‹ Entretiens sur la prédication populaireChapitre 14 sur 157 · L'EXEMPLE SUPRÊME DE N.-S. JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

L'EXEMPLE SUPRÊME DE N.-S. JÉSUS-CHRIST

de l'enfance un portrait d'imagination, un idéal qui ne s'est jamais réalisé, sauf dans l'Évangile, sur les pas de Notre-Seigneur. Ah ! Messieurs, je suis et j'ai toujours été un pauvre serviteur de Dieu et des âmes ; eh bien! moi-même, j'ai vu, j'ai expérimenté, dans ma petite mesure, tout ce que je viens de vous dire. Il ne s'est pas rencontré dans ma vie d'expérience plus constante, il n'y reste pas un plus ineffaçable souvenir. Il y a un lieu sur la terre où tous les admirables privilèges de cet âge béni, tels que je viens de vous les décrire, sont visibles et sensibles : ce lieu, je le reconnais, je l'ai longtemps habité, et je n'en puis redire ici de nouveau le nom, déjà tant de fois répété sans une émotion profonde, c'est le Catéchisme : oui, c'est le Catéchisme qui est encore ici-bas l'école de Jésus-Christ, et, pour les enfants que son amour y rassemble, c'est une école de vérité, de vertu et de bonheur. Oui c'est là où l'on comprend sans peine la prédilection du Sauveur pour les enfants, et la vérité de cette parole : Talium est regnum cœlorumf C'est là qu'on lit sur leurs fronts l'ingénuité de leurs âmes ; c'est là qu'on voit, dans la vivacité et la pureté de leurs regards, la vivacité et la naïveté, la candeur et sincérité de leurs intelligences : même ceux qui ont eu le malheur de se flétrir déjà, et qui n'apportent pas au Catéchisme cette première fleur de leur innocence, se purifient en vous écoutant. Leur âme, en ce moment, se dégage des sens, s'attache à la vôtre.

294 LA PAROLE GATÉCHiSTIQUE.

s'élève avec vous : vous l'emportez sans peine dans les régions célestes, elle vous suit avec transport

Il n'y a qu'à les voir, quand ils écoutent là, tous suspendus en quelque sorte aux lèvres de l'ami de Dieu qui leur parle ; quel ravissant spectacle ils présentent alors ! Ces fronts purs, ces yeux innocents, ce^ regards heureux, cette physionomie où se reproduisent toutes les impressions de leurs âmes émues sous le feu de la parole de vie ! N'est-ce pas vraiment la réalisation de cette parole du Sauveur : Revelasti ea parvulis.

Pour moi, je n'oublierai jamais le spectacle que m'offraient ces enfants, quand je leur parlais : tous ces regards vifs et brillants, fixés sur moi, étaient un ravissant miroir de leurs âmes, que traversait en ce moment la parole divine, comme le rayon du sold traverse le pur cristal : c'était vraiment le miroir de Dieu. La vérité s'y réfléchissait avec éclat : on sentait l'accomplissement de cette mystérieuse parole de l'éternel et divin amour : Pater, revelasti ea farvulis. Chaque parole, comme un rayon, rejaillissait sur ces visages et se reflétait sur ces vives physionomies : ils m'en renvoyaient la lumière, j'en étais éclairé moi-même. Vous avez vu tout à l'heure, Messieurs, dans ce vieil auteur de la vie de saint François de Sales, si naïvement écrite, vous avez vu parfaitement exprimé ce que je voudrais vous peindre en ce moment, cet effet merveilleux sur des âmes d'enfants

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