‹ Entretiens sur l'éducation des fillesChapitre 7 sur 45 · EXHORTATION AUX REUGIEUSES DE SAINT-LOUIS · texte numérisé non relu

EXHORTATION AUX REUGIEUSES DE SAINT-LOUIS

pas élu dans les formes, m reçu des filles par vousmêmes, parce que vous étiez encore réputées au noviciat ' , vous savez que ceux qui ont eu le droit de vous nommer une supérieure et de choisir vos sujets vous ont toujours consultées et se sont conformés à votre commun sentiment ; ainsi , on peut dire que celles qui vous ont gouvernées, et que les Qlles qu'on a reçues à profession étoient de votre choix, et que vous l'avez fait en conscience, pour le plus grand bien de votre maison. Je n'ai donc pas sujet de vous précautionner contre les cabales; mais je. suis seulement bien aise de prendre occasion de ce que je vois pour vous instruire : je sais une maison des plus régulières en apparence, où toutes les filles avoient concerté avec la supérieure ce qu'elles diroient à l'évéque, afin de s'entendre les unes les autres pour ne rien révéler de ce qu'on vouloit cacher; je suis bien aise, dis-je, de vous avertir que si vous perdiez le bon esprit et la manière religieuse et édifiante dont vous vous êtes comportées jusqu'ici dans ces occasions, ce ne seroit pas une excuse légitime de dire : On le fait bien ailleurs; pourquoi serions-nous plus retenues et plus consciencieuses que tant d'autres qui sont religieuses aussi bien que nous ? Ce seroit là un très-mauvais raisonnement : l'exemple ne fut jamais une bonne raison pour justifier un mauvais procédé ; nous aurions beau nous prévaloir de la multitude, nous n'en serions pas moins damnées

' A l'époque où la maison de la maison de Salnt-Louls fut traneformëe en monaetère : les nomlnalione turent faites alors dfreclemeut par l'évéque de Charties.

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pour ne nous être perdues qu'en suivant l'exemple des autres ; ajoutez à cela qu'elles sont bien moins instruites que vous, et qu'elles trouvent cet esprit Xout établi.

« J'espère que vous en serez toujours fort éloignées, oar si vous avez eu tant de droiture et de fidélité dans un temps où vous n'étiez point formées en la religion', il est à croire que vous en aurez une plus grande présentement que vous vous affermissez tous les jours dans l'esprit de votre état. Je ne m'étendrai donc pas beaucoup à vous parler des dispositions où vous devez être en faisant vos élections ^ vous m'en feriez des leçons, car vous êtes mieux instruites que moi ; je vous exhorte seulement à vous mettre en esprit à l'heure de la mort, et de faire votre choix en conscience, comme vous voudriez l'avoir fut en ce moment. Cette règle est commune; mws elle ne l'est devenue que parce qu'elle est excellente; d'ailleurs, étant aussi pieuses que vous l'êtes, vous n'avez besoin que d'être éclairées; vous avez des intentions assez droites pour dire celle que vous croyez la meilleure ; mais il faut que vous sachiez-ce que c'est que la meilleure, car il y a telle fille qui seroit très-vertueuse et la plus sainte en son particulier, qui pourroit être une très-médiocre supérieure,

■' Quoique la piété soit le principal, ce n'est pourtant pas tout ce qu'il faut à une fille pour gouverner, il est nécessaire qu'elle ait les autres quali-

I C'est-à-dire en la vie religieuse.

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tés requises pour remplir ses devoirs -, quand donc oa vous exhorte à choisir la meilleure, ce n'est pas toujours la plus dévote ni même ta plus régulière pour elle; il faut qu'elle soit c^able de soutenir la régularité dans les autres et en toutes choses, et sui^ tout de faire observer les lettres patentes et toutes les conditions de votre fondation; et par rapport à l'état présent de votre maison, je vous exhorte de choisir la plus affermie dans Tesprit et dans les pratiqua religieuses qui vous sont encore nouvelles. Vous avez espérimeuté combien ces pratiqua vous étaient nécessures, vous les avez établies chez vous mid^ l'opposition que nous y avions, vous et moi, et vous voyez le gtaaà fruit qu'elles ont produit. Nous n'eussions jamais pu, sans cela, établir solidement votre Institut; nous avions de très-bonnes intentions, mus le défaut d'expérience nous empécboit de savoir comment nous devions nous y prendre. Ce sont nos bonnes mères de la Visâtation qui nous l'ont ^prig ' ; BOUS 4evoDS avouer de bonne foi que nous bmr sommes redevables de tout le bien qui s'est fait ici par ces excellentes pratiques dont nous ignorions Tutilité, et je vous exhorte de plus en plus à conserva' toujoui^ pour ces chères mères et pour la maison de OiaiUot une reconnoissance particuhère, ain^ qu'un attachement inviolable pour tout ce qu'elles viennent d'établir parmi nous. Vous allez perdre un grand secours en la personne de ces saintes

■ On avait appelé, puut rormer les Damea de Salnt-Cyt i la vie reUgleuK, des filles et la supérieure du coaveDt de la VisUotiM i<ïaillot.

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filles, qui nous vont quitter dans quinze jours, et vous devez vous attendre que ces pratiques vous seront fortement attaquées. Je crains les tempêtes qui pourront se former, et que bientôt, comme vous l'a dit votre saint évêque, les pluies, les vents, les orages prédits dans l'Evangile, ne viennent souffler avec violence contre votre maison ; je crains lûème que ces attaques ne vous soient d'autant plus dangereuses que ce sera peut-être par des personnes d'une plus haute piété que vous les recevrez, lesquelles, avec la meilleure intention du monde, tâcheront de vous rappeler à votre premier état de liberté et d'éloignement pour tout ce qu'on appelle pratiques du couvent. On vous dira qu'on peut bien être vertueuse sans tant de cérémonies ; à quoi sert, par exemple, de se mettre à genoux pour écouter une réprimande de la supérieure ? ne peut-on pas la recevoir aussi bien debout ? Pourquoi ces égards si respectueux pour elle? une honnête familiarité ne seroit-elle pas aussi bonne P Pourquoi ce silence et cet air religieux que l'on a dans les assemblées capituWres? Pourquoi se mettre à genoux pour dire son sentiment? Quel inconvénient y auroit-il d'être là toutes assemblées sans observer d'ordre, et de dire bonnement et franchement ce que l'on pense? Et c'est cependant cette liberté de parler sans règle, et de dire tumultueusement son avis, qui fait que ces assemblées dégénèrent souvent en disputes, causent des divisions,- et deviennent des assemblées toutes séculières, où l'on ne voit plus aucun esprit religieux. Combien croyez-vous que cette manière

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