‹ Entretiens sur l'éducation des fillesChapitre 42 sur 45 · AVEC LES DEHOISGLLRS DE LA CLASSE VERTE · texte numérisé non relu

AVEC LES DEHOISGLLRS DE LA CLASSE VERTE

renouvelle en si peu de temps qu'il faut aussi répéter très-souvent les mêmes choses. Je vous dis donc encore, mes enfants, que vous ne sauriez trop tôt prendre l'babitude d'être polies entre vous, c'est le moyen de l'être avec tout le monde. Ne vous tutoyez point, ne vous appelez pas tout court, défaitesvous de ces gros tons rudes et traînants qu'on est tout surpris de trouver en des demoiselles.

« Que toutes vos actions soient tranquilles, douces et modestes-, ne jetez point une porte, ni un siège, ni un livre de toutes vos forces, comme un manœuvre feroit d'une pierre. Conduisez la porte doucement avec la main, et posez de même de bonne grftce le siège, le livre et toutes autres choses. Ne passez devant personne sans faire la révérence; faites-vous-la les unes aux autres pour vous y accou* tumer. Cédez-vous le pas à une porte ou du moins faites-vous un petit air de politesse avant que d'entrer, et que ce ne soit pas à qui la fera la première, comme je l'ai souvent vu. Ne répondez jamais de oui et de non tout court -, il vous est absolument nécessaire d'y ajouter oui, monsieur, oui, madame, Don, ma mère, non, mademoiselle, etc., si vous ne voulez pas être aussi grossières que les paysannes les plus mal apprises. Ne recevez jamais rien et ne présentez jamais rien à qui que ce soit, sans faire auparavant un geste de politesse. Parlez bon françois et n'inventez pas mille mots qui ne signifient rien et ne sont en usage nulle part. Encore une fois, mes chères enfants, puisque Dieu vous a fait naître demoiselles, prenez-en les manières aussi bien que

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