EXHORTATION AUX RELIGIEUSES DE SAINT-LOUIS
humble et respectueuse de s'approcher de la supérieure, cette pratique de ne se point excuser, de se mettre à genoux lorsqu'elle reprend , modère de mouvements imparfaits? Une supérieure qui voit une Ûlle humihée à ses pieds ne peut guère lui parler avee émotion, et cette posture et ce silence aident beaucoup à bien prendre la réprimande. N'y a-t-il pas une grande vertu à s'humilier ainsi, lors même qu'on est reprise d'une faute dont on n'est pas coupable? Si, par cette franchise que nous voulions autrefois entre vous, une fille avoit la liberté de s'excuser et de répliquer à une répréhension, vous verriez que cela la conduiroit bientôt à man-r quer de respect pour sa supérieure. Combien cette manière de s'avertir en charité, sans aigreur, de sang-froid, au sortir d'une récréation où l'on s'est réjoui toutes ensemble de bonne amitié, contribuetretle à bien faire recevoir l'avertissement ! Combien ce silence rigoureux qu'on vous demande là-dessus supprime-t-il de fautes ! Enfin , je ne finirois pas si je vous faisois voir en détail l'utilité et ta nécessité de toutes ces pratiques pour conserver l'esprit de religion. Cependant, elles pourront être fortement attaquées par des personnes d'ailleurs très-estimables, qui, n'en ayant pas expérimenté le fruit, auront les mêmes sentiments et les mêmes idées que nous avions d'abord. Ce sont ces gens-là que je crains pour vous ; je n'appréhende point le monde méchant, je vous vois bien au-dessus de ses atteintes.
i( Vous êtes présentement si fort affermies dans le bien, que tout ce que j'ai à désirer est que vous vous
L,.,....C()o>^lc
62 BNTRttnEHS sus L'ËIWCAflM.
iDMi)teniezeQrétatoi!ivoQsëtes;car jepuis vous répondre sur ce que vous me disiez il y a quelquesjoufs en récréation, que vous souhaiteriez que je fisse le scrutin pour voir si je serois aussi contente de votre m^on que l'a été votre saint évèque en sa visite, je puis vous dire sincèrement que je la suis encore plus que lui, parce que je vous vois de plus près, et qu'il n'y a rien à ajouter à U manière religieuse avec laquelle vous vous comportez d^ns les wticles ess«itiels; je n'ai jaisaîs taot espéré de la fondation de Saint'Louis que j'en espère pr^entement, je cnûs que chaque particuli^ se p^ectionn»a de plus en plus.
« Pour le gèlerai je ne vois rien à sm^aiter, surtout pour Ifis choses de conséquence ; je vous trouve sur cela assez régulières, car on peut dire que vmts êtes moins vertueuse dans les petites cbos^ que dans les grandes ; mais après tout les grandes attat les plus importantes, et les fautes que l'on fait dans les petites choses se peuvent ^sèment r^Htrer. Soyez donc, mes diëres SUes, inébranlables dans la pratique de tout ce que l'ona si heweusemait établi parmi vous, quoiqu'il ne smt pas conforme à nos premières vues. Nous n'avions pas dessein de faire ici des reUgieuses, nous nous contentions que vous fussiez de vertueuses séculières; Dieu a luimême conduit son ouvrage au point où il est, et votre Institut n'est pas le seul que les fondateurs aient fait autrement qu'ils n'avoient projetéd'abord. Le voici bien établi, grâces a Dieu -, c'e^ à vous à le soutenir, et remarquez bien que vous ne voyez pas