‹ Entretiens sur l'éducation des fillesChapitre 6 sur 45 · EXHORTATION AUX RELIGIEUSES CE SAINT-LOUIS (I7D · texte numérisé non relu

EXHORTATION AUX RELIGIEUSES CE SAINT-LOUIS (I7D

un ouvrage agréable, il ne lui reste à le chercher que dans le jeu, la compagnie et les spectacles. Y a-t-il rien de si dangereux ? Combien de filles, sans être mal nées ni avoir de méchantes inclinations, ont perdu leur honneur pour s'être rencontrées en de mauvaises compagnies? combien voit-on de familles minées par le jeu? combien de femmes qui étoient nées sages et modérées, de qui cet amour du jeu a oiusé la perte de la réputation? J'ai connu une demoiselle à la cour, très-sage de sa nature, qui s'est perdue par là; elle avoit une telle passion de jouer, que n'osant le faire ouvertement, parce que madame la Princesse dont elle étoit fille d'honneur lui avoit défendu, elle demeuroit tout le jour penchée à une porte, passant par-dessus l'argent, les cartes ; enfin cette passion l'a poussée si loin qu'elle passe des nuits à jouer avec des gardes; elle en est devenue jaune, maigre, horrible, quoique ce fût une personne bien faite et fort aimable. Si elle avoit eu du goUt pour l'ouvrage, il l'auroit préservée de tomber dans ce malheur. »

ENTRETIEN XXII'

En l'année 1700, le temps de l'élection étant

' Lettre» édifiante», t. ^. — Recueil de» Képotuet, p. 119. < Cet ectretien a été mil dans u volume poar donner une

venu', M"' de Maintenon assembla les cooifcï?. On commença par le Veni creaior, puis elle leur dit : « J'ai à traiter avec vous, mes chères filles, de choses' d'une grande importance. Les affaires que vous allez conclure sont les plus sérieuses et les plus importantes que vous puissiez avoir à cause de leurs suites , puisqu'il s'agit de l'électioa d'une supérieure et des principales officières de votre maison. J'espère que vous ferez cette action avec autant de droiture et la même piété que vous avez fait jusqu'ici toutes celles de cette nature qui vous ont passé par les mains, car on doit vous rendre ce témoignage , que dans les rencontres importantes où la conscience est intéressée, on n'a rien à vous reprocher-, et si, dans les choses communes et ordinaires, vous n'avez pas encore la perfection que nous pourrions désirer, et que nous voyons en (ant d'autres maisons, il faut avouer aussi que dans les choses de conséquence vous vous comportez parfaitement. Quoique, depuis quelques années, vous n'ayez

idée de la vie Intérieure et des obligations de» Dames de Saint- Louis ; il se rapporte donc moins àt'éducatlon qu'à Tbistoire de l'Institut de Saint-Louis.

■ Cette élection ee flt le 3 mal 1700. Ce rut la première élection régulière, les Dames ayant atteint l'flge fiié par les conetitutions de la maison. H°'e du Pérou tut élue pour ta deuxième fois supérieure , Ma>B de jgg fut assls^nle , Mi^b de Saint-Aubin maîtresse des novices, W^' de Fontaines maîtresse générale des classes. Ho» de Berval dépotitalre. (Voir sur ces Dames les notes des Lettres sur t'Mucatioit, et sur leurs charges VHisloiye de la Maison royale de Saint-Cyr, ch. S. )

* On appelait ainsi les religieuses qui, ayant quatre ans de profession, av^ent voi^t dans les élections.

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