L'EXEMPLE SUPRÊME DE N.-S. JÉSUS-CHRIST
Et à dater de ce jour, de cette parole , ce qui est ravissant , c'est de voir, dans l'Évangile , comment Jîotre-Seigneur ne fait plus un pas sur la terre , sans 5tre entouré des enfants et de leurs mères.
Avec cet instinct infaillible du cœur qui devine TaDacur où il est, ces pauvres mères venaient à Jésus- Christ pleines de confiance, et lui amenaient leurs petits en&nts : portant les uns entre leurs bras ou sur leur sein , tenant les autres par la main, elles le suppliaient de vouloir bien les toucher, les bénir, leur imposer les mains, et prier pour eux : Oblati sunt ei
parvuli, utmams eis importer et ^ et oraret Affere-
bant ad ilhim parvulos et infantes (1). L'Évangile , qui raconte toutes ces charmantes circonstances, remarque expressément que c'était à la fois : m/awtes et parvulos Ne croirait-on pas lire le programme de nos crèches et de nos salles d'asile , de nos petits Catéchismes et de nos écoles.
Mais ce qui est charmant aussi à voir dans l'Évangile , c'est que non-seulement les mères , mais les enfants se sentaient aussi attirés à Notre-Seigneur, comprenaient la confiance de leurs mères, et se montraient plus confiants encore.
La vérité est que , soit le doux regard de ses yeux, soit le sourire de ses lèvres, soit les affectueuses paroles qui sortaient dfe sa bouche et de son cœur, il y avait pour eux en Notre-Seigneur je ne sais quel
(1) Saint-Marc, cap. x, v. 13; — Saint-Lac, cap. xviii, v. 15.
charme inexprimable , et c'est pourquoi on les rencontre sans cesse sur ses pas dans l'Éyangile, lorsqu'il parcourait les villes et les bourgades de la Judée.
Ces petits enfants l'aimaient tendrement , le suivaient partout. Le bonheur de le voir, de l'entendre , d'être auprès de lui, leur faisait oublier tout le reste. Ils l'entouraient le plus près possible; ils tâchaient de percer la foule; on voyait leurs petits visages se montrer toujours au premier rang. Ils se sentaient aimés et venaient avec pleine confiance, comme quand on se sait préféré. Notre-Seigneur les faisait approcher, les bénissait, les embrassait, les présentait à ses disciples.
Et pourquoi cette prédilection de Notre-Seigneur pour les enfants? Eh mon Dieu! c'est que, malgré les défauts de leur âge, rien n'est innocent conune les enfants; rien n'est plus aimable que leurs qualités. Les enfants , en effet , sont en général simples, ingénus , candides , sans artifice et sans défiance; ils sont dociles et pénétrables; leur âme s'ouvre sans résistance et avec une aimable avidité à la vérité et à la lumière ; enfin , ils sont affectueux ; ils comprennent et devinent l'affection , et ils aiment ceux qui les aiment : leur cœur , non encore desséché par l'orgueil, l'intérêt ou les passions , conserve toute sa sensibilité et toute sa tendresse. Voilà pourquoi ils sont les privilégiés du Sauveur.
Et ne pensez pas. Messieurs, que je vous trace ici