PREMIER CHAPITRE
Nous admçttoas, d'après les preuve^ nombreuses que BOUS en avons eues, qu'un océ^n couyroit autre-^ fois le noyau du globe et qu'il contenoit e^ dissolution chimique lès principes dont l'écorce § été fprmée. Con-
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sidërotit d'abord k quels mouvemens cet océan et \u parties qui s'en précipitèrent ont pu être assujettit, pour apprécier ce .que nous pourons attendre de ces mouvemens»
Nous connoissons à l'océan d'aujourd'hui trois espèces de mouvemeni, les marées, les courans et les tempêtes. Quant aux marées vous conoevea^ que, n'élevant Teau qu'à quelques pouces de hauteur et les effets plus considérables qu'elles produisent étant occa<siennes par les côtes et les bas fonds qui n'exist oient point alors, les effets de ce mouvemeut presque insensible en pleine mer ne doiveqt'ctrc qu'inGniment petits et sont parcooséquent à négliger dans le grand procès que nous allons examiner. II en est de même des courants, qui primitivement ont leur source dans la différence de climats et ne témoignent d'énergie qu'en vertu des bas^rfonds et des cptes. Enfin les tempêtes n^ont d'effet qu'à la surface de l'eau; et Ton peut assurer avec vraisemblance qu'à 3oo pieds au dessous de cette surface la mer n'est pas sensiblement émue par le plus violent ouragan. Or que sont 300 pieds comparés à la masse de Tocéan d'alors? De plus : on peut dire également que les vents violents doivent leur existence à la différence entre les mers et les continens, le soleil agissant très différemment sur ces deux portions de la surface de notre globe. Or à l'époque dont nous parlons ç^t effet n'existoit pas.
Mr. de G. Voilà une époque que vous admettez, f:pntre vos propres principes !
Mr. de P. C'est par manière de parler ; et vous
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me permettrez, f espère, de me s^rrir d^un mot pour désigner le tems où commence notre ouvrage.
Le jeune deL. Ainsi l'océan d'alors étoit très tranquille. Cela ne n'accommode guères; je préfèrerois y voir bien du mouvement.
Mr. de P. (souriant.) J'en suis fâché; mais il est trop tard pour y rien changer.
Le jeune de L. Mais la rotation de la Terre ? N'auroit-elle pas eu quelque influence mécanique?
Mr. de P. Non sur la tranquillité de l'océan; car TOUS admettez, j'espère, que l'océan d'alors participoit au mouvement diurne comme celui d'aujourd'hui ; et vous ne voudrez pas, pour le plaisir de causer un courant de l'est a l'ouest, qui eut déblayé toutes les montagnes qui se formoient, supposer que l'eau d'alors n'étoit pas susceptible de mouvement et d'inertie. Pour vous consoler je puis au reste vous dire que la rotation a dû avoir un petit effet sur les dépots de l'océan alors qu'ils se formoient. Car supposons que l'enveloppe liquide d'alors ait eu une profondeur de loooo toises, il est clair que les particules précipitées de la surface avoient une plus grande vitesse que la surface du noyau, et le calcul nous dit que par cette raison ces particules dévoient arriver sur le noyau à environ 114 toises h l^eét de leur verticale — si la résistance que le milieu opposoit à ce mouvement latéral n'en avoit pas anéanti là majeure partie.
Mais comme nous venons de nonimer le noyau dtf la Terre 9 forgeons une hypothèse sur la figure de ar
fmfaoe. Voakv-Tovs qo'elle soit uiie et hme^ faite ao tour? On bien rouIex-Toos qu'elle ait des botset et des creux? La seconde hjpothèse poorroit être importante pour la formation des montagnes,
Ije jeune de L* Vous roulez, à ce que je TOti, m'induire â tous accorder des montagnes et des rallées primordiales 9 pour n'aroir qu'à mouler sur elles nos montagnes d'aujourd'huL Je n*aî pas cette générosité la. Mais je ne Tondrois pas non plus vous liFrer une boule Lien ronde, par ce qu'il ne semble qu'il tous pourroit être plus facile d'y broder tos montagnes.
JUn de P. Que Toulez-vous donc? — Mais je Tais TOUS tirer moi -même d'afTaîre. Vous TOuIez un système qui ne se soucie d'avoir ni un cau'îvas déjà brodé, ni un canevas encore neuf, un système qui s'accommode de l'un et l'autre. Et c'est ce que je ferai.
Considérons â présent les élémens terrestres qui se trouvoieut en dissolution dans l'océan. Ce ne peuvent être que ceut qui forrpent les terrains de l'écorce du glpbe. Ainsi, mettant à part les parcelles de substances qui ne se trouvent qu'en très petite quantité, nous aurons à faire à la silice, l'alumine, la terré calcaire, l'oxide de fer< la potasse et la soude. Mais ce qui est bien remarquable, c'est que la silice surpasse en quantité toutes les autres substances de beaucoup. Dans le quarz elle fait ^§ du tout, dans le feldspath plus def, dans le mica même près de la tnoitié et dans les autres pierres en terme moyen environ -/^. Dan$ ie granité, comme composé de quarz^ de feldspath et de mica, la silice fait à peu près | du tout; et en supposant que les
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masses granitiques ne fassent qu'autant que les autres masses ensemble (ce qui est lé moins que nos connois* sances gëognbstiques nous indiquent) la silice équivaut à If de toute la massé de l'écorce de notre globe , dont les autres ^ sont partagés de sorte que l'alumine et Toxide de fer dominent considérablement à peu près en proportions égales dans les roches composée^. Comme la pierre calcaire ^ outre qu'elle entre en petits proppr* tions dans la composition de toutes les roches excepté les granités, forme àelleseiile des couches considéra-^ bles, on peut admettre que la chaux se rapproche, en fait de quàhtité , de Talumine et des o:tides,
La faculté de se cristalliser est une propriété bien essentielle que nous avons à considérer. Si l'on regarde, comme je crois que cela doit être, comme la cristallisation la plus parfaite celle qui produit des cristaux massifs et durs, et comme la moins parfaite celle qui ne produit que des cristaux tendres oii feuilletés, nous diront que la silice a une faculté de cristallisation très émirenté et la chaux une moindre, l'une et Taiitré foruiant des cristaux massifs, mais celle-ci des cristaux de peu de dureté. L'alumine ne se cristallise point par précipitation^ à moins qu'on n'y ajoute dé la potasse et de l'acide carboiiique. Quelques pierrei précieuses, telles que le saphir, qui paroissèrit n'être composées que d'alumine; ne font pas exception ; nous en parlerods à la suite; à présent il li'est question que des grandes masses. Les oxides de fer ne sont susceptibles d'aucune cristallisation par précipitation. Nous savons seulement que le fer^ au moment où il s'oxide par l'pxigène de l'eau à la èhaleur rouge , devient deu-
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tozide de fer en paillettes rhomboïdales. Aussi Toyo» iious dans les minéraux en grandes masses que la silici| perd de sa vertu cristalline lorsqu'elle s'allie à des por* tions considérables d'alumine ou d'oxide$« Le feld*! spath est moins dur que le quara; le mica offre une crii-l tallisaiion feuilletée et tendre, et si l'amphibole ofiîre des cristaux massifs t c'est qu'il entre dans sa composition une portion notable de chaux^ La potasse paroit se mêler moins intimement aux autres substances et contribuer à la formation des cristaux feuilletés. Mais comment se font ces cristallisations?
Mr. de L. Voilà le grahd secret que ma femme Teut absolument connoitre avant de quitter ce bas monde.
Mde. de L. ié ne le d^saVoue pas.
Mr. de P. Jeserois bien charmé, madame, de u* tisfaire ce noble désir^ coriime de faire tout ce qui peut TOUS plaire. Mais vous saves que je ne le puis et il ne s'agit ici que des agens qui produisent les cristaut par précipitation; et ces agens sont dans tous les procès de l'art les acides *)• La Nature ellemême n*en agit pas autrement avec la chaux ^ la barjrte et la strontiane et noua avons vu qu'elle ne cristallisé de cette manière ni l'alumine ni l'oxide de fer purs. La silice seule semble faire exception , la silice que nous savons n'être soluble que dans l'acide fluorique et qui
^ Cmc 60 vaio que Von croit faite des efiftaux de toude ou de potaite abaolament aaiii acide carbontqtie. Je me auia bien persuadé du edDtraire«
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nous Fournit les plus beaux cristaux ^ sans qu^on puisse découvrir un acide quelconque dans leur composition* Pouvons-nous supposer que la Nature ait fait cette seule exception à la règle, et n^est-il pas plus vraisemblable que la silice^ telle que nous la trouvons dans le quarz ou lexristal de roche, est déjà un sel composé d'un alkali et d'un acide, que nos réagens ne peuvent séparer?
Le Comte C* Cette idée est neuve pour moi ; mais il me semble qu'on peut Tappuier sur une considéra-* tion bien naturelle* Nous ne décomposons deux substances combinées que par une troisième, qui a plus d'affinité à l'une d'elles que l'autre. Or il faut bien admettre que dans la suite des substances, qui ont de l'affinité pour une substance que fe nommerai Â> il y en ait une, X, qui surpasse toutes les autres, et que parconséquent la combinaison de A et X doive nous paroitre une substance simple*
Mr. de Pé Je vous suis obligé, en mon nom et au nom de la Géologie, pour cette protection que vous accordez à mon hypothèse. Car que ferons^-nous tous d'une substance minérale, insoluble dans toutes les substances, excepté dans une seule (l'acide iluorique) que nous ne retrouvons dans toute la nature qu'en si petite quantité qu'on ne pourroit pas en tirer lamillionème partie de la silice que nous savons exister?
Le Comté C. Et cet acide ne se trouve, à ce que je crois, que combiné avec la silice même.
Mr. de P, Nous avons encore le fluate de chaux mais en très petite quantité. Ces raisons m'ont fait sup-
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poser qu'il exista primordialeinent un alkali, que fe nommerai silice pure^ tel que la baryte ou la chaux, qu'un acide X quelconque a. porté à l'état de sel insoluble, qui est la silice ordinaire et que le fluate de silice est un surwsel. Pour ne pas fabriquer un nouveau nom je supposerai que cet acide X est Tacide fluorique.
Zje Comte C. Mais il me vient une objection. Je crois me ressouvenir que nous ne sommes pas en état de produire aucune des espèces de cristaux que la Nature nous offre si souvent dans nos roches et que par ex: Tacide carbonique^ mêlé à une solution de chaux dans de l'eau, ne cristallise pas la chaux, mais la préci« pile en petites masses informes.
. Mi\ de P. Gela paroissoit vrai fûsqu'à il y environ g ans que je publiai ma Géologie, où je décris les expériences que j'ai faites précédement sur la cristallisation de la chaux et de la baryte par l'acide carbonique et au moyen de notre instrument chimique dont j'ai donné la description dans un de nos premiers entretiens. J'ai obtenu des cristaux de carbonate de chaux massifs, très petits à la vérité, les plus grands n'ayant qu'environ •3% de ligne. Le microscope y a découvert, les faces, les aogles et les arêtes, toute la figure du rhomboèdre, et celle de parallélipède quadrangulaire de plusieurs lignes de longueur, taillé de biais à ses extrémités dans ceux de baryte. Le résultat de ces expériences m'a appris que pour former ces cristaux il faut qu'il règne une tranquillité absolue dans les liquides et que les substances qui doivent se combiner s'approcheut les unes des autres au minimum de quantité, deux conditions que mon appareil remplit parfaitement.
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Mr, deZi. Tranquillité que vous noui aret, en (]<!pit de moD fils, forcé de reconnoitre dans votre océan. JUr. de P. Cet instrument m'a appris en outre que ces cristaux ne se coagulent qu'à la surface intérieuro du vase ou d'un autre corps solide qu'on j plonge, jamais au milieu du liquide, comme cela a lieu pour bien d'autres cristallisations. La Nature nous o^re cette apposition des cristaux aur les matières solide* dans tout le règne minéral et surtout dans la structure des géodes. Ainsi l'Art, imitant ici la Nature, nous apprend comment la Nature ■ agi; et si mes cristaux ne sont qu'extrêmement petits, comparas aux cristaux naturels, n'oublions pas que je n'ai dans mes appareils que quelques onces de fluide à ma disposition, tandis que la Nature avoit toute la hauteur de l'océan d'alors pour atelier; et cette hauteur est en ceci très importante, puisque l'observation des Géogoostes (que j'ai répétée moi-même dans le Fichtelberg) nous apprend que les couches inférieures du granité sont composées de très gros grains, qui diminuent de grosseur à mesure qu'on s'élève et deviennent presque insensibles dans letrochea des sommets les plus élevés.
Mr. de R. Vous ne nous parlez, monsieur de P., que des cristallisations. Mais l'écorce de notre globe contient bien des masses non cristallisées. Comment bâtirons-nous celles-ci?
Mr. de P. Je ne les oublierai pai; mais noua n'en ■ommcs pas encore à la bâtisse. Nous rassemblons les matériaux et avons commencé de droit par les pienea détaille.
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Nous devons distinguer très soigneusement les masses cristallines des masses informes* Nous derons ceU les-là à la silice pure et à la chaux, tant soit peu à la potasse et à la soude. Celles-ci. nous les devons à l'alumine et aux oxides métalliques et comme le tout doit avoir été en solution dans l'océan d'alors, il s'agit de trouver d'abord qu'elles substances ont produit cette solution.
Quant à la silice pure et la chaux, je ne puis leur assigner d'autre dissolvant que l'eau, puis qu'elles ont été précipitées par des acides. Quant à l'alumine et aux oxides > qui sont insolubles dans l'eau, leur dissoU vant a dû être la potasse et la soude.
Le Comte C. Ces alkalis dissolvent l'alumine ; mais j'ignore s'ils dissolvent les oxides.
Mr. de P. Ils dissolvent l'alumine et les oxides, sur tout ceux de fer^ mais seulement à l'aide de l'acide carbo^ nique, dont ils sont de règle affectés. Ainsi nous devons admettre que la potasse et la soude contenoient de l'acide carbonique, à moins que nous ne veuillons admettre que la grande pression des couches de l'océan les unes sur les autres n'ait augmenté l'af&nité des alkalis pour l'alumine et les oxides ; idée qui n'est pas sans vraisemblance, et qui sera décidée dans quelques années.
Mr, de L, Ainsi votre océan de jadis étoit une masse limpide et claire et dans un repos presque parfait* Je me l'étois représenté comme un cahos , comme une espèce de boue très délayée, qui a déposé successivement les particules qui flottoient dans sa masse.
Mr^ de G. J'avois la même idée.
Cent oivziâicB buirbueii* j^i
Mr. de R» • Moi de mdme.
Mr. de Pi Voui aviez tort, messieurs; car alors c'eut été la pesaqteur spécifique qui eut logé les minéjaux les uns sur les autres. Mais nous voyons le contraire; le phyllade (plus pesant que le granité) est gisé
surcelni-ci; plusieurs calcaires (plus légers que les porphyres) se trouvent placés sous ceux-ci; et les basaltes (les plus pesantes de toutes les roches) couvrent toutes les autres^ Cette observation prouve que c^estraf- Hnité, cette propriété de la matière qui se joue de la pesanteur, qui seule a produit la suite des minéraux, tant qu'elle n'a pas été troublée par des mouvemens mécaniques.
Voilà donc notre océaq construit quant aux grandes masses, et comme la Nature n'a rien fait de trop, nous devons présumer x[u'il n'existoit de dissolvant dans cet océan que ce qu'il en falloit pQur produire Ies)iolutions et que par conséquent le tout se trouvoi|: dans l'état de saturation réciproque.
Mde. de L. Ainsi roué allez commencer l'édifice.
Mr.d^P. Pardon, madame, nous n'en sommes pas encore là ; il nous Faut encore des matériaux. Car que ferons -nous dé ce cahos chimique, où tout est en solution? Rien ne se feroit s'il n'^xistoit encore des agens qui forcent les précipitations, et qui entrent euxmêmes dans la composition des roches. — Mais où trouver ces agens? L'océan ne pouvoit pas les contenir; car alors la besogne eut été faite, ou bien il faudroit faire geler cet océan pour brider les afiinités et les forcer
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jlfcfe. de L. Point de coogélation et de d^d, moofieiir de P. Jt ii*ai pas encore digéré De Lac
Mr. de P. Mais ces réagens ne peurent non plot a? oir été sous Teau à la surface du noyau de la Terre; car leur action' eut cessé dès qu'il se fut formé une croûte de granité de quelques toises d'épaisseur. H ne nous reste donc plus (puisque madame de L. abhorre les congélations) que d'admettre que ces réagens se trouToient dans l'atmosphère, ou plutôt qu'ils formoient l'atmosphère d'alors, dont le reste est notre atmosphère d'aujourd'hui*
Mr. de L. Vous empiétez sur l'hypothèse de La Plac^
Mr. de P. Fort peu , et d'autant moins qne la mienne est antérieure à la sienne. La Place forme les planètes entières de gaz concentrés ; moi j'ai un noyaa solide et de bonne grosseur, qui retient son atmosphère autour de lui. Au reste cette idée d'un très grand amas de fluide élastique autour des corps célestes qui Yoyagent autour de notre soleil, est aussi antique que le monde; les comètes nous en offrent plus de deux cents exemples dans leurs queues ou barbes , dont l'étendue augmente ou diminue selon leur proximité variable à l'égard du soleil.
Ces atmosphères (dont la figure au reste est encore pour nous un mystère) contiennent vraisemblablement les principes qui augmentent petit à petit la masse du noyau; augmentation qui doit aller très lentement, par ce que, lorsque la comète s'approche du soleil, bien des principes, précipités par TaiGoité à de plus grandes
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distances , se trouvent alors de nouveau réduits en gas ou vapeurs par la chaleur extrême à la quelle ils s'y trouvent exposés. La grande comète de 1811 n'est peut-être qu'un globe encore entièrement liquide et transparent 9 dans le quel les réagens de son atmosphère n'ont pas encore produit de dépots solides*
Mr. de L. Vous donnez tête baissée dans la cosmogonie ; vous faites des mondes.
Mr. de P. Seulement en passant. Retournons à notre atmosphère terrestre de jadis , qui a dû contenir les réagens qui ont formé dans l'océan la croûte de notre globe. Les Géologistes n'avoient pas songé à ce grand problème | san» la solution du quel toute Géologie ne peut être qu'un système vague et destitué de toute vraisemblance. Ils supposent pour la plupart que les précipitations se sont faites d'elles-mêmes, sans songe aux causes. Ce problème est infini ment important, nonseulement par ce que sa solution nous expliquera les combinaisons chimiques qui forment les roches; mais par ce que c'est elle surtout qui nous rendra compte de la suite des couches et de leur structure en tant qu'elle en le fruit de la précipitation non troublée. — Mais quels sont les réagens qui formoient alors la majeure partie de notre atmosphère ?
Pour la silice pure nous avons déjà admis Tadde fluorique, qui en fait la silice ordinaire.
Pour la chaux c'est l'acide carbonique ; car toutes les grandes masses de calcaires (les gypses exceptés, dont nous indiquerons aussi la formation) sont des carbonates.