‹ Entretiens sur la physiqueChapitre 12 sur 26 · GÉOLOGIE · texte numérisé non relu

GÉOLOGIE

CeUT NEUVIJ^MB BNTRETlIiW*

JVlt. de P. Nous allons f^ommeticer la Géologie « dont Tidëe est peut-être la plus hardie que Thomme ait ja** mais conçue et exëcutëe. Vous connoissez à présent Técorce de notre globe ^ au moins en grand. Vous avez vu quelle complication d'élemcns^ de formes^ de textures, de structures et de gisemens cette ëcorcc nous offre, et vous concevez quelles difficultés nous devons rencontrer dans la recherche des phénomc^nes et des lois qui ont piésidé à cette formation. Aussi n'espérons pas que la théorie réussisse à expliquer, à construire en quelque sorte, tous ces détails, et soyons pour le présent satisfaits d'aperçus généraux qui lèvent un coin du voile qui couvre ces mystères de la plus haute antiquité»

GfiMT VBtJtlâiCB SMtBsiqqrë ^^^

Mr. de L. Las tuun^ de l'^tirtou^ d# I*bfffnine noiia offrent tant de làcunéi que £if yefoît If pl||t grmdf témérité de Toalôir lire toui lei détails 40 T^Çiff df la Nature dans le» archive» maett qu'elle i^ptif § lai/iKif^ et nous deirons être bien tati^faits d'aypjr d$f ip^f (n^ généraux, poutvâ qu'ils soiedt justé^^

Mr. dé P. C'est à quoi noqi epipjft^ni tmtes las connoissàncé^ que nous offren|t }# B^çaiMqiief la Physique et là Chimie* Mais co^jneQçoiis per nii coup^'oeil Mpide sur ce que nous derpiis k net pré^

décesseurs*

Les Aûtiens ëtoient^ eA fait dé qr^^^^^ 4$ ffêté Grossistas^ dëdaigoant tout détajl#^ Notre gtpbjB bA^ même leilf par oisioit tfop petit pdHr Iffun )i#Mi iifHh ceptionsj Epicute ^ pat et i aiouà dit pre^qi^e /^'«p sful mot GOftinient l'Univers sW fornii^* ]L^ tOu(^ INlWji lui ^ n'étoit composé que d'utomep i^ ig«|ho}#4t 4# toute éternité. Un hiiiuird illterrpf|iipi( c#tMI ^ûtf ft fit quel \m atomes s'aectochèrepijt ifss m9 9m 4v^(M pour former lei mondes^ 0'4¥trfs philoMpbfff SPci^W admettoiept qoatiyf élémMs qi|l Éofiflc^t MPfravwH on càhos^ toi pesanteul^ Spééjy$qusl t^i^ #^ le|p ^fi^

ger< la teite en bas^ pupa l'e^# piiif rair^ pidf hifi*i

Mde. dé Lé U mé semble qVËpieure nous a laissa le cahoi daps soit e9cplicatJon« Quelle distanee de tes notions k sMéê d'auiontd'kui !

Mh dé Lé Cette distanèe m*é(oiiiièrolt moins que U témérité de pareilles Aédries^ si fe né sa vois que riiomme, le Mf aftt tout aussi bie« q«e l'igeorantf erojl d'autant pins savéir qn'il sait anoins.

6^4 CBHr NEUVIEME SMTHETIElf.

Mr. de P. En effet oh « dabotd commencé par vouloir expliquer la. Pormation de tout l'Unirers; puU on a eu la modestie dé ne vouloir former que les planètes de notre sjrstèMé solaire, et enfin seulement le globe terrestre entier; aujourd'hui l'on se borne à chercher les phénomènes et les lois à qui dous devons l'état actuel de técorce de nôtre globe.

Descartes 9 qbi à voulu tout réformer, a réfordié également le système de création des Anciens, sans an reste se frayer une route .proprement nouvelle; car son système est de la Mécanique toute pure. Toute la mfr< tière, selon lui, formoit autrefois un seul bloc immobile. Il plut au jour à la Divinité de briser ce bloc et d'imprimer aux mocceaux le mouvement. II en résulta le frottement, qui usa ces morceaux et produisit des particules de différente gtoseur. Les moins frottés conservèrent leurs angles et formèrent la matière gros-^ ëière. D'autres, frottés davantage, devinrent les mo/lécides êphériqueê à qui leur auteur donne le notti ttéther. Enfin les plus frottés fournirent la matière èuh^ tile. Descartes assigne à l'éther un mouvement de tourbillon^ qui, selon lui, est le principe de la pesant teur et du mouvement diurne et périodique des astres. La matière grossière forma les planètes et les comètes^ la matière subtile le soleil et les étoiles fixes , et Téther donna le mouvement aux unes et aux autres. Après cette création générale Descartes en vient à la Terre. Elle étoit autrefois une étoile fixe, munie d*un tourbillon particulier. Mais comme elle contenoit par Iiazard une portion de matière grossière^ elle déchut de ce rang élevé et le soleil s'empara d'elle, lui assignant une

■pUei ditiu ion toiirbillôn. tik miiitiré gtcnnkriS forma une iAa»e aolide et opi^né, qui renfenna le feu central. Ce feu eetitràl lépan la matière U plus grossière de h moinsgroliifrrei dont la t^coode devint t'oeéaa • et ta première la terre fiAtne, qui te trouva d'àliiord inr l'eauj (nais «e rompit pn- la suite, â'edfonça en grande partie et ne coaierri que dA «oAmità qui tbttt nos cohtiaenu et ùat aiont«gnei< Le fmi central est l'agent des Tolccûs.

Mr. âè&> Quelle niysiqdeï

Mr. de P. Celle du ^îx septième siècle. Quelques années auparavant un Ecclésiastique anglois, Thomas Bornée, avoit publié, en i6St, le premier systèmef géologique fondé sur fa' Aafratiôn de Mo^se. Le globe terrestre étoity daât £e système, th eâkat liquide, coitïposé de toute sorte de matières. La graritatioiï les prédpïiir dans Tordre de Teuitpwa'ntënr spécifique, la terre au milieu et formant le àoyan , l'eau par desstU et cùBn t'aifi 04 dernier dtii deux fluides cooteooit beaucoup de pSttiei huiletUes qui le reâdoient opaque j la terre était donc enveloppée de ténèbres. Les p'irtiet buîlenses se prégrpitèrent enfin et l'atmosphère devint transparente. C'est Ce que Moyie exprime par ce mot célèbre et sublimer Dieu dit que la lumière Hnf, et la lumière fia. Ces pmies IniDeusesj précipitée sur l'eau 4 fbnnèrent la tur^ice de la Terre, qui alors étoit parfaitement ronde, MDa océan, sans montagnes ni vallées, la démente bienheureuse,' le paradit, d* rhamamté aloT< encore innocenta.

J/r. de L. ^Tâcmu Birtnet étoit dé, je parie.

6^4 Oiorr «EorubcE smrhsaasau

danf im ptys plat et bourbeux, puis qu'il troava le sonrerain bonheur dans ce bas inonde à habiter une terre sfiis mery ni montagnes, ni vallées dont le sol n'est q^e de l'huile épaissie» Comiiie en outre un globe parfaitement sphérique ne peut pas avoir de fleuves^ puisque tout est au même niveau < les eaux ne peuvent s'ëcouler nulle part, la pluie doit rester en place; et le vrai bonheur de l'inBOcence a du consister à se vautrer dans la fange* Quant à- moi, je suis charmé que nos premiers parens aient péché, puisque, selon Burnet, leur faute nous a apparemment procuré les montagnes et les vallées, les fleuves et l'océan.

Jdn de P. Le bon Thomas ne s'est pas expliqué clairement, la-dessus. Mais il prétend que cette cfdute huileuse s'^!^t desséchée pendant 1600 ans, au bout des ^els il se forma des crevasses qui la firent tomber dans Teau, emportant aved soi beaucoup d'air. Cette catastrophe fit monter Teauf produisit le déluge et forma plusieurs cavernes pleines d'air, dans les quelles enfin Teau se retira en partie et laissa nos continens d*auîourd'huj à sec«

Mr. de R. Selon ce système la partie visible de no^re Terre ne devroit être composée que de matières inflammables, comme les houilles et les bitumes. D'où viennent donc toutes les roches, le granité, les schistes, les porphyres, les roches calcaires etc. qui assurément ne sont pas de l'huile durcie?

Mr. de G. C'est, Je pedse, le moindre reproche à faire à ce système. Celui que fe lui fais, que je regardç cqmmç I9 plu# gcavet, c'est Tinconséquence,

CE.NT NEUVIÈME HKIRETtSa. 677

c'est d'être contraire prwqueen tout point ï !■ narrttion de Moj&e (jui devoit lui servir de fondement.

Mr. de P. C'est le cas de toutes les hypothèse» gi^ologiques que l'on a voulu baser sur ce r^cît de la cri'jilîon. Toutes en outre donnent un sen» arbitraire n<\\ fxpresuons de Moyse et fabriquent à volonté de» H;ini)ues qui doivent avoir été désignées ptr lei' lit îour«.

Mde. de X, Je trouve que messieurs les Physiciens ont eu très tort de se faire interprètes des saintes écritures. Ce livre sacré n'est pas fait pour exercer la subtilité de leur esprit et de leur imagination, tuais pour nous conduire sur la voie du temiment au Créa-

rr, à qui nous sommes redevables de tous les biens. Mr. de P. Leibnitz traita bientôt après, en 169"^, cette matière avec beaucoup plus de Logique. Ce grand Philosophe admet que la Terro étoit autrefois un corps fondu et brûlant. L'époque de son réfroidîsietnent jusqu'au dessous de la chaleur rouge est l'époque de la création. Les scories boursouflées, qui en résultèrent, formèrent la croûte du globe inégale et montueuse. Aussi longtems que la chaleur fut au dessus de celle de l'eau bouillante, l'atmosphère contenoit toute l'eau en forme de vapeurs et les sel» que celle-ci tenoit en dissolution. Le dernier refroidissement précipita l'eau et le» sels qui formèrent l'océan. C'est à cette époque que furent créi-s les aoi> maus de met et de terre. Mais ce refroidissement, pénétrant petit à petit l'intérieur, la croule du globfe'iti etéfual; là où là mer la courroit, l'eau lê [trécrpîtà

6^3 CE5T KEUTIEME EKTRETXBV.

dam les earemes et laissa à sec de grands espaces défa peuplés de coquillages et de plantes marines. Les boursoa.'Sures les plus ê!eré«s, cjui formoient les monta^oes primitives, cpilèreot a !a même actioo et tombèreot dans les gouîies qu'ils couvroieot auparavant, et qui sVtoieQt remplis d'eau; ce qui fît remonter le niveau de la mer par dessus le continent et produisit le déluge. D'autres boursouflures ou cavernes, céJant plus tard à la même action du refroidissement, offrirent de nou? veaux espaces vides à l'ocëan, qui, en s*y retirant, mit de nouveau le continent à sec.

Whiston part d'une idée toute différente, que vous ne devineriez guères. La Terre e'toit autrefois une comète, dont la queue contenoit toutes les matières q«e nous trouvons aujourd'hui à sa surface. La main in Créateur la plaça au rang des planètes et la queue ae précipita sur le noj-au d'une manière si turbulente m il en résulta les monts et les vallées. L'atmosphère at devint que peu à peu transparente. Selon lui chaque foBT du récit de Mojse est une année pendant laquelle S opère ce que la Bible raconte avoir été fait dans un

Jfr. de G. Comme cela est ridicule! Si le ToutisfïMiT'* • P** consommer par une suite de miracles la l^^y:j ,n ie la Terre en six ans, pourquoi pas en six ^ Quand cesserons-nous d'attribuer notre petifoiblesse k l'Etre suprême?

'gR.kP' Ce n est pas tout. Winston ayant fini à "îi^iHuiMw^ construire le déluge. Pour cet ef*

S*' kimsMVBt comète fort près de la Terre. Sa

CEJNX IIUJTIÈMB SNTEBriBN. 679

queue éleva Teau de I^ mer qpi cpuvfit les continents et la laissa retomber en s'éloignant; ce qui fit reparoitre la terre ferme, mais déchirée par l'inondation et parsemée de productions marines.

he Comte C. La chose n'est pas impossible, si nous attribuons au noyau de la comète ce que Whiston attribue à sa queue.

Mr. de P. Ce qu'il y a de plus singulier, c'est ^ue les Astronomes ont trouvé une comète dont le cours et la durée c}c la course sont tels qu'en effet cet. astre peut avoir alors (d'après la chronologie de la Bible) presque frisé la Terre» Malheureusement cette belle hypothèse s'accorde peu ayec les 340 jours que le ilëluge a duré, la Comète qe pouvant avoir fait unséfour assez long dans notre voisinage pour pioduire un effet d'aussi longue durée.

L'abbé Pluche a fait intervenir l'Astronomie aussi mal ^ propos pour expliquer le déluge. Selon lui la Terre étoit d^ns iiqe position différente de celle d'aujourd'hui. Son axe étoit perpendiculaire au plan de l'écliptique, de Sorte qu'il e^is(o}t partout une égalité parfaite de saisons. Le Créate^r tf puv^ bon de lui don-, ner brusquement la position actuelle, et l'pcéan qui, à causQ de sa fluidité , ne put pas participer si vite à ce mouvement, submergea tous les continents et les Uissa en suite à sec.

JLe Comte C. Si ces messieurs ont besoin à tout moment de l'intervention immédiate du Tout- puissant, vaut mieuiç nous en tenir tout simplement à la 3ible et dire : Dieu a fait ceci, Dieu a £ait oela. Une «xpljca-*

tioA étk té fphief sur 1^ ioU de la Nature «c non sur déi IBJrâdët.

Afr. <fe Zr« Et si monsieur de P, contixwie k nons régaler de cet r£vet, je finirai par croire iju'îl ne Teuf f^e iioiA fUis^metf

Mr. de P. JaToue qae tous cet proniaoa |se m'a-» musent pins depuis longtems; mais je vons en devois fésquuse, à TOips furtout, mon Géq^ral, qui aiinei à anirre les progrès de Tesprit huniaio* Consoles tous an resté; nous so^imes déjà ^infét ^u dix hiiitièi^e siècle,

En 1739 Bourguet noqs remmena a Tobsenretion dans son explicatieii de Torigine des montagnes et des yatléiM. Il npiis fait remarquer que lepr ar« rangement a quelque reuemblapce arec -des ouTra« ges de fortification» ou plutôt ayec les sinuosités des Ûeures; d'ôà il conclut que ces angles saillants et rentrants ont été prodifits.par de yiolepts courants d'eau. En effet nous retrouvons presqiie partout des restigea de ces courants.

L'Italien I^azàro M oro ressuscita le feii ceqtral de Descartés, sans au reste en expliquer l'origine. Ce feu, Talimènt des volcans» souleva la croûte du globe toute couverte alors 4'un océan de 175 toises de profondeur, et produbit lés montagne^ et les continents. Sa force expansive occasionna des crevasses et des déjections, ^ti produisirent la tahire de la lûner et donnèrent à cette maae d^eau ta faculté de conserver et de nourrir des plantes et des aniMiui. ILét derniers soulèvement delà erèuie do gloèemirèDe i iM d)M pinëM Émxékriê

ÇE$T NBUTnàlfB BliTRETIBlf* 68 <

couTisrU par In mer { 4e Ik les prodvctionf meHnes tron- T^ef dans dos montagnes.

C'est en 1777 que parut le système de BuflFon , qni par la hardiesse des idées, par la richesse de Timaginatiop et par l'esprit observateur, dont il brille, laissa bien loxp derrière lui tous les travaux ëpbéinères qui Tavoient prëoédé. En effet Buffon ëtoit alors de tous lei scrutateurs de la I<^ature celui qui, joignant a un génie (fmioept le plus de conpoissances en Histoire naturelle, en OëognosiOi en Physique et en Astronomie, ëtoit, pour ainsi dire, appelle de droit i^ nous parler de la formation de pojre globe» d'autant plus qu'on voit qu'il fâchoit de ralleut{r la marche rapide de noï^ imagination par de nombreuses expériences et par le calcul, afin de ne pas dépasser Içs bornes de la réalité ou a4 fpoins de la traisemblancer Le style classique et éloquent de ce grand Naturaliste se joint h toutes ces rares qualités pour faire de ses Epoques de la Nature et de son diê^ cours êur la théorie de la Terre i|n travail dppt l'esprit humain s'bopprera toujoursr

QuISTon eommence par assigner rorfgin^ dés plainètés. L'observation si connue que ces astres se niéu-

vent tous dans le même sens et dans des orbites qui h'embràMènt qn'pn espace dé 7} degrés de largeur 1 lui suggéré l'idée qu'une grande éomète heurta le ^oleil obiiquementi en détadia et lança différentes porUooë, qui , se réunissant sur divers centres , foi^mèrent notre système planétaire. D'après lés donnéel astronomiques d^albrs 3uÉFon évalué cette portion détachée è ^f ^ dé la massé du soleil et construft, au moyen de ce choq et dé' Ugràfiiêûon^ ]i miiJSttt piRptiqûé des ptanètei tf HMf

Gtfa CENT 2SBUV1EUS fiNTUBTUQf.

rotaiioli sur leur aice, Pefsonpe ne doutoii 4lors que le foleil ne fiit une maise enllammée et jusqu'à un certain point Huide; BufFon rlîit donc supposer que les pUpètes te trouvtTent dans le qicaïc ctat, d*oIi H déduit ienr figure sphcrique. Ces masses se sont réfroidief petit a pelit et le grand Naturaliste admet d*apr^*s une suite d'expériences faîtes à ce sujet que U Terre a conservé la chaleur rouge pendiint 5ikx> qns et qu'il a fallu 34fOOQ ans pour la refroidir ju&ques ^u dessous de la chaleur de l'eau bouillante. Ce refroidissement continue et llnir4 par nous ammener au degré de congélation,

Mde. de L. Que dites-vous là, monsieur de P.? Je me déclare contre le système deUuflfon; je ne yetix pas être transformée en une statue de glace.

Mr. de P. Peut-ril exister, madame, un plus bel enterrement? Qn est sûr d'être conservé parfaitement, ^aqs altération des traits ni de la couleur, avec toutes les grÂpei des forfiies, et peU pour toute l'éternité. Au reste, consolez vous. Ni vous qui craignez ce sort, ni moi q^i le trouve ravissant, n'y participerons pas, BuCfon recule cette belle époque malheureusement à 93,000 ans à dAter dt| jour où il écrivit cette page de son ouvrage. — Mais voyons en attendant de qnelle manière il fait passer notre terre de l'état d'une niasse brûlante et fondue à celui qu'elle a aujourd'hui. Le refroidisse* iTYPnt a du causer des creux et en même tems des excroissances. Les scories et boursouHlures, que nous observons daps de petites masses fondues et refroidies, deviennent pour une masse comme la Terre des montagnes et des cayerneSf (I en résulta de même des cré«

ccin* vBinriBiiB svthetibn, 683

yaues, aa traven des quelles U chaleur interne t ublima les métaux et d'futre» matières solides. Voilà les Ulops* L'ocëan d'aujourd'hui formoit avec l'air une nue ^tmos» sphère immense. Dès que le refroidissement eut atteint une température au dessous de celle de l'eau bouillante, ce^te eau se précipita et forma un océan à qui Buffon donne aopo toises de profondeur, et ne laissa que les sommets des plus hautes montagnes à sec^ Ainsi voilà la possibilité des productions in^rines à de très grandes hauteurs.

La continuation di| refroidissement intérieur a du /causer de nouvelles crevasses au moyen des quelles l'eau a percé dans les cavernes qui, se trouvant encore a un tr^s haut degré de cl^aleur, ont cf^angé subitement )*e3u en vapeursi dopt l'élasticité 4t sauter les coup^^les de cfes c^v^&rnesy De Jà les bpuleyersseicens que nous observons d^ns les couches de rpdies. pès le prerpier niomept de sa précipitatipn l'pcéan a di) exercer une action chiinique sur les inatières de là surface solide; cette ^ctioi^ {ointe à r.aofiop nféçanique des coiifa^ts prpdigieux i|i)i durent isvoir lieu lors^up les caye^iief firent déchirées et remplies d'eau , explique les déyasr tétions qpe poiis recoqpoisspps être dues à l'eau, ces sillpps énormes que i}pus oflre l'aspect c}cs n^oi^tagnes, )es vallées , les terres de transport etc.

]Ja position de notre terre vis à vis du soleil fait qil'au jourd*hui les régions boréales et glaciales sont couvertes de gUces. A)ais lors du refroidissement il doit y lavoir eu une époque pb ces régions avoient la tempe? ratuTie qu'ont f présent les régions équipo^pales, Ainsi

y84 CBNT HSUTIÂMB BRTAfirrBIf.

les éUphêntf les rhinocéros, les tapirs, et antres animaux, (|ni de nos fours ne rivent qu'entre les tropiques, ont pu et du vivre dans les contrées les plus proches des pôles, tandis que les environs del'équaieur n'ëtoieot pas enoore habitables par leur chaleur excessive.

Mr. de Ts. Ma Femme regrette sûrement de n'a» voir pas vécu dans ces beaux teuis de {adis et est à présent BulFonienne.

Mde. de L, Probablement pour vivre avec les rhinocéros, ai| lieu de vivre avec vous, mon cher piari, qui ne voulez que cfes glacières?

Mr. dm L. Vous n'eussiex pas perdu au change.

Mr. de P. Ce système de BuflPon, frappé assurément au coin du génie et d'une vérité apparente, a été attaqué avec passion. Les observaiîons géologiques postérieures, la Physique et même l'Astronomie, se sont réunies contre lui* Et cependant il se conservera dans l'histoire de la Science tai^t que la Science aurft dea hommes de tête capables d'en sentir lés beautés, ces beautés ne fussént-éllès que des beautés de roman. La petitesse seule déprise Je génie.

L'imn>orteI Franklin entr^ dans la lice géologique à peu près dans le même tems que Qi^ffon, avec une idée nouvelle. Il suppose que tonte I9 matière de nôtre Terre étoit iiutrefois en forme de gaz ou de vapeur, répandue datu l'espace; que cette matière, soumise à la loi de la gravitation, a dd foriner une sphère dont l'intérieur a une densité qui surpasse même celle des mé^ tiux. &i eSét ai l'on suppose notre atmosphère proli ^

CBHt VKUVIBIftS SKtaBTItSH. 685

gë« vers le centra èeulemént fusqo'à une profondeur de ja Uenes, l'or nagera aur eUe comme le boii sur Teau. Cette matière^ lirrëeà Taction chimique, a dû, selon Franklin, former des dëpou solides^ et des dëpots li* quides, qui sont nôtre Continent et notre océan d'au* {ourd'hui , et qui n'ont pu ^ en vertu de leur peu de pe* sauteur spécifique, se loger qu'à une petite profondeuTi où ils ilotteroient s'ils ne formoient pas une maMO continue. Ainsi dans cette hypothèse notre globe terrestre n'est composé que d'une ëcorce solide, qui a un noyau de gax d'une très grande densité et une atmosphère d'une beaucoup moindre densité.

Mn de T. Ainsi nous bottons entre devat gait po« sition Un peu critique!

Jkln de P, Asurément^ et d'autant plus critique pour tout autre que pour un brave comflie vous, que Franklin nous dit que, lorsque ee globe reçut l'impul* sion qui produisit son mquvertient éiurne et àpplatit les pôles, cette croûte dût nécessairement se fracasser et que des productions de vapeurs dans l'intérieur, dont nous ne pouvons pas assigner la cause, occasiomtént des ondulations dans le noyau gajseut, qui font tréidousser et même crever de grande^ parties de la croûte sur la* quelle tious vivons et causonf ^ Vous voyeaî que dette ar« chitecture de notre globe doit expliquer et les boulever* semens qu'ont éprouvé les continents d'ilutrefoia et lea trembtemens de terre d^aufourd'hui.

Mdeé de L. Le grirpd FranKlifi eût h^autôujf imçux fait dfi iious dqpi^^p une fMiètè ^fl^$ solide^

w86 CBMT KBUTlÂtfB KMUirrilUl.

triaqnille là-dessus 4 étant en ëtit de protfTfir tattli^ initi<}Uenient qu'il est impossible (|Q*une portion de ma^ tière en forme gtxeose se réunisse fumais en un corpi sphérique, s'il b'etiste dn noyean solide on an moioi liquide, qui serre de point de ralliement aut particules galeuses , et que parconsëquent toute l'hypothèse de Franklin n'est qu'un rêre.

Mr. de T. hie théorème Aé Neiirton ,- qui jirouve que la pesanteur au ceittre de la Terre \t%t égale à zéro et aùgrilerite de là vers la drconfërénce, m'a d'abord rendu l'existente d'une sphère de çflz très suspecte.

Le docteur écossois Hutton admet un océan et un continent primiiils. Les masses de celui-ci se tron- Toient au fond de l'eau, oii le feu central ou volcanique les mit en fusion et les éleva ensuite par sa force ezpansive au dessus de l'océan. Ces opérations se continuent endore sur la masse de terrains délités que les

fleuves charient à la mer et produisent parles tévolutiods qu'elles oc^casionnent divers changemens dans la droufe de notre globe. Ainsi dans ce système^ qui a eu de son tems de la célébrité et l'éloquent Docteur Play^^ iair pour protecteur ^ toute notre terre ferrtie à éprouvé l'action du feù et les cristallisations dé nos ro^ ches, la formation dii granité ^ du gneus^ des schistes^ des basaltes^ des àrnphibolites etc. en sont une suite.

Le Comte B. Les Naturalistes d'aujourd'hui lui cèdcrotit diHicilcment cette thèse.

jt/r. de. L. Je n'en doute pas; mais d'où vienhent l'océan et le cohtînent primitifs?

Mr. Je P. Quatit à l'océan^ il l'ddmét, àt'exempic des autres Géologues, comitie matière créée et con-

dEl^ fTSÙyiÂMB HfUTRUllKlH r 687

tenant ànt^rienrenient en ët^t dé solutiofi tohk lés matériaux qui composent le continent primitif, qui se sont précipités^ également avtfnt l'époque, d^ formation à laquelle Tauteur fait commencer son système. Mms Hutton ne nous dit rien sur les lois qui ont présidé à cette précipitation des matières dissolue» dans l'eau, ce qui est le plus grand problème de la Géologie*

La Place enfin (car il faut terminer l'énuinération de ce que notre Général nomme rêves géologiques) nous rammène à Tidée de former notre système solaire et pensô que l'atmosphère du soleil s'est primitiremenC étendue au de là des orbes de toutes les planètes et qu'elle s'est resserrée fusqu'à %eB limites actuelles par ua refroidissement successif, qui a occasionné le rappro^ chemeat des parties dont nos planètes sont formées.

ilfré de Ti Gela supposeroit que ces parties, aufourd'hui solides et liquides, étoient autrefois gaaeuses ou en forme de vapeurs; ce que je n'ose ni nier ni affirmer; mais je ne rois pas comment des, sphères parti-^ culières âuroient pu se former par ces condensations. II me semble qu'il n'eut pu se former qu'une croûte gé» nérafe, sphériqùe, oïl plutôt èllipti^Iue,' dont le Soleil setoit le centre, et non des cofps sphériques isdiés.

Mr. dé P. Lb Place suppose qu'un râsserfibletnent de te genre, de la matière des planètes^ lî'a dil avoir lieu qu'en forme de zdne et dans lé plan de l'équaftéur du soleil et même ^u'on ne retrouye cfé ffhérioiiièùe qbé dans l'anneau de Saturne, et qiie cette matière a formé Sabord de petites corps dont lés uns^ après avoir acquis assez de rhassé, eH ont attiré plusieurs autres^ dont rinstmble à formé léis planètes^

6fi$ cnrr aanvum BMBBinor.

Mfé de Lé Qoittt k 01014 je M conçoit pii aoctt

^ If I'. dé P. XUfoiM 41I0 je mé troof^ dins le m toe Ea général dont âTOdt tort de tduloir chercher des planètes et cîoniètet^ de coostmire une Coêmogoniêf c eu dé une histoire de la création^ de Toalotr eo quelque sorte (Soinner les diolidés. Sojons plus modestea ; a? onons notre ignorance sur ces faits que la ugacité hnmaine n'atteindra jarifàb. l\eniectofis nons en an Créateur ponf ces époques primordiales où Tàcte de sa tolonté fit iortir la nature du néant f fixa la masse et le nombre des globes «célestes f désigna les matières dont ils sont composas « leur auigda leur place dans Tespice et contpassa leurs mouremens. Nous ne connoissons qu'on seol de ces globes en détail^ l»TeHe jfue nous bàbitonsi et encore très imparfaitement^ nni-qnement il sa sorfaceé

Mt. de R. Le Général ne sera pa< àatisFait de joit ainsi ôouper les ailes à Timaginatlon et resserrer les bornes de son Eilfpire.

Mr. de L. Vous fous trompéa ^ monsieur de R. ; J'aime les Idées grandes et hardies^ mais pas les idées fpllei* Je l||i| qu'il existe des millionf , peut-être des b^lipot ^t ^^* trillops de £ol'p^ céliestes ; mon imagination se peint tous ces mondes formant un tout admirable que je ne coqÇois pa» et: j'adore Ifi Ditiqité qui les ç^é^é ^ais fif le répètç : Çtfï^t ^nç témérité absurde de toulpir âuigOj^r à uq seul le cause de sop existencçi qui tfpnf sfsureipefift à eellf de tou^ les autres.

Mndep4 Aidsi rojif ^r^ s#t)sf4fF ^p c)^ef ic^ ji

CENT NEUYIESiB ENTRETIEN. 689

connoitre l'ëcorce de notre petit globe et & dévoiler la Mécanique qui a présidé aux changemens ^{u'éllef a éprouvés et lui a donné son état actuel;

Mdé. de L. Et je frains bien que les difficultés que noUi rencontrerons ne nous paroissent souvent insurmontables.

MÎTi de P. Prenez courage^ madame; votre zèle et la patience dont vous avez honoré 6es entretiens vous guideront dans cette carrière difficile, où nous serons obligés d'en appellér souvent à l'imagination, que la justesse de votre esprit saura cdùtenir dans de juiteg Dornes.

Mr. de L. J'espère que la modération que fè viéni de témoigner vous engagera k tie pas trop resserrer cet limites.

Mr. de P. Ne craignez rien, mon Général, dé ce câté là. C'est sûrement dans cette partie de la Physique que j'ai appliqué le plus souvent le mot: audaceé fortuna jUuàL

Mde. de L. Que veut dire ce latin?

Le Comte B. Que les poltrons réussissent mal, à quoi j'ajoute qiiè monsieur notice Physicien n'est pas poltron. '

Mr. de P. Cet éloge équivoque, monsieur le Comte, est tant soit peu diplomatique. — Mais entrons en matière et commençons par quelques idées détachées sur la Géologie, qui serviront en Quelque sorte d'à vant-prc^

Page 1