CENT NEUnÂMB ENTRGTIBK
pos aux systèmes détaillés que f aurai l^honneùr de tous offrir.
Plusieurs ont, comme Vous Tenez de Toir, formé et raTâgé la terre par le feu. De la Métherie, par contre, posa en fait, déjà en 17G7 que técorce de notre globe est le fruit dune précipitation aqueuse ^ que toutes les fruitières qui la composent ^ jusqtCà une profondeur indéterminée ^ étaient autrefois dissoutes dcuis un océtm non interrompu qui couvroit le noyau de ce globe. De la Métherie appuie cette thèse à juste titre sur là quantité immense de débris de familles entières de coquillages marins dont les plus hauts sommets des montagnes sont parsemées. En effet, si nous ne Toulôns pas faire un miracle pour transporter là ces restes d'un monde marin ^ noua dcTons supposer que l'océan a du autrefois séjourner sur ces sommités et fut le domicile TiTant de tous ces animaui.
Mr. de Gi Ne pourroit-on pas supposer qu'un bouleTcrsement total de Tocéan et des continents ait ammené et laissé ces coquillages sur les plus hautes montagnes?
Mr. de P. D'abord il séroit diflBcile de conceToir comment ces coquillages se trouveroiént si souvent en familles et précisément comme on doit imaginer qu'ils $e devroient trouver, s'ils avoient vécu là et que le* gé- Mrations s'y fussent renouvelléfes pendant des siècles. 5ft second lieu ce ne seroît pas sur le sommet des monnais dans les vallées seules qu'on les trouveroit lui; enfin nous connoissons des montagnes enlitt pierre calcaire pétries de ces restes d'un monde
CBMT NfiUTXQBlB B!fTEBTIB!f« 69 1
organise; et ces montagnes ne sont pas des terres de transport; au contraire nous devons admettre que ces èoquillagés logeolent des animaux en rie pendant que ces montagnes se sozlt formées.
En outre Tëtat de cristallisation » dans lequel se trouve la majeure partie desrpches qui forment l'écorce de notre globe, indique généralement que ces masses sont le fruit d'une précipitation aqueuse. Au reste ce principe a été contesté par nombre de Naturalistesi qui ont attribué k la chaleur cet état de cristallisation, et pendant plus de 3o ans les Géologistes s'étoient partagés en deux sectes qu'on nommoit les Neptunistes et les Vulcanistes. Le Basalte, qui semble tenir à la nature des roches cristaUisees et des roches non cristallisées, à donné lieu a de nombreux débàts'à cet égard, qui seront bientôt oubliés.
Mr. de R. Je ne puis tout-à*fait abandonner l'hypottièse de monsieur de G. Nous avons le déluge.
Mn de P. Assurément, ' et vous pouvez ajouter que les traditiôtis non seulement dés Hébreux, mais aussi de tous les peuples de l'antiquité, des Indiens, des Egyptiens, des Grecs et même des Chinois nous parlent d'un déluge, et qu'il est difficile d'admettre que ces peuples aient tous puisé cette idée dans la Bible; Mais ce déluge, que les Anciens adméttoiént généralement, est la dernière des nombreuses révolutions qui ont altéré la surface du globe tertestre, dont les vestiges étoient trop récents pour ne pas être reconnus par le genre humain dès qu'il habita la Terre; et sans cesser d'être Physiciens, nous pouvons même admettre qu'il en fut le témoin oculaire.
6o2 CENT KEUTIÂBIB EMTRETIBlf*
Les animaux fo$sile8f qoadrupèdes et autres, que Ton retrouve dans tout autre climat que celui que la Nature a assigné aux races d'aujourd'hui ou aux races analogues, offrent un problème diQlcile à résoudre, à la solution du quel bien des têtes se sont exercées. L'Astronomie fut mise en réquisition et l'on tourna et retourna Taxe de la Terre pour former les saisons de manière à ce qu'elles fournissent Texplication. D'abord on admit que cet axe se trouvoit autrefois perpendiculaire au pldii de l'orbite de notre planète, et que parconséquent il n'y avoit alors ni été ni hyyer^ mais une saison constante pendant toute l'année sur tdus les points du globe,
Afr. de R. Ce.seroit donc pour nos climats européens un printems éterùeL
Mr. de P, J'en conviens ; mais ce printems chéri «iNmiI au nord de la Sibérie offert que i ou 2 degrés de i)lÉwl« et ô^auroit guères été du gotit des Eléphans ^^^« y trouve enfouis; il n'eiit pas même fourni la vé- {iV^HW nécessaire à leur nourriture.
l^'^iatres ont voulu nous faire croire que rinclinai-
>%K» 4^ r«xe de la Terre étoit jadis plus grande qu'au-
■%»444Uhvi, et que pàrConséquent les pôles a voient ua
^Jiu^ii l^ifM plus chaud qu'à présent. Ceci iie seroit pas
.»..itf4tJ^ i|U4iul à l'été; mais l'hyver eut Hé encore plus
.f;^ii4%S4\, «At \t% pauvres mamouths seroient, dès la pre-
».*v;v' .,vi««;i%>ô\uu crevés de froid, à moins qu'ils n'eus-
..•» >«^«mU «Wi^ chaque année un voyage vers les tro-
. ,*.<** 04 ^»|||< m > im t préférer trouver leur tombeau en
CEKT NEUViéMB ENTRBTIEIC» 6^5
3/r. de G. Il me semble voir ces messieurs saisir les deux pôles avec leurs mains et tourner la Terre à leur Fantaisie. Cela pourroit être amusant , mais je doute que nous nous en trouvassions bien.
Air» de P. La Nature fait cette opération enco^'é aîîjourd'hui. L'axe de notre globe n'a pas une inclinaison fixe sur lé pian de son orbite; elle varie non seulement dans le cours d*une année de quelques secondes par les diverses positions de la lune et revient à sa première position au bout de Fan , mais aussi l'on croyoit avoir observé un changement continu dans cette position, évalué à 33 secondes par siècle; sur qaoi Ton s*appuioit dans les hypothèses que fe viens d'alléguer. Mais La Place a prouvé qu'il est produit par l'influence des autres planètes sur la nôtre, qu'il est parconséquent périodique et que son maximum est de i degré 29 minutes, quantité si petite qu'il est impossible de lui attribuer une influence sensible sur les climats.
Le Comte C. La Place est toujours grand quand il parle Mathématiques ou Astronomie.
Le jeune dç L. Mais pourquoi notre Terre estelle inclinée sur le plan de son ofbite ? Elleferoit mieux de marcher droit.
Mr* de P. Si la régularité a tant d'attraits pour vous, vous exigerez aussi que les étoiles fixes soient disséminées dans le firmament à des distances égales et que le ciel ait Pair d'une çpupote dessinée au compas. Le grand Architecte, qui à bâti l'Univers, x^'n pas besoin de cette symmëtrie pour comprepdreson puvrage. Mais
8g4 CENT HBUTIÂMB ERTafiTtEN*
places en idde Taxe de notre globe comme vous le désir rezy et vous verrez qu'alors une bien plus grande partie de sa surface sera incapable de nourrir des plantes et d'être parconsëqoent habitable pour l'homme et les animaux; que ce globe ne pourroit pas avoir une aussi grande variété d'êtres organisés des deux genres; que tout seroit également compassé et uniforme dans les phénomènes-de l'atmosphère.
Mr. de G. Et cette uniformité seroit non seule- ^lent très ominei^se, mais aussi elle seroit nuisible au développement des facultés de Thomme, développement qui ne peut être excité que par les diflicullés et les désagrémens apparents pu passagers que la Nature nous offre. C'est moins la chaleur que Tuoiformité du climat qui a arrêté le développement de l'entendement humain dans les régions équinoctiales, et c'est à la turbulence de l'atmosphère que l'Européen doit son esprit scrutateur. Mr de P. Retournons à nos hypothèses. Pour expliquer d'un seul coup le changement du climat et le déluge on a imaginé avec l'abbé Pluche que la Terre avoit autrefois une position presque contraire à celle d'aujourd'hui, qu'elle se tourne à présent sur le diamètre de son équateur d'alors, et qu'un acte immédiat de la Divinité l'a retournée subitement pour la faire aller comme elle va aujourd'hui. Mais il suivroit de là que l'applattisement de notre globe, causé par la rotation, eut été autrefois le contraire de ce qu'il est aujourd'hui, et que parconsc'quent ce changement de Taxe a du déplacer une masse de roches de 6 lieues d'épaisseur de Téquatçur aux pôles; ce qui sûrement eut renversé et applati toutes nos montagnes.
CENT MEUViAmB BMTRETIBV. 69^
Mr* de L. C'est à dire qae, pour expliquer la trouvaille de quelques os de Mamouths et de Rhinocéros, ces messieurs fracassent les os à la Terre entière* Dites nous dpnc , monsieur de P. y quelqne chose de sens^.
Mr. de P. C'est Humboldt qui ya le faire. Il dit que la précipitation générale, qui a formé les continents, a dû produire à la surface du globe entier, une tempe* rature considérable, qui peut avoir égalé aux pôles celle que nous observons aujourd'hui entre les tropiques, et que ^pendant le refroidissement les animaux de la race des élephans et autres se sont retirés vers Téquateur*
Mr. de L. Voilà de la Physique !
Mr. de P. Assurément; mais cette hypothèse, excellente en soi, ne nous dit pas comment il s'est fait que les ours blancs, qui aujourd'hui ne peuvent vivre qu'à 70 degrés de latitude, ont vécu autrefois au milieu de l'Allemagne. Il faudra bien avoir recours à Une autre hypothèse pour expliquer cette double transposi* tion des animaux, des tropiques vers les pples et des pôles vers l'équateur ; sujet que je dois remettre à un autre tems.
lie% filons^ que fe vous ai défa décrits, sont une nouvelle énigme dont plusieurs Géologistes ont cherché le mot, surtout quant ^ux métaux. Les uns font naître et croitre^ les métaux dans ces crevasses des roches à peu près comme des plantei souterraines; idée qui répugne à toutes nos notions sur les minéi^aux et les végétaux. D'autres supposent qt^e les métaux se trouvent à une grande profondeur sous terre, y sont chauffés à l'ex-
6g6 ÇEtrr ITBUyil&MB nTRSTIESm
ces i&t sublimes par ràctiyité da feu; cç qui les força de se prépandre en forme de vapeur dans les filons où, en se réfroijdissant, ils p^t pris leur forme actuelle. Mais cette forme n'a pas ^u tout Tair d'avoir été engendrée par yoie de sublimation, mais seulement de fusion; et 1^ gangue, ces autres matières qui accouipagnent les métaux, ont encore moins ce caractère; car nous ne coa-r Doissons aucun ^egré de chrfeur qyi pût volatiliser!^ qnar^ I9 çalcédoipe eta qui enveloppent la bande métallique dans les filons. Enfin quel genre de sublimation pourra faire traverser aux métaux plusieurs couches immenses de roches non interrompues, pour arriver aux lits qui contiennent si souyer^t des pyrites , des métaux oxidés et même ^p forfne métallique?
Ces (Jifiicultés, jointes à Tobserv^tion très connue qae bien des filons sont remplis uniquement de tout autres matières que de métal ^ a porté le célèbre Wer- |ier à admettre que les filons ont été remplis, non de bas en haut^ mais de haut en bas. Cette idée est le plus généralement adoptée et se retrouve dans bien des ouvrages nouveaux de Géologie. Examinons la un peu de près pour savoir ce qu'elle vaut.
Mn de Is. Vous n'êtes siirement pas son protecteur.
Mr. de P. Je serois fâché que vous en doutassiez, cette hypothèse ne répondant nullement à l'idée que Ton a à juste titre du niérite de soniauteur; et je vous en dois d'autant plus la réfutation que Wcrner, entiché de fixer l'âge des minéraux en général, a essayé de déterminer celui des métaux, assignant par ex : à Tetain
CB]^ 1^'EUVuèMB ENTRETH^. 697
et ^ rarséniç la plqs grande yëtostrf et à Tor e^ l'argent la ipôindre.
Ce grand Minéralpgiste imagine qu'après la formatiop de la majeure partie des roches de ia croûte de notre globe, il se trouva à leur surface et délayée dans Tocéan, une mQtîère contenant les métaux et d'autres niinéraux, qui q'attendit que les crevasses produites dans les roches par les révolution$ que cette croûte a subies ^ pour $e répandre, au moyjsn des mouvemens de l'ocëén, dans ces crevasses et les remplir. Mais on lui objecte av^c raison qu'il seroit fort singulier qu'il n'eut existé alp|*s de cette sauce ei^ partie métallique précisément que ce qu'il pn falloit pour combler les £- I.ons pi^isqu'on n'en retrouve pas les moindres restes. Quant à moi, j'ajoute à cette objectiop, aussi plaisante que juste/les observations suivantes.
D'abord il fauf admettre que cette ftiasse, en partie solide et en partie liquide, se tfouvant une fois dans les liions à l'abri c}es bouleversemens de l'océan, a du ^e séparer selon la loi de la pesanteur spëpi^que, les piatières solides fin bas et l'eau ^ans les partiéè supérieures; ce qui n'p été observé nulfe part; par on n'arrive pas aux mét^px et à la gangue des filons au travers |d*une énorme cojpnne d'eau. De plus: les grandies lacunes, les espace^ vides de ipétaux, de gangue et d'eau qu'on trouve daqs les filons , sont inexplicables dans celte hypothèse. Car si l'pn vouloit admettre qu'un gaz quelconque se fut opposé au remplissage et eut pror duit ces excavations partielles, on demande à juste titre pomment cette sauce a pu pénétrer dans dps crevasses ^'un demi poucp d'épaisseur, si le gaz contofiu dans }e^
8qS odit nEUTiBniB BimBTnai*
filons a prodait des creux d'tme toise de diamètre et plus. Comment en outre Wemer ezpliqnera-t-il par eette forme de remplissage si irréguliëre la symmétrie dans remplacement du métal et les passages qu^on obserire dans la gangue depuis les salbandes jusqu'au milieu? Wemer croit se tirer d'affaire en attribuant ce phénomène si frappant à l'influence de la masse hétérogène des roches. Mais .d'un coté cette influence est encore un mystère qne Wemer n'a pas éclairci, et d'un autre côté est-il croyable que des masses de granité, de adiisteS| de porphyres, d'amphibiolites etc. aient eu toutes le même effet snv la gangue et sur les métaux? Eniin à quelle force physique ou chimique, attractire on répulsive, peut-on attribuer cet arrangement symmétriqaef
Mr. de L. Nous donnerez- vous quelque chose de mieux?
Mr. de P. Je l'espère; mais ce n'est pas le moment de le faire; au contraire c'est celui de terminer ce long entretien, qui eut certainement eonuYé mon patient auditoire, s'il n'avoit pas ouvert un si beau champ à la Critique.
Cbnt DVKJÈiùL £Na?a£Ti£nr.
iVlr. (le L. Are« fous 9 moniieur de P»| encore des rêves à nous conter t
Mr. de P. Assurénfent puisque nous en sommes à la Gëologie. Mais les deux que je yais vous offrir aufourd'hui, ont un autre carsçtère que les précédents ; ils en imposent par Tétendue des connoisfances de leurs auteurs , psp la sagacité qui y est souvent développée et par Papplaudissement qu'ils ont reçus. • Ils sont à pen près coptemporains et doivent leur existence à De Luc et à Werner, noms célébrés k si juste titre dans les fastes de la Science de la Nature, Ge sont deqx systèmes géologiques complets, mais qui se bornent, à expliquer comment Técorce de notre globe s'est formée et sont en quelque sorte les représentans de Tétat de la Science a cet égard jusqu^à il y a environ peuf axis.
JDe Luc base son système géologique sur la narration de Moyse, changeant les jours en périodes, dont la durée n'est' pas assignée, et contredit en cela les idées de plusieurs de ses prédécesseurs, surtout de Buffon sur le grand âge de la Terre, affirmant sur la foi des obserr
V9tions, Faites sur les quadrupèdes fossiles, que l'état actuel de l'écorce de notre globe ne peut avoir une plus grande antic^uité que celle que la Bible lui donne.
Mde, de L. Pourquoi De Luc a-t-il fait revinre rid<?e de trouver la Géologie dans le premier chapitre de I9 Genèse?
Air. de P. Il n a jamais pu s'en défaire. Déjà il Ta voit émise en 1779 dans ses lettres ph^rsiques et morales sur l'histoire de la Terre et de Thomme adressées , à la Reine de la GranderBretagne; et ea 1795 il la renouvelle dans ses lettres géologiques à Blumenbach, deux ouvrages oi!i il expose son système entier.
De Luc admet comme premier principe le théorème de De la Métherie^ reconnoîssant que l'écprce de notre Terre étoit autrefois une masse iluide qui contenoit tous les ëlëm^ns, qui formèrent nos continents et les substances organiques, en partie dissouts, en partie seulement itiélës a l'eau. Cette masse d'alors, c'est le ca/ios de Moys^• De Luc, constamment Hdèle à ce principe est un Neptuuiste absolu, n'assignant à la chaleur aucune part aux révolutions qui ont Uxé successivement l'état de la croûte du globç terrestre.
Quant au noyau de la Terre, il le considère comme un amiiis de pulvicules sèphes et susceptibles d'absorber upe très grande quantité d*eau, et ce noyau est incomparablement plus grand que l'écorce que De I^VLC entreprend de construire.
Eufin croyant nécessaire d'otef aux principes , qui pnt constitué depuis nos continents, la faculté d*agir \p$ vins sur le;^ autres avant le moment où il plût à la
CEUiT DIXIÉMB ENTRETIEN. 70^
Divinité de former Tëcorce de notre Terre, De Luc, admet que la masse entière de Tocéaii qui couvroit le noyau et contenoit tous ces principes, étoit alors gelé. L'acte primordial du 'Pout- puissant fut de créer la lumière CQue la lumière aoity et Ici lumière fut^ dan$ tout l'intérieur du globe terrestre. Ce luminique se réunit à la matière du feu pour fondre l'océan glacé.
Le jeune de X. Il me semble qu^il eut suffi dii calorique pour opérer ce dégel.
Mr. de P. Ceci tient à l'opinion particulière de Dé Luc sur le liiininique et le calorique, que je tous ai esquissée dans le chapitre de la lumière.
Mde. de L. Si cela continue fe détiendrai sûrement partisan dé De Luc, Il y a beaucoup d'esprit à faire geler l'océan pour arrêter la formation de notre séjour jusqu'au moment nécessaire.
Mr. de L. Et surtout à trouver que le premier âcté créateur a été de faire du chaud. Nous cdunoissons vo« tre foible, madame. A présent vous avei beau jeu d'assister au reste dé Id création.
Mr. de P. Ce mot est juste, Général; Noas allons en quelque sdrte assister à ce grand tfcte en parcourant avec De Luc les six jours ou plériôdes que là Bible et notre auteur assignent à sa durée.
Premier période. L'enveloppé glacée du globe étant fondue^ le premier phénomène qui a dû avoir lieu est la descente des particules solides , mêlées tnécaniquement^ non chimiquement^ à l'eau.^ Ces par-
y02 CBRT DIXuImB BMniBTtElf.
ticttles étaient extrêfnement fines et formèrent sur lé noyau de la Terré une àiiltière bourbeuse, sur laquelle se dtfpdsa le reste.
Mde. de L. Ainsi nous vbilà assis sut de là boue! Y pensez -vous, monsieur de P.? Et que dira monsieur de T. de voir la plus grande bâtisse qui ait jamais été exécutée, posée sur un aussi mauvais fondement?
Mr. de P. Je né sanrois qu'y faire, madame. Dé très fines parties terreuses, mêlées avec de l'eau , produisent nécessairement de la boue; et ce mauvais fondement i qui doit déplaire à monsieur de T. ; étoit également nécessaire, puisque Tédilice, qui lui a été confié, devbit s'écrouler. —- Au reste, madame, oseroisje vous prier de ne pas m'interrompre dans l'exposition de ce systcime^ afin que fe ne sois pas forcé d'anticiper; ce qui vous empéchèroit de voir ce système dans son ensemble.,
Second période; A cette précipitation mé^ canique suôcédôla prédpitatioti chimique et bristalliquè des élémens dissbuts par affinité dans l'eau , qui formH le granité. Elle éùt lieu en différents tems^ a été intefrompue par des pauses; aux quelles on doit attribuer lès différentes Couches du granité. Cette grande opération chimique produisit des gaz, qui s'échappèrent au dessus de l'océan et formèrent la première portion de l'atmosphère. Voua voyez que ce système à l'ilvaniage sur tous lés prébédents d'expliquer la naissahce de ie fluide dans fe quel nous vivons.
Troisiëihé période. Jusqu'ici tout s'est
CBRT DIXlââlB BWTRBTXBlf. 7^3
fait arec la pins grande tranquiliitë; maîi h prêtent noua voilà arrivés au moment des premières révolutions* Les masses de granité, si mal basées sur le mauvais fondement de boue y qui déplait si fort à madame de L., n'y restèrent pas tranquilles. L'eau mêlée aux parties solides qui s'étoient déposées pendant le premier période y avoit eu pendant le second le tems de se retirer dans les pulvicules du noyau du globe; et comme lés couches de granité arrêtoient le remplacement de cette eau, il a dû se former sous la matière bourbeuse d'énormes cavités, des cavernes dont la croûte ne put plus supporter les massée dont elles étoient chargées^ et les couches granitiques durent s'écrouler et s'enfoncer en partie dans la masse bourbeuse^ tandis que l'océan se retira dans les cavernes. Cette opération mit une grande partie du granité à sec et forma le continent primitif, sur lequel s'établit la première végétflftion^ dont la décomposition chimique produisit les homlles» Ces plantes d'alors durent avoir une organisation différente de celle de nos plantes d'aujourd'hui, par ce que le soleil ne luisoit pas encore.
Quatrième période. Lel*out-pùissant faif luire le soleil; et la lumière rayonnante, ditférente dti luminique, qui avoit pénétré l'écorce de notre glolsici pour la dégeler, éclaira pour la première fois la lierre et les autres c6rps de notre système soïâire;
Cinquième période. La lumière du soleil occasionna de nouvelles précipitations , qui formèrent léB schistes et les roches calcaires primitives, et c'est dans ce tems-^là que le règne animal commença à se
7Ô4 CEEir DOCIEUE E3ITHETIEN.
produire dan^ la mer. Ces roches de seconde forma*^ tion formèrent des espèces de voûtes appuîées sur las ëminences des massés. de granité encore couvertes d'eau, laissant entre elles un nouvel étage de cavernes. Ce nouveau poids, ajoute à celui des granités qui n'avoient pas succombé à la premier^ dévastation, se soutint encore quelque temsi Alais cependant l'eau de la matière bourbeuse continuoit à se retirer vers le centre de la Terre et le gaz qui se trou voit entre les pulvicules continnoit k se dégager. Enfin la matière bourbeuse succomba, le tout s'écroula et le gaz de ces cavernes inférieures s'éleva pour ajouter à la masse de notre atmosphère. C'est dans ce période que parurent les premiers animaux du continent.
Cet écroulement ejtplique pourquoi nous trouvons les schistes et les rochers calcaires gisés sur le granité et couvrants le ilanc des montagnes. II a du produire non seulement quantité de fracassemens qui forment les inégalités de la surface de la Terre, mais aussi nombre de ruptures dans les masses, ruptures qui sont les Hlons remplis depuis par de nouvelles prédpitatiohs. L'océan, en se retirant dans les nouvelles cavernes infé-' rieures, a laissé à sec une nouvelle portion de continent. Lés gaz de ces cavernes inférieures, comprimésf par les masses énormes de roches et par rocéan luimême, ont du en s'échappant lancer au loin ces blocs de granité que l'on retrouve sur le penchant des montagnes et dans les plaines. Enfm c'est dans ce période que De Luc place l'origine des volcans, dont le foj-er est, selon lui, dans la masse bourbeuse au dessous de toutes les roches. Mais il n'entreprend pas d'expliquer
CBNT DDUÉMB SNTRBTIEK. ^05
la cause de leur chaleur ^ capable de changer les roches en laves f et se contente d'assigner à la vapeur de l'eau la force élastique qui bouleverse la terreé
Sixième période^ Les précipitations chi-^ iniques arrivèrent à leur fin dans le période précédent ; mais l'océan contenoit encore des particules très fines de chaux, d'alumine etc. qui toutes n'avoit pas eu le tems de tomber vers le fond de la mer à cause des bouleversemens continuels qu'éprouvoit alors Tocéan. En outre ces bouleversmens avoient produit une grande quantité de sables et de débris de roches qui^ con-» jointement avec ces particules f composent nos terrains de transport, terrains qui contiennent les quadru* pèdes fossiles. Ces animaux vivoient dans les lieux où on les trouve aujourd'hui j par ce que l'atmosphère d'alors étoit dijGférente de ce qu'elle est à présenta
C'est à ce période qu'appartient la dernière des grandes révolutions que l'écorce de notre globe a essuiëes, le déluge^ qui ne s'étendit que sur une partie de la Terre et fut produit par l'écoulement de la der* nière caverne, daûs le creux de la quelle la mer se retira et laissa une nouvelle portion de continent à sec. L'air qui s'en dégage augmenta et modifia pour la der« nière fois notre atmosphère^
Telle est, selon de Luc^ l'esquisse du tableau de ta création ou plutôt de la formation de l'écorce de notre globCé Lorsqu'on lit les ouvrages de ce célèbre scrutateur de la Nature ^ l'on est étonné de la multitude de connoissances physiques et géognostiques qu'il y déploie j mais en même tems on éprouve de si
yo6 CEHT DIXiAmK ESTESTtEKm
grandes di£Bcutés à soirre le fil de tes idëet^ cfne l'on est tenté de sonbçonner qae l'auteur lui-même ne s'est jamais formé nne idé^claire de son système.
LeConUeC. Je me permettrai d'observer que le dessein d'être fidèle â là relation de Mojse a du le gêner beaucoup et qu'il n'a pas même atteint ùe but complettement.
Mr. de P. Nous lui passerons volontiers quelques inconséquences à cet égard. Mds que penser -vous de ce système comme système géologique?
Le Comte d Je me garderai bien d'en entreprendre la eritiqne^ quoique ]e croie qu'on pourroit lui faire bien des objections^
Lie jeune de L4 Peut-être nous réussiroit-<elle si nous nous réunissions.
Mr. de L. Surtout si Voui étieai de là partie^ à ce que vous rous imaginez.
Le jeune de L. Je ti^aï pas cette présomption ; mais il me semblé par éx^ que Pidée de créer une lumière qui ne luit pas, mais qui fait fondre leau,- est très antiphysique.
Mr. die L. Cela peu êtrej* mais De Luc àufoit pu tout aussi bien ctéer le calorique et alors voti'e ob^ jectîon tomberoit d'elle^-même.
Mr. de R, Je ne m'accomntode pas des pntv^icules qui constituent le noydu de notre globe; elles ne répondent guères à la grande pesanteur spécifique quef nous lui connoissons, et ne me pstroissent imaginées que pour absorber de l'eau.
Mr. de L. Elles pourroient être de nature métallique. Et quant à leur invention, ponvons-nous nous