‹ Entretiens sur la physiqueChapitre 24 sur 26 · C£NT QUINZIÈME ENTRETIEN · texte numérisé non relu

C£NT QUINZIÈME ENTRETIEN

tems et votre zèle géologique 'et votre sagesse maternelle, en vous parlant de cristallisation. Nous n'avons pas encore observé cet acte aussi important que mystérieux dans le refroidissement de la gangue , et vous imaginez facilement qu'il y a là quelques fruits agréables à cueilliré

Si vous vous rappeliez que la masse de la gangue est composée de morceaux détachés de la croûte inté« rieure de la voûte volcanique, dissouts dans Teau sous l'action d'une très haute température et d'une pression énorme, et qu'il se {oint à cette masse quarzeuse plusieurs substances étrangères ammenées par l'eau, |oit en état de solution, soit en état de débris, vous conce* vrez aisément que la masse gangueuse, quoique mêlée par les grands mouvemens aux quels elle est exposée dans son état fluide au fond de la caverne, n'est pas toujours une masse parfaitement homogène, mais que le plus souvent il s'y trouve des stries diversement coloréeSf de petites masses encore à l'état concret et des masses mélangées plus ou moins opaques. Si vous ajou* tez à cela que la masse principale est du quarz pur et transparent , vous aurez une vraie idée de la gangue à l'état fluide*

Mde* de L. Je crois comprendre cela.

Mr. de P. Ainsi nous pouvons faire agir la cris« tallisation. Nous avons déjà observé comment elle repousse l'eau superflue et forme par là les géodes. Voyons à présent quel sera l'effet partiel dn refroidissement sur le* différentes matières de la gangue. Les oxides et

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les terret, qui ne sont pas combUiëes au quân, sotf dans Tëtat concret et opaques. Ainsi ik £>raieiit, pir leur mélange à la masse siliceuse fluide , une espèce de boue plus ou moins colorëe. Or nous savons qu'ode eau trouble, bourbeuse , se cristallise à un moindre de!i gré de froid que l'eau claire. Ainsi nous sotnmes en droit de conclure que dans notre masse gangeuse lei portions de cette masse , où le mélange à lieu ^ se doivent cristalliser par le refroidissement plus tôt que cdlei qui ne sont composées que de quars pur, et qneraocélératioû du coagulement sera d'autant plus mârqné que les matières contiendront plus de parties ooscrètes.

Mais ce n'est pas tout. Supposée que voili deux masses A et B (fig. gi.) qui viennent de se cristalliser dans une niasse encore fluide de quarz, et qu'il se tfoofe entre deux d'autres parcelles c, c, c de substances opaques prêtes à se cristalliser^ il est clair qu'elles diercheront un point de réunion où la cristallisation se forme déjà, et que pàrconséquent elles avanceront vecs les masses A et B. et se joindront k elles, si les distances ne sont pas trop grandes*

Mr. de T. Ainsi vous supposes k la cristàllisatioa une sphère d'activité, d'attraction | qui agit à des distances visibles.

Mr» de P. Je crois le devoir^. si {e considère Tarrangement des particules cristallines conime uA effet de l'électricité qui se produit par la cristallisation même et qui seule explique pourquoi la cristallisation Ccelle qui ne se fait pas par évaporation) exige des points

CENT QUmZlâMB BNTBSTIBIf. 8^7

concrets sut les quels elje dépose ses petites masses. Au reste je vous prie de considérer ce morceau d'agate que f ai apporté dans le dessein de vous montrer cette attraction de masses concrètes. Observez ici (fig. 92.) ces deux masses opaques A etBBB. La première est d'un blanc sàlerougeâtre^ la seconde rouge à sa partie concave, bordée à sa partie convexe d'une bande étroite d'un bidnc parfait J les coins sont striées de bandes plus fides mais rougeâtres.

Le jeune de L. Là partie intérieure touge est égd* lement striée.

Mr. de P. Fort fuste, et toutes ces striés indiquent déjà que la cristallisâiion s'est faite à petites époqueSi attaquant successivement les masses dis-^ posées à se prêter à sotl action. Mais ce qui iious importe le plus pour le moment^ ce sont ces parties blanches et opaques e, c, c, qui se trouvent entre les deux grandes niasses, comme nageant dans le quarz le plus transparent et qui ont l'air d*être encore en routd pour se {oindre à ces masses dé{a solides.

Mr. de R. En effets les grandes masses semblent se disputer ces particules à qui en attirera le plus, et on Croit voir que, pendant que ces particules s'avançoient chacune de son côté^ la cristallisation du quarz où elles flottoient^ les a surprisés et fixées chacune où elle se trouvoit dans cet instant.

Le Comte V. L'on voit souvent de ces monceaux d'agate dans les cabinets de Minéralogie. Mais j'avoue que fe n'ai {àmsis songé à vouloir pénétrer ces effets de la cristallisation.

368 CENT QUmZuàMB ENTRBTIBH.

Mr. de L. Qui diable y soDgeroit? On roit dam ces cabinets tant de merveilles qu'il est impossible de fixer Pattention sur Tune ou l'autre ; et puis il faot taat de connoissances pour voir de cette manière»

Mde de L. Veuillez^ monsieur de P., nous ezptiguer bien clairement comment ces particules blanchai se sont rangées de cette ittanièrè.

Mr. de P. Volontiers, madame. Nous suppoioai que les grandes masses opaques A et BBB se sont crii' tallisées les premières à raison des substaocte hétéro» gènes qu'elles contiennent. L'électricité ^ développa parce procès aux points saillants, a du attirer les petits masses blandies les plus voisines et causeir leur cristsl^ lisation par le contact. Ces nouvelles «cristallisatiotf ont produit une houveile électHcité qui a fait le même effet sur les voisines , qui à leur tour ont causé la crif* tallisation des suivantes. Et si vous observes que chaque point saillant dé ces petits corps cristallisa a si sphère d'activité à lui, vous concevrez aisément qne^ quoique la direction générale de ces petites masses soit perpendiculaire au Contour des deut grandes masses, cependant l'assemblage de toutes les parties offre tul ensemble très irrégulier. Nous voyons des effets tout semblables dans lés figures électriques de Li^htenbefg et surtout daiis les végétations métalliques, c à. d.uDé irrégularité presque infinie, soumise à des direcrtions gé» nérales»

Mde. de L. Nous tnenere^-vous encore jplus loio^ monsieur de P. ?

Cent quinziâmb BMTRKTiKir. ^I5q

Mr. de P. Veuillez, madame, m'accompagner en* core quelques roomens et fetter les yeux sur cet autre morceau d'agate (fig. 93).

Mde^ deL. Ah! quelles joUes figures! Voyez ces rouleaux comme de papie&' blaoc dans de l'eau rouge, ces mousses de couleur oraoge etpuis ces feuilles si régulièrement pliées en angles les unes autour des autres! *) Comprendrons-noiis quelque chose à cela?

Mr. de P. Voyons, madame. Considérez d'abord ce que vous nommez des mousses. Ce sont de petites portions de matière noQ cristallisables , des oxides mêlés d'un peu d'alumine ou d'une autre terre, vraisemblablement une espèce de jaspe* Mais veuillez remarquer qu'il s'en trouve une parcelle ou plutôt un fil 9u milieu de chacun de vos rouleaux de papier blanc ^t qui en fait Taxe. Qiiand on observe ces jolies petites figures à la loupe, l'on s'aperçoit que le centre, la mousse, n'a pas une figure précisément ronde, mais irrégulière, et que la figure des rouleaux se règle sur celle-là.

Le jeune de L. Je vois cela à la vue simple. Voilà en outre un de ces noyaux qui s'étend en longueur; ses feuillets plies de la même mapière se sont engagés avec les feuillets circulaires de son voisin» En général tous ces petits systèmes de feuillets opt l'air d'exercer

*) On ne livra ici qu'une Foible equisie de cef feuillei, la

burin ne pouvant rendre lei teintef d^iicatef qu'elles oflPrent-' dana

^ leur coupe incliaëe, où Toeil aperçoit non seulement les coupe

mis ausii les feuillet mémea, comme nageant dana le fluide ttana»

parept.

870 CBHT <tUlltZObSB EirxfLKTtBi

une rifaction les uns sur \ei autres et ^ de se partager la masse opaque.

Mde. de L. Rendez moi, mon SI veux aussi faire une observation. M'y trouve entre quatre de vos sjstèmec ut matière blanchâtre est restée dias^min^e des feuillets. Il faut qu'elle soit vrirée I ke réunir s oes différents systèmes.

Mr. de P. Gela paroit ainsi. Mais j madame, la belle ilgure anguleuse com) ment de rubans parfaitement blancs. V dans son milieu, ni à la vue simple ni at aucune particule concrète, et nous devor là qu'elle s'est formée d'une autre maqièr leaux que nous venons d'observer. Remi est entourée de tous cotés par des s^^tème de sorte que ses Feuillets ne sont propre portions de rouleaux appartenants aux i sins et qui se coupent à leur rencontre, 1 nent les angles aigus et obtus de cette fuli

Air, de L. Ainsi tous ces dessins de nous offrent les agates, proviennent origi l'action de ces petites portions de terres n blés sur les masses qui les entourent. C plait par sa simplicité, et je conçois que, eutesfait ces belles observations, vous ave:

pothèse des infiltrations.

CENT çumanÂBiB bntrstibii* ' 87'

qui forment dei (igate* ttriëet ou des suites de calcé* doine, de quarz, d'amétbyte de jaspe etc., en sorte qu'une seule géodfs offre souvent une vingtaine de ces couches concentriques autour des superbes cristaux de quarz ou d'améthyste qui en ornent Tintérieur. Les noyaux du Mandelstein nous en offrent souvent encore davantage* Est-il possible de s'imaginer que cela ait pu se faire par infiltration et comment concevoir que l'océan ait si souvent changé de nature, ou que la pAte du mandelstein ait fourni à point nommé et en portions si distinctes les substances qui composent les géodes qu'elle contient?

Mr. de P. Ajoutez à cela que l'eau froide ne dissout pas tm atome des masses qui forment les géodes, et que si ces petits mondes quar^eux dévoient leur existence à l'infiltratiop , aucun d'eux n<i^ pourroit être en* tièrement rempli.

lUr. de R. Et comment l'infiltration expliqueroitelle les petits systèmes de feuillets que les agates nous offrent ?

Mr. de P. Vous faites bien de nous rammener à ces feuillets» Je dois ajouter que la figure anguleuse que nous venons d'observer , qui n'ii ici qu'un pouce de longueur sur un tiers dans %9i plus grande largeur, est souvent bien plus grande et a quelque fois bien plus de largeur à proportion de sa longueur, ce qui lui donne l'air d'un dessin de fprtificatiofi et a fait donner à rifg^e qui porte ces figures le nom allemand de

feuillets cylîndrioqucs; de sorte que l'i que, qui trie ainsi le» différentes subsi former des feuillets, n'agit guères à tl distances que d'un quart de ligoev

Jllde. de. L. Mais comment se Fait gulier qui produit les feuillets et les roui

Mr. ds L. Ce cera de nouveau la cienne, l'Électricité, qui se chargera de t

Mr. de P. Nous verrons. Supposez, la masse entière de notre agate, petit c pur et de substances opaques, se soit n gré nécessnire pour permettre la cristal matière des feuillets et rouleaux, et rappel sent ta cmtallisatioa de l'eau salée par co j'ai eu riionneur de vous expliquer â la 1 de la Chimie. Vous savez que la ntajeuri se sépare de l'eau au moment ob celle-c

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saturée de sel de quar«. Le tout doit donc se cristalli* ser en feuillets composés de la substance la plus facile à se cristalliser par refroidissement. Placez à présent* madame, vos mousses, ces particules de jaspe, dans cette masse; elles agiront comme matières concrètes et leurs points saillants détermineront la figure et l'emplacement des feuillets, c, à. d. en feront des rouleaux concenfriquese La cristallisation du premier rouleau produira, au inoyeu de lYleclii|cité qu'elle développe, la cristallisation du second, et ainsi dejsuite.

il/r- de L. Comment ai-Je pu ne pas me rappeller la crisiallis;)tîon fcMilletée de l'eau salée, qui explique si naturellement tout le phénomène?

I^Jt\ cfe P. Cette théorie explique également la formation de ces agates striées qui ne contiennent pas de quarz pur, mais fie sont composées que de substances colorées, plus ou moins opaques, comme les coins de notre premier morceau d'agathe. Car ces substances de diverses couleurs et c|e divers clegrés d'opacité doivent être soumises aux mêmes lois.

Mde. de Lf Je conçois cela, et je ne puis vous exi» primer combien je vous suis reconnoissante pour toufy tes les belles choses que vous nous avez dites ce soir sur la cristallisation. Jamais je n'a urois imaginé que les principes, que vous iious avez donnés autrefois avec tant de modestie sur la cristallisation, fourniroient l'ex-» plication de phénomènes si compliqués.

Mr^ de P^ Votro extrême bonté , nu^dame, peut

074 CBRT QUOIZI^MB BRrUBIHBHt

seule ici parler de reconnoiManpe, Totre dmple m'étant infiiiiineiiC précieux. Demain f aurai 1 de vous pflfrir des poméquenc^ tirées des que nous avons eus aujourd'hui , conséquences ronf un^ influence générale sur la Géologie.

Cent sbizièmb entubtibn^

p/lv. de P. L4 théorie de I« formarion de la gangue, dont noqs nous sommes occupés hieri ne se restreint pas à ces petites masses resserrées daqs les filons, mais s'étend à un grand nombre d'autres plus considérables. C'est elle qui nous c^pliquerii encore la formation des liiSf de cette nombreuse classe de roches isolées, ni-^ chées en quelque sorte entre les autres couches , absor lument étrangères à la suite où elles trouvent*

JUn de i?. Ainsi I9 formation de la gangue est coipfne un thêpe de Musique, sur le quel il a plu ^ U Nature de faire mille variations.

Mn de L. La compari^ison est au moins nouvelle et yoilà la foripation de votre globe qui devinent un grand opéra. Le tintamarre, au mpins, n'y a pa^ manqué.

Mr. flp G. Elle n'p$% pas |i nouyallai cette pompon

876 ££NT SEIZIEME BNTRETEN.

raison. NavQns-DOu$ pas tous assisté à la Création de Hayd'n?

Mr. de T. Tout {qste; et Je n'y vois qu'une différence, c'est que le Physicien commence son opéra par le piano de U crisiallisation générale et le Musicien sa Cré^lîon par un forte infernal qui met le timpan de nos oreilles en danger de crever.

lue Comte C, Poussons la pointe, et nous arriverons bientôt ^ une ffipeuse définition que nous devons aux Philosophes de la Nature. L'Architecture, nous disent ces messieurs, est de la Musique gelée.

Le jeun^ de L. A quoi ils devroient ajouter que la Musique est de l'Architecture volatilisée.'

Mr. (h ^* J« ne doute pas qu'ils ne le fassent. Mais togt cela n'est p9s de la Géologie.

Mr. de P. Ek bien! Reyenons aux liu. Que pensez* vous, madame, de leur origine?

Mde. de L. Puis qu'ils ne peuvent appartenir au grand procès de la cristallisation, nous en ferons des éjectiof^ volcaniques,

Mr. de P. Vous vouf eifraieriea; , madame^ de votre réponse, si vous savieis combien de roches, si différentes les unes des autres , si différentes de la gangue et des éjections volcaniques d'aujourd'hui, yous com» prenez sous cette définition^

Mde. de Lf Est «> elle donc fimsaeF Si cela ast^ corriges moi bien vite.

CENT ^^IZléBIB ENTRETIEN. 877

Mr. de P» Non, madame; elle est très juste. Les Gëologistes précédents ont eu tort de ne déclarer productions volcaniques que ce qui ressemble aux lavjBs, aux rapillis, aux tufs^ etc. Car les masses de roche, ou détachées de la voûte des cavernes volcaniques ou amenées dans ces grandes usines par les éruptions et les courans) ont subi différents degrés de chaleur, se sont combinées avec plus ou dloins d'eau , ont éii exposées à cette double action pttkà ou moins longtems, ont trou* vé plus ou moins d'autties matières avec les quelles elles se sont mêlées ^ et ont par conséquent éprouvé plus ou moins de changëiiiens. Ces (jéologistes ont tort encore de lie présumer une action volcanique que là où ils en retrouvoient les traces à. là surface de là Terre ou à quelques cents pieds au dessous, supposant que It masse entière de Técorce de notte globe a été foirmée avant le commencemekit des opérations volcaniques^ tandis que cé% opérations obt eu lieu pendant que sd faisoit le dépôt général de Cette masse et que leurs V6s^ tiges ont été souvent ensevelis pftr la formatioti de nouvelles masses ee roiche^

Le Comte C. Mais si te% massés , que vous nommez lits, semés comme au hazard parmi les rocbes de la formation générale^ varient si fort entre elles et tiennent plus ou moins de ta nature de ces roches > elles* mêmes si Variées, Cohiment les reconnoitra*t-»on avec sûreté? . L'erreur me paroit ici presque intfvitabl%

Mr. de P. Pas autant qu'il paroit au preniiér coun» d'oeil. Cherchons^ monsieur le Comte ^ les caractèi r's que les masses éjectées par les volcans doivent ou peu-»

reot aroir» 8i non» renotit à bout de Gxet éei tanctèret oons ne courrons que le risque de compter encore quelque! rodies au nombre ée celles de la formation générale ^ qui appartiennent en effet à la formation Tolcanique; mats nous ne tomberons certainement pas dans Terreur opposée»

]Un de £r. Je serai charmé de connoitre tes caractères; ce sera le dernier débrouillement dn tahos.

Mn de A Nous tarons que Tàlumine ne se résout et pàrcofas^quent ne se cristallise que par les acides, seuls ou combinés avec les aikalis, ou bien paru réunion à une portion majeure de silice^ Ainsi , lonque noils trouverolii cette terre sans mélange et cristallisée i comme par et: dans 1^ saphir^ nous jugerons qu'elle n'a pu se dissoudre et se cristalliser que par l'action d'une très haute chaleur secondée d'une pression très considérable, c. a. d. que le cristal qu'elle offre est un produit dé l'action volcanique.

Il en est de même des ûxides de métaujt portés à l'état de cristallisation» Nous retrouvons cet état k son degré le plus bas dans le deutoxide de fer que nous composons par la vapeur d'eau à l'aide de la cfaalébr rouget

Mk de É. Nous connoissohs cfes paillette* cHstaU linës que vous avez découvertes dans Vos etpérienoet sur la décomposition de l'eàu»

Mh. de P. Voici les caractères que je tous ai t^romisi

Tous las cristaux et toutes les masses criatallinHi Composées de èonthes comme la gaogaa

CeST «EOiÈmB ENTRBTtBIÏ. 879

des GIoiu, sont de Cature gsngeuse et leur formstion est volcanique. Il eo est de même des masses rondes composées de couches concentriques plus ou moins distinctes les unes des autres. Car comme nous nous sommes bien persuades que ces masses ne peuvent pas avoir été Formées par inilltration, et qu'elles ne peuvent également pas être des produits de la Formation générale, nous devons les ranger dans la classe des productions volcaniques.

Toutes les masses arrondies, qui ont un vide intérieur tapissé de cristaux, sont de vraies géodes et leur substance une masse gangeuse.

Toutes les roches, circonscrites par des roches de formation générale, et qui n'oHrent point de passage avec celles-ci, ou qui leut sont agglutinées, soudées, par une espèce de fusion, sont des produits volcaniques, quelque grande que soit leur ressemblance avec tklle ou telle autre roche de formation générale.

Le Comte C. Pour vil que la ressemblahce ne soit pas parfaite; car la masse du lit doit avoir nécessairement souffert quelque altération pendant son séjour dans le foyer volcanique.

Âlr. de P. Assurément. Et j'ajoute au caractère précédent que toute roche de Formation générale, qui porte a sa surface supérieure des traces de décrépitemens, des cassures partielles, comme on les observe dans le toit et le mur des Ëlons, sont couvertes d'une roche volcanique, quoique toutes les roches volcaniques n'aient pas toujours produit ces effets, leur masse n'ayant peat-être p« été isàtz chaude, à rsisoa Aa

880 CENT URBWlftMB BNTEBTnDf^

court séjour qu'elles ont pu faire dans la carême roU canique.

Toutes les roches et toutes les pierres qui ont b structure de la lave, en partie compacte, en partie poreuse ou buUeuse^ sont d'odgine volcanique.

Toutes les roches qui contiennent de la masse gaogeuse ou des productions volcaniques du genre de celles que les volcans d'aufourd^hui produisent ^ ont &it un séjour dans le foyer volcanique, si ces masses ëtrsngères sont soudées à la roche» C'est par là qo'on lei distinguera des conglomerations ordinaires que la clane nombreuse des grès nous offre»

Le Comte C. Voilà bien dés caractères et je cofr çois à présent qu'ils doivent nous instruire avec asiei de sûreté si telle roche est un lit ou une roche o^ 1 dinaire.

Mr. de P. ie ne doute pas qu'il n'etiste bien d« cas où un seul de ces caractères n'y suffiroit pas , par ce qu'il n^est pas assez prononcé^ le Géognoste ne pouyant découvrir que de très petites surfaces des roches qui composent YitotCé de notre globe. Mais on trouvert de règle plusieurs de ces caractères réunis et alors le jugement qu'on doit porter ne sera pas douteux»

Il existe peut-être encore un caractère supérieur tous ceux que {e viens de vous offrir et qui se trouvera un iour dans la cristallisation» Si vous voiis rappelles ce que nous avons dit sur la cristallisation générale des roches et sur celle qui a lieu dans le foyer des volcans, nous pourrons distinguer deux espèces de cristallisations y que nous désignerons par les noms de criatoUi-^

ji.

CENT 8BIZTÊMB SNTRETIBN* 88 1

êoiion froide et de çristàlliacUion chaude. La pre« mière est produite par la combinaison immédiate des acides avec Tes terres^ les alkalis, les oxides. La se* conde est produite par la fusion des sels ou des terres pures à la chaleur rouge sous une très grande pression, et doit parconsëquent tenir un peu de la nature de la vitrification. N'existeroit^il pas quelque caractère dis* tinctif entre ce» deux espèces de cristallisation , exprimé par la position des fissures et la figure des surfaces?

Mde. de L. Jï'avex-vous pas fait quelques expériences là-dessus P

Mn de P. Non , madame. Je suis trop peu Minéralogie pour cela. C'est un problème digne d'un Halîy et au dessus des forces d'un pauvre Physicien, qui a d^ailleurs trop à faire. Mais^ quoi qu'il en soit de ce nouveau caractère présomptif, appliquons les autres à certaines roches dont l'origine est au moins équivoque dans les Géologies de mes prédécesseurSé

Le Comte JC: Je suis curieux de voir Juiqu'où cela nous conduira.

Mr. de L.» Ce ne sera pas la première fois que monsieur de P. nons mènera plus loin que nous ne vou-* lions aller. Mais cette fois^ci je me tiendrai mieux sut meê gardes.

Mr. de P. Vous ferez fort bien^ mon <iher Général , puisque ce sera pour la dernière fois» Commençons par le Mandelsiein^ qui réunit presque tous les caractères volcaniques i et considérons d'abord les

88s CE

noyaux. lU lont de Traies géodes, cobi] loppea concectriquu de diverses coulem Fois vides à l'iotérieurt le plus souvent pi faîeu l'honneur de vous le dire dans la i maodelsteîn. Les noyaux qui sont en fo ofirant à leur bout des cercles concentrii être considérés comme casses à la poin ayant éti joints à un autre noyau, dont ils tét par. une fracture, dont on peut imagj causes. Ainsi ces noyaux sont bleu dë< proddctioD volcanique^ et par conséquAil dans laquelle ils se trouvent enveloppés.

Mais cette pâte elle même a des carac cidés de vulcanité; car elle ressemble ) ovales presque parfaitement aux laves ord n'en diffère qu'en ce que, au contraire partie compacte se trouve en haut et la p en bas.

Mr. de T. Cette différence me pi ritique.

Mr, de P. Vous vous trompez, tn< Elle dépend uniquement d'une circonsta oue les lavpi a'^rnulent dan* l'air Pt !(>■

CEZ9T SEIZISAIB ENTRETIEN. g83

pant au travers deToc^an, renouvelle continuellement l'eau froide à la surface de la masse déjettée. La première de ces deux causes n'a pas du tout lieu sur les laves de nos volcans actuels et la seconde ne cause pas la millième partie du refroidissement que Peau produit, Tair à raison de son peu de densité et de sa petite capacité pour la chaleur, ne pouvant exercer qu'une très foible action par ses courans* Ainsi la partie supérieure d'une Ijave de mandelstein doit se refroidir très vite et former une croûte compacte dans laquelle les bulles de vapeur ne peuvent pas se disséminer.

Mt.de Jl. Ainsi les vapeurs se forment sur le ter<» rajn, que les mandelsteins couvrent, comme cela a lieu pour les laves, et ces bulles ne s'élèvent dans la masse que jusqu'à la hauteur où cette masse a encore assez de fluidité pour les laisser passeré Mais cette production de vapeur doit causer bien des fracassemens à la surface du terrain sur le quel le mandelstein brûlant se dépose.

Mté de P. Assurément et l'observation nous apprend que cela a lieu. Bien plus: on trouve plusieurs lits de mandelstein les uns sur les autres (produits de dé* jections successives) entre les quels on rencontre ces débris des deux masses dans les fissures de superposition, mêlés souvent à des débris d*autres roches ou de terres que les mouvemens de l'océan y àmmènent dans l'intervalle des déjections.

JUde. de L. Vous avez bien raison de dire que le mandelstein réunit tous les caractères d*une roche voI-«. canique.

CENT ARI/JkMB 8SITRBI1BK

ilf r. de P. Ce ne sera pas tonfonn 1 antres lits que f aurai Thonneur de vons n sont par ex: les Jaspes ^ masses argilens dont la cassure^ très lisse sans être luisan si fort à celle de la porcellaine ou d'un qu'on ne peut s'êmpècher de croire que gileuses ont été cuites. Mais ce qui <h>i cette opinion I c'est le jaspe strié de band couleurs • • • • *

Le Comte C. Cette preuve me parc TU des concrétions calcaires, vrais dépots lement striés, composés de couches crolo tinctes.

Mr. de P. Trop distinctes, monsîe pour Faire objection. Car elles n'ont poin et de plus elles sont très régulières, co l'attendre de masses déposées sous les aus] pos parfait. Mais les bandes ou rubans c firent nulle part cette régularité; elles soi des passages souvent très larges, en sori fondent les unes dans les autres par des ni ceptibles* Quelquefois même les jaspes r la couleur près^ aux laves du genre du Pipe:

des flammes grises dans une masse blancl:

CBRT SBISlâMB KWTAKTIHK^ 885

roche infi^rieure et tlu jaspe lui-même, comme cela a lieu dans lea lits de mandelstein. Je range dans la même classe des lits de porphyre Ja^pé^ lepétroailex réfini^uç et autres roches seqnblables qui portent les mêmes empreintes de Faction de la chaleur.

Mr. de L. Et vous voua rendez, monsieur le Comte?

Le Comte C, Que faire ?

Mr. de P. Passons , Général , à un autre genre de roches qu^on nomme roches cornéennea, le Hornstein des Allemands. C'est du quarz impur, peu transparent, dans le quel se trouvent d^autres terres mélangées, qui forment tantôt des stries larges et peu distinctes, tantôt des espèces de nuages ou d'autre^ figures iodéterminées, dont les bords se perdent plus ou moins dans la masse totale* C'est évidemment de la masse gangeuse malpropre, dont les parties, hétérogènes au quarz et abondantes, ont été longtems travaillées dans le fourneau volcanique par les grands mouvemens que nous y jeonnoissons* Cela est si vrai qu'on les nomme souvent, au moins quelques espèces, quarz^agates grossiers* La pierre à fusil est de ce genre et doit être comptée au nombre des gangues , dont la texture paroit tenir plus à la vitriQcation qu'à la cristallisation. On ne la trouve pas en roches formelles , mais en masses arrondies de toute grosseur. Sa ressemblance avec la gangue décé* leroit déjà l'origine volcanique de cette pierre, si elle n'étoit pas attestée par les stries et les nuages qui font une grande partie de sa masse et par son existence en morceaux arrondis. Ni la formation générale, ni l'infiltration ne peuvent avoir composé ces masses.

386 CENT SBlZléMR ENTaBTISV.

Hli\ de L. (d'un ton grogneur.) Nous STons ] abandonné l'infiltration comme un rêve insoutenabl

Mr.deP, Vo ut paroisse» fâché. Général, de aujoiird hui la somme des productions yolcanîques i croître. Que dire^-vous donc, si je range la Craie i cette classe?

j\fr. de L, Que vous vous fouez de nous et de tre ignorance. Quoi? ia craie, cette niasse calcaii terreiîso, si friable, .où l'on ne découvre pas le moic vestige de cristallisation ou de vitrification , devra a avoir séjourné dans les cavernes volcaniques» avoir; l'action réunie du feu et de Teau*

Mr. de P. Préfc'rez^vous admettre que le qi se change en craie, la silice en chaux?

Mr. de R. Pourquoi cela?

Mr. de P. Par ce que c'est l'opinion de bien Gdologistcs, qaine peuvent expliquer comment la c se trouve toujours parsemée de morceaux et de b de j'ierre à fusil et qu'on ne retrouve cette pierre 1 des filous que dans la craie, à laquelle elle se foint i mément par voie de soudure; ce que l'on a pris p la preuve d'une transmutation de silice en ciiau3( oi chaux en silice.

Le Comte C. Ce fait est-il avéré?

Mr. de P. Par tous les Géognostes* Mr. de L. N'importe: Ce fait seul de la co-e tence de ces deux fossiles ne suffit pas. ^pliquez n bien clairement comment la craie s'est formée»

C^NT SEIZIEME SNTRETIBN» 887

Mr. de P. (souriant.) Volontiers, comme ti fe Tavois faite moiTiiiéme. Représentez vous le foyer d'un volcan dans son état ordinaire, ayant à son fond de la gangue fluide, et supposez qu'une éruption ait ouvert un canal dont l'orifice inférieur n'atteigne pas tout-àfait la gaqgue, et le supérieur se trouve dans un calcaire non cristallisé, encore neuf et mou. Le volcan n'émettra que du gaz et des vapeurs, et recevra d'abord après, par le même canal, ce calcaire qui se précipitera dans la caverne, s'y mêlera avec la gangue dispersée en morceaux de toute grosseur parla violence de la chute du calcaire. L'eau de l'occ^an qui ^ccompagi^e le calcairese vaporisera subitement et effectuera une éruption qui rechassera le calcaire hors du volcan avec (es ^norceaux de gaqgue qu'il a enveloppés dans sa msase.

Mr^ de 2/. Mais la chaleur volcanique n*eut-elle pas chassé Tacide carbonique de la craie?

Mr. de P. Non , mon Général. La grande pression, sous laquelle cette opération se fait, s'y oppose. Outre les expériences déjà alléguées et qui prouvent que cette pression arrête le dégagement des gaz, nous en avons du Géolqgiste anglois James Hall, qui prou« vent directement qu'une petite pression, telle que nous pouvons la réaliser dans nos expériences, retient l'acide carbonique dans la pierre calcaire soumise au ffu de réverbère.

Voulez-vous une autre origine de la craie/ vouf pouvez imaginer que l'action volcanique ait détaché auparavant de la voûte de la caverne le quarz primitif e( le granité et que le tour soit venu à ua palcairp primi-

338 CENT SEIZJéMB BKV&CTIEir.

tif, qui, arrivé aufood du foyer, s été travaillt fit' et ensuite déjetté.

Mais jedoisencore fixer votre atieaiiominlei de gisement et ta texture de la craie. Cemioti^i fre point, comme les autres roches calcaira, ds cbes r^gulî(>res avec des surfaces paralli^les eami C'est toujours iin amas confua, dfsordonDé, lis surface inégale et irrëguliàre, précisément coa« devroû être si elle avoit été Jéjeitée à pluàa prises en forme de pâte. Sa texture est fi ment terreuse, comme le scroit un calcaire u brojé dans de l'eau et secliû depuis. QuelquW d'oxides et d'alumine, qui s'y trouvent, oeressci point à des couches très minces précipitées régi ment, mais attestent par leur irrégularité des d mens confus dans cette masse.

Mr. de L. Et si l'on ajoute à ces caraa présence des morceaux de pierre à fusil, souil< pâte, il n'est plus douteux que la craie ttesoiti sile déjotté par un volcao,

Mile. Je L,. (éionn^e.) Mon ami! Vous voi réconcilié avec la Géologie?

Mr. (Je L. Brouillenes d'amans ne dut longtems. Vous en laites l'expérience tous les

Mde. de L,. Et cette expérience est mon l

Mr. de V. (souriant.) Je ne savois pas, i

que moi, votre très humble amant, j'aie l'hoi

le bonheur de me brouiller tous les fours avec t

(Toute U société part d'un éclat de rire.)

CBNT flpiziKMB aN T aginu f » 889

Mde.deZt. Non, pion cher monsieur de V.f vous êtes «n amant avec le quel je ne me brouille jaqnais; mais celui-là (en montrant le Général) me deviendroit bientôt infidèle si fe ne le fâchois pas quelquefois*

Mr. de L. Aimer et gronder ; c'est le boiUieur de la vie !

Mr. de T, Les stries avec leurs passages et autres fijg;ures indéterminées étant des indices de l'action volcanique, vous rangerez apparemment les marbres an nombre des roches qui ont subi l'action volcanique.

Mr. de P. Pardon, monsieur de T., cette application dq principe me paroitroitun abus, par ce qu'un seuf indice ne me semble pas suffisant. Et puis les figures des marbres ont généralement un caractère assez différent de celles que nous avons observées dans les roches précédentes. Je ne nie au reste pas précisément que certains marbres n'aient peut «-être fait leur tournée volcanique comme les craies ; mais je suis loin de vouloir l'affirmer. Si cela est, la roche dont ils sont né$ a été un calcaire primitif et cristallisé, mais dont la cristallisation a été modifiée par l'action volcanique.

Je jette à présent une nouvelle pomme de discorde dans notre entretien. Les BaseUtes sont des produci^ tions volcaniques,

Mrf du Là. Je m'y attendois ; mais fe ne vous ferrai pas cette fois»-ci le plaisir de me réfuter. Je crois d'avance à la volcanité des basaltes.

' Mr^ de T. En Physique, Général, il ne faut paf croire, mais voir»

Lie Comte C Noua atrona assurément toua. cbar«

890 CBMT tBIZlAfl^B ËBfTHBTIEII.

méi de connoitre l'ultioititiiin qui a tennîosli b dispute sur les basaltes.

Mr. de P, Je ne vous eanuïerois pu p(B,i sieur le Comte, tous et toute notre aimableweà {e vous alléguols tout ce qui a ëtë dit et ëaiiff Neptunistes et ics Volcanistes sur ce fécond t^o

Les raisons, qu'on a données pour faire dib uae roche ordinaire, peuvent se réduire à tnik première est son gisemei^t entre des roches qa déminent ne sont pas volcaniques, telles que \tpi le gneufs, les calcaires etc. même des houilles. ^ est clair que les volcans émettent leurs masseï a tes les espèces de terrains; nous en avons deit pies presque fournaitlers dans nos volcans 1 tifs. La seconde est que l'on trouve par fois liui' térieur des basaltes plusieurs espèces de coquillsgo rins. Mais on ne peut alléguer aucune raison pon la masse des basaltes ne pourroit pas comemT<!i vestiges de l'ancien nionde organique avant qo' aient ett? pr^crpilés dans le volcan; et rien nei force d'adnieitre que ces coquillages aient dû eue composés ou détruits par l'action volcanique, comme nous savons, ne dégage pas l'acide carboi ni même l'eau de sa conibinaisou avec la chaïu. troisième raison est la structure singulière du ba que vous connoissea. On co'nsidéroit les fentes qn: tagentia iiia*se en ()rismes, comme provenantes di sèchement de la masse basaltique. Mais a-t-oa j vu une masse d'argile, ou toute autre semblât forme de paie, t|ui ait si peu de retrait par le 1 chement? Les iissures du basalte sont extrêon

I CBNT fiKiy>fBMH ENTIISTIE2L 89I

itet. Elles sont, il est yrai| très visibles à l'extëi* r par ce que le délitement les a élargies. Mais on

leur donner à Tintërieur à peine ^ de ligne. Or >us prenons pour base du calcul des prismes hexa- ^5 de 6 pouces seulement de diamètrei le volume du our sera à celui de la coupe du prisme, et parconent aussi les volumes cubiques, dans la proportion ^ 377 { ^^ comme une circonférence de fissure doit comptée pour deux prismes, il s'ensuit que le vo-

du retrait ne Fait que y^^ de la masse solide: proon qui n*est exécutable dans aucune masse pâteuse le dessèche, mais qui convient très fbrt à une e chauffée qui se refroidit.

Mn de Itf Cela seul prouveroit déjà la volcanitë basaltes.

Mr. de P^ Vous céde^ trop facilement, mon* deR.

Mr. de 6. D'autant plus que, comme nous ne conons pas asse« Tétat où se trouvoient les niasses ba- |Mes, ont peut supposer que dans cet état elles ne ?noient que fort peu d'eau, et même que cette I été figée Comme eau de cristallisation.

Mr. de P. Cette remarque, mon cher ami, quoi^ très judicieuse, n'est cependant pas fondée. Car fixation de l'eau, au moins dans la chaux et le 3, augmente le volume de la masse et ne peut par?» iquent pas produire des fissures,

\Ir. de G. Néammoins je ne puis me décider à dérer la petitesse desfeptes commç une preuve con»

89^ CfOn 8SI2IEBIB BiriRBTIEV*

cluante pour la volcanitë des basaltes»

il/r. de P. Je suis du même avis ; et pour ne tobi laisser aucun doute, commençons par quelques obje» tioqs majeures que nous avons à faire aui^ Neptunisteb

D'abord nous trouvons les couches de basalte rëpé^ tëes jusqu'à 5o Fois et plus Tune sur l'autre et très son* yent séparées par des couches d'une toute autre rock Or comme il est impossible d'admettre que le basaht se soit desséché tandis qu'il étoit couvert par Toc^ il faudroit admettre que Tocéan se fut retiré cinquaolf fois et plus poar laisser au basalte le tems de sécher.

Le Comte C. Et puis il faudroit le recouvrirez] core un pert^in tems pour que l'océan déposât la toà étrangère qui sépare les couches de basalte. Quelles» gulière mécanique ne faudroit^il pas imaginer pour es' alternations de chute et de rehaussement de Tocéso ttl découches de roches! Et cela dans des lieux à part!

Mr. de L. Il me semble en outre que, si l'hypothèse de Werner étoit la vraie, toute la surface de h Terre devroit être couverte de basalte , ou bien il findroit que la dernière révolution en eut détruit mille fois plus qu'elle n'en a laissé, et nous devrions retroover ces ruines dans toutes les vallées et sur les bords de toutes les mers.

Mr. de P. Considérons les couches de basalte de plus près. De règle elles ne sont pas homogènes quant à la structure, même lorsqu'elles ne sont pas séparéo par d'autres couches. On trouve, comme je crois déjà i'uvoir dit » des couches composées de prismes à 6 pani

I CBRT SBTZTRBgE BRTRETIBI^* SqZ

ire des couches dont les prismes en ont quatre^ cinçi t ou huit > et les prismes diffèrent en grosseur d'un ge à l'autre. Les unes ont leurs fissures perpendi« aires à l'horizon, d'autres sont panchëes plus ou 'insi en partie enfoncées dans la couche inférieure, el prodige a pu opérer ces di£Férences par le seul e de la précipitation? Bien plus: Houel nous a desé avec tant de précision des masses isolées de basalte, itôt libres, tantôt incrustées dans des couches, qui t une figure à peu près sphérique ou conique, dont fissures sont concentriques et dont la substance est mposée d'enveloppes dont la figure est sjmmétrique Bc la figure extérieure. Comment le procès de la $cipitation générale a-t-»il pu produire ces blocs P Ce sont pas des morceaux cassés et délités, puisqu'ils t une structure difi'érente de celle des grandes masses lal tiques dans les quelles ou auprès des quelles elles trouvent.

Mde. de L^ Tous eés faits prouvent bien que td »alte n'a pas été construit comme le granité ou les listes* Mais a-t-il des signes distincts et sârs d'una gine volcanique?

M t. de Pk Assurément I madame* et fe ne suis barassé que du choix. D'abord on trouve du basalte rsemé de bulles et du basalte compacte dans la même :he, comme les laves ou le mandelstein; tel est celui Tisle Graciosa (une des Canaries) décrit parHum« Idt. Puis on trouve également des basaltes qui se ingent en laves proprement dites par des passages perceptibles* Il contient quantité d'augites, de Ieu«

804 CBHT SEIZIEME SRTHBmDK*

cites et autres cnstûut^ qui prooveDt une origioe semblable à celle des laves, et même des géodes, qui proiH vent sa parenté avec le mandelstein. Ejofin Hantmann, le célèbre Géognoste de Gôttingen, nous ap* prend que le sommet basaltique près de £scfawege% nommé blaue Kuppe, est une déjection volcanique doot il a découvert le canal dans une roche de grès rongeéi> tre. La coupe verticale de cette montagne offre le filon et le lit, tous deux de basalte^ mêlé d'un peu de pâte du mandelsteiu.

Mr. de A* En voilà bien asset pour prouver V> rigine volcanique du basalte.

Mn de P. Ainsi le basalte est originairement i lit, une masse pâteuse qui s'est précipitée danslefojs d'un volcan, comme le calcaire qui a Fourni la c^raie^ di bien une roche de phjllade qui s'est détachée par b chaleur de la voûte de la caverne volcanique comme h masse gangeuse. II ne nous reste plus qu'à examiner s cette origine explique les phénomènes que nous obser< vous dans les basaltes.

Considérons d*abord les fissures* Nous avons dëji vu qu'elles conviennent fort bien à des masses cUiauffëa et refroidies en suite. Leur régularité tient a celle ds refroidissement. Car si nous imaginons qu'une grande masse pierreuse et chaufiee très considérablement soit plongée dans l'eau^ l'extérieur de cette masse se réfroi^ dira à la vérité irrégulièrement à la surface; mais le paséage du calorique du dedans au dehors se fera avec une certaine régularité selon là loi de la marche chimiqoei et les fissures seront perpendiculaires à la base aur bk

r CENT SBIZiilIB BMTRETIBN/ 896

lie repose le lit et à sa surface ^ si répaisseur est tîGOup plus petite que la longueur et la largeur, par jue c'est dans ce sens que se fait le plus grand re- CTè Si l'ëpaisseur du lit est considérable", il se for- %4l en outre des fissures parallèles à la surface. Si aisseur du lit n'est que de quelques pouces^ ilnese Aéra pas du tout de fissures, la chaleur pénétrant r:Z' vite de si minces couches; tels soht les lits de bas, au nombre de plus de cent de Tisle Graciosa* Le fe.lte étant une substance qui ée délite facilement, la îace du lit, qui s'est refroidie très vite par le contact médiat de Teau froide et crevassée par là en tout V , se délitera encore plus aisément et les mouve- M postérieurs de Tocéan charieront bientôt ces dé- 9 ne laissant à découvert que les prismes réguliers.

31de, de L, Cette explication des fissures dé ba-* i3 n'est-elle pas un peu forcée? J'ai peine à conce* C cette régularité.

Mr. de P. La concevrez-yons i si fe vous l'ofire^ lame, comme produit de l'art? Ëh bien! Hausmann u a appris que le grès sabloneux, dont on se sert sou* Ltpour en former la base des fourneaux de verrerie^ sd uvé quelquefois fissuré perpenditiulairement auxdeut faces, comme te basalte, en prismes a binq ou six is^ par le refroidissement lent du fourneauè

Mr. de Lr. La preuve est sans ilrepiique. Mais nment expliquerez-vous les fissures des blocs rolids coniques? Ici vous n'avez plus vos prismes.

Mr.dePè Rappeliez- vous notre théorie des déjec*

tioot Tolcaoiqoet , et vou trooTeres qne, lofic i I éroption Tolcaoique dure assez longtems pour é

là misse préparée « Topëration se termine par la i tioo de petites portions de cette masse irrégulièr arrondies 9 qui, lancées ici à une petite hauteur ci mer qui courre les roches déjà formées et le b f écoulé I retombent sur la surface de ce lit» Le o

L de Teau froide en a figé la surbce, tandis que

' rieur est encore chaud et mou. Si le lit n'est p

core durci k surface , le bloc s'enfoncera dans Bm par sa chute ; et s'il est déjà durci , le bloc rouleri le sens de son inclinabdn et s'arrondira davantage s'il a une figure un peu conique i le roulement sur sa longueur perfectionnera cette forme. Or, g la pointe se refroidit intérieurement plus vite ^ base, ce roulement inégal contournera la niasse e en forme de spirale d'escargot. Mais comme dac tre principe de refroidissement la position des fi dépend de la figure extérieure, il est clair que les isolés doivent être comme composés d*envelopp( répondent k la figure extérieure*

Mde. de L. J'admire la fécondité de ce pri de refroidissement I qui se plie avec tant de facilii phénomènes.

Jlfn de P. S'il restoit encore quelque dont la vérité de cette analogie entre la formation du h et celle de ce grès des fourneaux de verrerie | ui conde observation de Hausmann la lèveroit* Ce bre Minéralogiste a trouvé dans ces grès beaucoi petites bulles tapissées intérieurement d'one croui

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