TRY OUR BEST TO HAVE IT
Je crois que vous avez un pronom absolu, mesdames, dans les phrases interrogatives : Qui est là ? Who is there ? Qui demandez-vous ? Whom do you want ? — C'est vrai, monsieur. Mais notre usage du pronom absolu se borne à cela.
Quel est le rôle de qui absolu dans la phrase ? — Il joue le rôle de sujet : Qui veut parler sur tout souvent parle au hasard ; ou celui de régime direct : Qui appelez-vous ? ou celui de régime indirect: A qui parlez-vous?
Dans ces phrases où qui absolu est sujet, le second verbe est-il sans sujet, monsieur ? — Non, mademoiselle, le sujet est sons-entendu. Ainsi : Qui est fidèle à sa parole est estimé. Le premier est a pour sujet qui, et le second est a pour sujet le pronom démonstratif celui sous-entendu, c'est-à-dire l'antécédent de qui. Aussi est-il interdit de donner un sujet exprimé au second verbe, de dire : Qui est fidèle à sa parole, il est estimé. En effet est estimé aurait à la fois pour sujets celui sous-entendu, et il exprimé, ce qui est inacceptable.
Qui relatif a un antécédent exprimé, soit un substantif, soit un pronom : L'homme qui, celui qui.
H joue le rôle de sujet ou de régime indirect. A la différence du pronom absolu il ne peut être régime direct.
^' n n'y a point de sots si incommodes que ceux qui ont de Tesprit." — La Rochefoucauld, Maxime 161.
Voilà qui sujet. Nous avons qui régime indirect ou plutôt régime d'une préposition dans la pensée de La Bruyère : " Il y a du plaisir à rencontrer les yeux de celui à qui Ton vient de donner."
Quand qui relatif est sujet il peut se rapporter aux choses comme aux personnes : '' Nous aurions souvent honte de nos plus belles actions, si le monde voyait tous les motife qui les produisent" Qui représente ici des choses, les motifs.
Mais quand il est régime d'une préposition il ne s'emploie pas en parlant des choses. On fkit alors usage de dont ou de lequeL Cest une faute de dire : La chose de qui vous parlez. Dites : dont vous parlez,
^ L'humilité est l'autel sur lequel Dieu veut qu'on lui office des sacrifices." — La Rochefoucauld, Maxime 538.
Notez cependant, mesdames, que si la chose est personnifiée, on peut employer qui régime indirect, et n'oubliez pas que les poëtes personnifient sans cesse. Dans leurs vers vous trouverez qui très-souvent, là où il serait interdit en prose. Ainsi Corneille dit :
** Trop rigoureux effet d'une aimable présence, Contre qui mon devoir a trop peu de défense."
** Soutiendrez-vous un ùAx. sous qui Rome succombe."
Et Molière :
" Votre mérite à qui chacun se rend."
Pouvons-nous imiter Molière et Corneille ? — Non, mademoiselle : suivons modestement la règle, et disons : ^ Votre mérite auquel chacun se rend."
L'accord de qui relatif présente une difficulté, mesdames, quand il est employé comme sujet. C'est un pronom, ne l'oublions pas, il remplace un substantif, ou un pronom qui le précède. Or il n'est pas toujours facile de voir ce que c'est qu'il remplace. Par exemple dans ce vers de Corneille :
^ N'accuse point mon sort, c'est toi seul qui l'as fait."
Qu'est-ce que qui remplace ? — C'est évidemment toi. — Tous avez raison, madame, cela est évident : toi est im pronom et seul un adjectif; or jamais le pronom ne peut remplacer un adjectif Toi est l'antécédent de qui, et pour cela on écrit as : toi seul qui Vas fait — Cela est-il général quand l'antécédent de qui est un pronom ? — Oui ; le verbe se met alors à la personne du pronom : C'est moi qui parle, c'est toi qui parles, c'est ncttis qui parlons, etc.
Mais l'antécédent de qui est quelquefois on substantif ou an adjectif pris substantivement. Alors qui représente ce substantif, ou le sujet de la phrase, comme on veut, et le verbe se met à la personne du sujet, ou à la personne du substantif, c'est-à-dire à la troisième personne. Les exemples rendront claire cette observation. Fénelon a dit : ^ Je suis Biomède, roi d'Étolie, qui blessai Vénus au siège de Troie." Et : " Je suis tenté de croire que vous êtes cette Miner^'e, qui êtes venue sous une figure d'homme." Vous voyez que uans ces deux phrases Fénelon a traité qui comme un remplaçant du sujet de la phrase. Mais il pouvait aussi lui faire remplacer le substantif qui le précède, et dire : '< Je suis Diomède qui blessa Vénus. Je suis tenté de croire que vous êtes cette Minerve qui est venue." — J'ai une phrase de Boîleau, dans laquelle le poëte fait de qui le remplaçant du substantif, et non pas du pronom. — Citez-la, madame. — " Êtes-vous encore ce même grand seigneur qui venait souper dkez un misérable poëte ?" — Oui, mais il pouvait écrire
comme Fénelon, et faire de qui le représentant de vous: **Etes-vou8 ce même seigneur qui veniez"
Vous êtes la seule, madame, qui compreniez : qui remplace vous. Vous êtes la seule qui comprenne : qui remplace la êcuîe^ c'est-à-dire un adjectif pris substantivement.
Avez-vous saisi la règle, mesdames ? — Nous croyons que ouL La voici: quand qui a pour antécédent un pronom seulement: C'est moi qui ai parlé, alors l'accord se fait nécessairement avec ce pronom. Quand il est précédé d*uu substantif ou d'un adjectif pris substantivement on fait l'accord avec le substantif, ou avec le sujet de la pbrase à volonté. — C'est bien. Abordons le pronom relatif qt^.
Que.
De même que qui relatif est principalement employé comme sujet, que, pronom relatif, est principalement régime direct. L*homme qui m'aime : il m'aime. L'homme que j'aime : je Taime.
Distingue-t-on aussi un que relatif et un que absolu ? — Oui, mesdames, appliquez à que ce que nous avons dit de qui. Quand il est absolu, il n'a pas d'antécédent exprimé et est neutre ; quand il est relatif, il a toujours un antécédent. Que désirez-vous? Voilà le que absolu. Voîd le que relatif: L'homme que vous aimez. Lhomme est l'antécédent de que.
Notez, mesdames, que notre que absolu n'a pas la richesse du qui absolu, et que vous avez un correspondant en anglais qui le traduit facilement, Je ne sais que faire, I I>0 not