‹ Entretiens sur la grammaireChapitre 29 sur 52 · KNOW WHAT TO DO · texte numérisé non relu

KNOW WHAT TO DO

Où est la place du pronom relatif, monsieur? — Tout à côté de son antécédent. Cette règle est établie pour la clarté. Ne condamnons donc pas les phrases qui nous présentent que séparé de son antécédent, si la clarté ne souffre pas de cette disposition. Molière a très-bien pu dire : '' J'ai des gens en

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main que j'emploierai pour vous," et " Nous perdons des moments en bagatelles pures, qu'il faudrait employer à prendre des mesures." Il est très-clair que le que d'une phrase se rapporte à gens, non à main, et celui de l'autre à moments, non à hagcUeUes»

L'emploi du pronom qtie est tellement varie qu'il ne m'est pas possible de vous le montrer dans toutes ses significations. Vous les reconnaîtrez facilement vous-mêmes dans vos lectures. Vous comprenez comme moi les phrases suivantes. Je ne sais que penser de cette affaire. — C'est le que absolu, monsieur ; nous le traduisons par what. — Je n'ai que faire

là. Cest NOTHING. I HAVE NOTHING TO DO THERE. —

Je n'ai que faire de votre pitié. — N'est-ce pas : I do not c ARE FOR TOUR PITT ? — Oui. Je n'ai que faire de vous dire que vous serez malheureux, si vous abandonnez le chemin de la vertu. — Nous comprenons : It is not necessart that I tell you, ou bien, I do not need to tell you that ... — C'est bien. — Aveugle que j'étais, je n'ai pas compris que vous me vouliez du bien. — Nous traduisons : Blind as I WAS. — Que ne m'écoutez-vous ? — Ce que est synonyme de pourquoi : nous employons why ? — Qu'il est cruel d'aimer sans être aimé I • — C'est l'exclamation : How cruel IT is!

Traduisez le que de la fable Le savetier et le financier. " Il perdit la voix du moment qu'il gagna ce qui cause nos peines." — Nous ne le traduisons pas ; nous disons : From THE TIME HE GAiNED ... — J'ai confiauce, mesdames, que vous reconnaîtrez aussi bien les autres significations du que relatif.

Il me reste à vous recommander de ne pas confondre le que relatif avec le que conjonction, — Comment les distinguezvous, monsieur ? — Le premier est pronom, remplace un nom, en même temps qu'il unit deux membres de phrase. Le que conjonction unit seulement les membres de phrase : il

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n'est nullement le remplaçant d*an nom. Donc si voua pouvez reproduire le nom qui est remplacé par çt/6, vous serez sûres d'avoir un pronom ; si non, c'est le que conjonctif que vous reconnaîtrez dans la phrase. L'homme que j'aime. Je reproduis le nom en disant : l'homme lequel homme j'aime. Mais — Je crois que l'âme est immortelle — me présente une conjonction, car ce que ne remplace aucun nom. Il est impossible que je lui substitue aucun nom. Nous passons à un troisième pronom.

Quoi.

Mademoiselle nous a dit que M. Littré le nomme un pronom conjonctif indéclinable qui sert pour les deux genres et les deux nombres. M. Littré donne le nom de conjonctifs à ces pronoms qu'on appelle généralement relatifs.

Le caractère indéclinable, neutre, de quoiy ne vous dit-il pas qu'on ne peut l'employer pour les personnes ? — Evidemment. — Et son caractère neutre vous fait comprendre aussi que son rôle dans le langage est d'exprimer les choses indéterminées. — Oui. — C'est un pronom, il remplace, mais ce qu'il remplace est vague, indéterminé, quelque chose qui n'est ni masculin, ni féminin, un neutre ; ainsi c«, rien^ tout, etc., ou bien une proposition entière^ En effet une proposition n'a pas de genre, et c'est quoi qui doit la représenter : Cest à quoi je pensais. Vous dites que Cicéron fut mauvais citoyen : c'est en quoi vous vous trompez. Il n'est rien à quoi je ne sois disposé pour vous plaire. Le Chien de La Fontaine dit au Loup, qui lui demande ce qu'il devra faire à la ferme : " Flatter ceux du logis, à son maître complaire : moyennant quoi votre salaire sera force reliefs de toutes les Êiçons." Voilà quoi remplaçant toute la proposition qui précède. Que ferait-on sans un neutre comme quoif Moyennant quiy moyennant lequel, marqueraient un genre ; or point de genre

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Tous rencontrerez quoi, mesdames, avec un antécédent déterminé. — Il n'est donc pas neutre. — Pardon ! c'est qu'alors cet antécédent déterminé cesse en quelque sorte d'avoir son genre. Il devient neutre, et c'est an reladf neutre quai à le remplacer.

Examinez les exemples suivants que je prends dans M. Xiittré, et vous reconnaîtrez la justesse de mon explication :

L'éducation des enûmts est une chose à quoi il faut s'attacher fortement. Hj & de certaines choses sur quoi on se trouve disposé à souffler du bonheur. ^* Voilà de bien belles choses à quoi saint Clément ne pense pas." — Bossuet.

Ne peut-on pas dire dans ces phrases respectivement: à laquelle^ sur lesquelles, auxquelles f — On le peut, mais je préfère cette indétermination. Je continue.

^ Cest la pensée qui fait l'être de l'homme, et sans quoi on ne le peut concevoir." — Pascal.

Sans laquelle me paraîtrait mauvais icL Et de même dans cette phrase de Voltaire: ^La somme de 39238 livres de France à quoi se monte le total des deux envois."

Quoi est absolument neutre, quand il n'a pas d'antécédent : Dites-moi en quoi je vous ai manqué. Il n'y a pas de quoi vous affliger.

Vous savez que avoir de quoi signifie avoir une certaine fortune. Quoi est neutre aussi dans ce sens.

Quoi est employé comme régime des prépositions ; je le remarque dans les exemples cités. Peut-il être régime direct, monsieur, et sujet ? — Oui. Que demande-t-il ? Je ne sais quoi. Voilà quoi régime direct. Le voici sujet : Quoi de pios heureux que ce qui vous arrive ?

H nous reste à étudier deux pronoms relatifiiy lequel et dont.

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Lequel.

Lequel, laquelle, duquel, etc., est synonyme de qui. Noua savons que qui sujet se dit aussi bien des choses que des personnes. Il est donc rare qu'on ait besoin de lequel pour sujet. On en use seulement quand qui ne serait pas assez dair. Ainsi B. Rabutin dit : *^ J'allai trouver l'homme qui m'avait parlé du mariage de Mme de Miriamon, lequel me parut dans les mêmes sentiments." Si l'écrivain avait dit qui, nous ne saurions si ce pronom se rapporte à Mme de Miriamon ou à cet homme dont il est parlé.

Mais le grand usage de lequel est son emploi comme régime indirect, car qui ne peut guère se dire des choses au régime indirect. Vous vous souvenez que je vous ai dit que les poëtes presque seuls employaient qui pour représenter des choses au régime indirect. — Oui, parce qu'ils aiment à animer, à personnifier tout. — C'est cela même. Donc en règle générale, c'est lequel dont il faut user au régime indirect, quand il s'agit de choses ou d'animaux : L'étude à laquelle je donne tout mon temps. Les plaisirs auxquels il s'abandonne.

Le génitif duquel est aussi presque exclusivement admis avec les choses et les animaux: Le cheval aux services duquel nous devons tant.

Quand une autre préposition que au ou de est jointe au relatif, il faut uniquement employer lequel et ne pas &ire usage de qui : Le bois dans lequel, le lit sur lequel, les yeux par lesquels, votre jugement contre lequel, etc.

Au régime indirect, ne peut-on pas employer lequel, quand il s'agit des personnes? — Si, mademoiselle, pour être plus dair et plus précis. A ce sujet jef vous fais remarquer le caractère très-particulier de lequel, c'est qu'à la différence des autres pronoms il s'est incorporé, si je puis ainsi dire, l'article. Or l'article a une force déterminante qu'il communique à lequel. De là l'emploi dé ce pronom pour déterminer forte-

ment. Vous voyez dans quel cas vous ferez bien de le substituer à quî. Ainsi : Voilà Thomme à Tamitiè duquel je dois mon bonheur. Jeanne d*Arc à l'inspiration de laquelle la France dut sa délivrance. L'homme auquel je donne ma confiance la mérite. — Ne pouvons-nous pas employer qui dans ces cas? — Oui, certes ; mais lequel détermine davantage.

Dont.

Il ne sert que pour les cas obliques. — Qu'est-ce qu'un eoê oblique f — C'est un cas de la déclinaison latine autre que le nominatif, le vocatif ou l'accusatif: ceux-ci sont nommés cas directs. On se sert de ces termes en grammaire.

Dont est des deux genres et des deux nombres, et s'applique également aux personnes let aux choses : L'homme, la femme, les personnes, les livres dont vous parlez. Dans ces exemples dont signifie de qui ou duquel. Il signifie 2^ de quoi : il remplace alors ce que j'appelle des neutres : Ce dont j'ai parlé ; ce dont il s'agit. 3^ Dont a le sens de par lequel.

" La beauté me ravit partout où je la trouve, et je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne." — Molière.

Les ennemis dont nous sommes opprimés. Nous avons terminé. La prochaine leçon sera consacrée à trois monosyllabes importants, où, en, y. Adieu, mesdames.

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où, EN, Y.

Ces trois petits mots jouent nn si grand rôle dans le langage, mesdames, que nous allons nous y arrêter un monient. — Sont- ce des pronoms, monsieur ? — Vous me le direz peutêtre tantôt vous-même, mademoiselle. Examinons-les.

Où vient du latin ubi, adverbe de lieu. Les Latins avaient ubi pour le lieu où Ton est, QUO pour le lieu où Ton va, UNDE pour le lieu d*où Ton vient, et quX pour le lieu par où Ton a passe. — Où est donc, d'après son origine, un adverbe de lieu ? — Oui, mademoiselle. S'il a un autre caractère, ce sera par un détournement de sa signification primitive.

^ (je ne parle pas ici de la préposition en) vient du latin INDE, qui signifie de là, — ^n est donc aussi un adverbe de lieu? — Il n'y a pas à douter qu'il n'eût originairement ce caractère : Allez-vous à Boston ? J*en viens. Cest-à-dire, je viens de là, inde.

Ta, pour étymologie ibi, là. J'y vais, c'est-à-dire, je vais là, ibi. Le premier sens qui s'accuse dans le mot y est donc encore celui d'un adverbe-

Le dictionnaire de l'Académie nomme y nn adverbe relatif. Nous pouvons considérer, dans leur premier sens, nos trois mots comme des adverbes de lieu qui sont en même temps deft adverbes relatifs. Ils sont relatif parce qu'ils établissent nnb relation, un rapport entre deux membres de phrase. Con-

naîssez-YOns Boston ? Ty demeure. J'ayez-yous été ? J'en viens. Dites-moi où yons allez. Le y de J'y demeure met en relation cette phrase, ou ce membre de phrase, avec Connaissez-vous Boston ? Le y de Y avez-vous été ? établit un rapport entre cette phrase et celle qui précède : J'y demeure. Ou met en rapport Vous allez avec Dites-moi.

C'est ce fait que où, en, y sont relatifs, qui a amené à les traiter comme des pronoms relatifs. Du reste ils remplacent souvent les pronoms relatifs. Il est donc juste de les traiter comme pronoms relatifs quand ils jouent ce rôle ; souvenons-nous seulement que d'après leur étjmologîe et originairement ils sont adverbes. Pour bien comprendre la valeur de ces mots il faut donc partir de leur signification adverbiale. N'y manquons pas.

Où, UBL Son premier sens est interrogatîf. Dans notre langue il exprime les quatre questions de lieu des Romains UBi, Quo, UNDE, QuX. OÙ dcmeurez-vous ? où allez- vous ? d'où venez-vous ? par où avez-vous passé ? — Where joue le même rôle en anglais. — Oui. Laissons tomber ce sens interrogatif de où, en formant ce qu'on nonmie une inteiTOgation indirecte, et nous aurons où dans son second rôle : Ditesmoi, puis-je savoir, je voudrais connaître où vous demeurez, où vous allez, d'où vous venez, par où vous avez passé.

Mais si nous faisons encore un pas pour suivre le mouvement de l'adverbe où, nous le trouverons changeant de nature, et devenant le remplaçant des pronoms relatifs, et en conséquence un pronom lui-même. Nous discutons ensemble une grande question controversée ; vos arguments sont puissants et vous allez triompher, mais voici un point' faible que j'aperçois dans vos raisons et je vous dis : Voilà où vous vous trompez, madame. Cet où signifie en quoi. Il remplace donc le pronom quoi avec la préposition qui l'accompagne.

Ce sens est très-voisin du sens primitif de où, monsieur, et je ne suis point étonnée qu'on y ait passé. Ne fait-on pas la

même chose quand on dit à quelqu'un qui raisonne faossemeut: Je vous arrête ici? — Voire remarqne est juste, madame ; les peuples sont raisonnables dans leurs déductions. Avançons et nous trouverons où remplaçant lequel avec sa prépoiiitioD, quaud il s'agit de lieu: la ville où nous vivons, pour dans laquelle nous vivons. — Ce n'est guère différent du premier sens de notre adverbe. — Non. — On a généralisé i;et emploi de où pour lequel, et l'usnge s'est établi de l'employer même qunnd il ne s'agît pas d'un lieu. Le temps où noua vivons, pour dans lequel,

" La mort ne surprend point le sage ; Il est toujours prêt El partir, S'étant su lui-mêine avertir Du temps où l'on se doit résoudre à ce passage."

La FoNTAiirE, viil. 1.

" Chacun a son dé&ut où toujours il revient."

la. iii. 7.

Entîn la langue va plus loin et emploie où, même quand il s'agit des personnes ; il remplace dans ce cas à qui. en qui, cic. C'ci>endaDt il faut reconnaître que cette signiticatioii est tris-i-kiigaée du sens caractéristique de ou. L'idée de lieu ne peut \i3a nous y conduire. Aussi je vous recommande de ue pus fiiire cet usage de o^. Il était rare même au XVII' Biî-'de. En voici un exemple dans Bossuet: " Le premier de tous les peuples oîi on voie des bibliothèques est celui d'Egypte." Molière a écrit: "Le véritable Amphitryon est l'Amphitryon où l'on dîne."

Je piLsee à l'adverbe en. H est adverbe avant tout, signifie de là, iHDE. C'est exactement la réponse à la question latine CNUE, d'où; D'ob venez-vous? Venez-vous de Boston? Oui, j'en viens. Et înterrogativement, En venez-vons ?

Un grand nombre d'autres significations dérivent de cellelà, et l'adrerbe devient pronom relatif.

Comme pronom, il remplace nn nom, lequel est 1° un neutre, ceci, cela, cette chose ou ces choses, toujours précédé de ds : de ceci, de cela, etc. : Cette question est obscure, l'explication en est difficile. Savez-vous cela ! J'en ai entendu parler.

2^. Ou bien une personne, et signifie : de lui, d'elle, d'eux, d'elles. Molière dit du médecin : ^ Le bon de cette profession, c'est qu'il y a parmi les morts une honnêteté, une discrétion la plus grande du monde, et jamais on n'en voit se plaindre du médecin qui l'a tué." On ne voit de mort, ou on ne voit aucun deux.

3°. En remplace toute une proposition qui précède :

^' Si la curiosité me prenait de savoir si ces propositions sont dans Jansénius, son livre n'est pas si rare ni si gros que je ne le puisse lire tout entier pour m'en éclaircir, sans en consulter la Sorbonne." — Pascal.

Faut-il vous parler de la place de en dans la phrase ? — Non, monsieur, la pratique de la langue nous l'a enseignée. — Oui ; cependant voici des exemples qui résument tous les cas. Je parle de fleurs : J'en cueille, j'en ai cueilli ; cueilles-en, cueillez-en, cueillons-en ; n'en cueille pas, n'en cueillons pas ; je vous en ai cueilli, je lui en ai cueilli ; cueillez-nous-en et donnez-nous-en; donne-m'en, donne-leur-en et donne-t-en à toi-même.

Remarquez que quand en est joint à ^, il se met toujours après y.* Y avait-il de vos amies au concert ? Je n'y en ai pas vu, je crois qu'il n'y en avait pas, je souhaiterais y en avoir ▼u. Allez-vous au concert ce soir ? Oui, je m'y en vais. — Pouvons-nous dire j'y vais? — Sans doute, et c'est autre chose ; je vous donne seulement le cas de en et y réunis.

H nous reste à étudier y,

1°. Il est avant tout adverbe, je l'ai dit, puisqu'il représente IBI là. Allez-y est synonyme de allez là, dans cet endroit.

172 BNTBETIENS SUB LA GRAMMAtRB.

Comme en répond à la question unde des Latins, d'où, y répond aux questions ubi et Quo : Où est-il ? Est-il ici ? il y est. Où va-t-il ? va-t-il à New York ? Il y va. Et aussi interrogativement, quand le lieu a été nommé auparavant : Y est-il ? y va-t-il ?

2.^ Après sa première signification adverbiale et étymologique, y, comme en, passe tout de suite à son sens pronominal. Il devient pronom relatif. JSn signifie d'abord de ce lieu, et puis pronominalement, de ceci, de cela. De même y signifie d'Hbord en ce lieu, en cet endroit, et prend ensuite le sens pronominal, en ceci, en cela, en cette chose. Je parle de Tlliade : tout y prouve Tunité de composition. Voltaire dit: "Une mouche, ayant vu un jour une hirondelle, qui, en volant, emportait des toiles d'araignée, en voulut faire autant : elle y fut prise." Elle fut prise en cela, dans cette chose; la toile d'araignée.

3°. On s'éloigne ensuite du sens étymologique de y, et de même qu'on le dit des choses, on le dit des personnes. Nous avons noté le même fait dans l'emploi de en : Vous admirez beaucoup le génie de Macaulay ; pour ma part j'y en vois peu. C'est-à-dire je vois peu de génie en lui.

Voilà deux significations pronominales de y, où entre la préposition en, comme elle était dans l'adverbe : en ce lieu ; en ceci, en cette chose ; en lui. Dans un nouveau sens, le en de la signification adverbiale disparaît et est remplacé par à. Y pronom signifie donc 4^ à ceci, à cela, à cette chose, et 5^ à lui, à elle, à eux. Voici des exemples des deux cas : vous le dites et je n'y contredis pas. Je ne puis oublier mon malheur, j'y pense toujours. Vous pensez trop à lui ; n'y pensez plus, c'est un ingrat. 6°. Y, comme en, peut représenter un membre de phrase, ou une phrase entière. Mme. de Sévigné écrit à sa fille : ^^ J'achève tous les livres et vous les commencez ; cela s'ajusterait fort bien si nous étions ensemble. Ah ! ma bonne, c'est dommage que nous n'y sommes quelquefois du moins."

7^. J' signifie chez quelqu^un ou avec quelqu^un : Demeurez* vous chez votre frère? 3*y demeure. Je ne reçois pas aujourd'hui, je n'y suis pour personne.

Quant à la place de y^ je vous l'indique par ces exemples : Nous allons au théâtre, venez-y avec nous ; nous n'y allons pas : je vous y conduirai ; menez-m'y ; vas-y, et j'y irai ; mènes-y-moi ; je t'ai dit que j'y irais. On supprime souvent y dans cette dernière phrase pour éviter l'hiatus. C'est une fausse délicatesse d'oreille.

Nous aborderons demain le pronom indéfini. Adieu, mesdames.

174 ENTBETIENS SUB LA OBAMMAIKE.

xvn.

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