïëiisés, regardeï-les fet traitëz-lés côimhie vos sœilré ; n'àyéz lioiht envers elles urie fcoilduité dé ttlàttresses à l'égard des domestiques : ta reh'gion é^ale faut; U h'^ n de di^êi-ehcé que tiani l'exercice cfe Vos emplois: elles doivent faire la lessive et lés autres grc^ Ouvrages, comitië vous faites le catéchisme àUi dé> hitSisfeiles. il faut encore qu'elles vous soient soumise^ âttti^ les ctiarges cbnltne à leurs officiëres, et qu'elles âéttieliréht daris là séparation d'avec vous, marquée dàhà ^s régletiiëntsj hors de là le tndtement doit fetré unifornié étitre les religieuses ad chteilr et les sœùrë côlivcrses-, aimeS-les comihè vos scèiirS , eri tonservant pourtant la résérVe que Itt prudence doit vous ihspirer pûiir né vbils point fatrtitîariser avec telles, ni leur faire des confidences dont H serbit à craindre qu'elles h'abiisasseht. u
ENTRETIEN LX*
(Snri'mpril mal [att,el l'^uoUon de Saial-Cir. )
ITflï.
Les demoiselles de fei élasse hleùé prièrent M"' de Maintetion de leul" expliquer ce que c'est qb'un esprit de travers, contre lequel elles l'entendoient
* tetires ^'fiantes, t. V, p. 913.
352 ENTRBTIBHS SOR L'ÉDUCATION.
souvent parler. « C'est, ditrcUe, par exemple, de m point vouloir se soumettre aux règles des lieux où l'on est; d'être difficile en tout, de ne s'accommoder de rien, ni des personnes ni des clioses qu'on leur donne, ou de celles qu'on leur propose; d'être toujours d'un avis difiérent de celui des autres, de ne se soucier point de faire plaisir, guère plus de faire de la peine; ce sont les esprits qui sont contrariants et entêtés de leurs fantaisies, croyant toujours avoir raison; qui ne savent point s'accommoder au goût, à l'humeur de ceux avec lesquels ils ontà vivre, et quantité dechoses semblables qui, je suis sûre, vous déplaisent à mesure que vous me les entendez nommer. Mais cela ne suffit pas, il faut que chacune de vous s'examine et se dise de bonne foi, et sans se flatter : Oui, je reconnois en moi tel et tel travers, j'ai tort en cela, etc. , et que vous preniez toutes une bonne et forte résolution de détruire absolument en vous un défaut qui vous parolt à méprisable et si insupportable dans les autres ; et que celles qui sont assez heureuses pour sentir en elles bien de l'opposition à tous les défauts dont je viens de parler rendent grâces à Dieu, car, en vérité, elles sont bien heureuses, les vertus naturelles étant toujours les plus sûres. N'est-il pas vrai, mes enfants, que vous trouvez très-aimable et recherchez de bon cœur la société de celles qui sont douces, toujours prêtes à fajre ce que l'on veut, qui ne sont ni difGcuUueuses, ni contrariantes, ni bizarres, mais toujours égales et de bon accord? Tâchez de devenir toutes comme vous êtes bien aises de trou^'er les autres, et mettez-vous
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