‹ Entretiens sur la prédication populaireChapitre 15 sur 157 · L'EXEMPLE SUPRÊME DE N.>S. JÉSUS-CIIRIST · texte numérisé non relu

L'EXEMPLE SUPRÊME DE N.>S. JÉSUS-CIIRIST

de la parole évangélique, de cette parole qui, sortie du cœur du Catéchiste, retentit immédiatement dans tous les jeunes cœurs qui forment son petit auditoire. Le vieil auteur a trouvé ce tour charmant pour peindre saint François de Sales, faisant le Catéchisme : il regardait son petit monde et son petit monde le regardait. Que de grâce il y a dans ce mot ! Comme ce regard mutuel du Catéchiste et des enfants indique bien cette mutuelle pénétration des âmes, qui n'a lieu nulle part ailleurs au même degré, parce que nulle part ailleurs la vérité divine ne trouve des âmes si ouvertes, si accessibles, si bien faites pour recevoir les mystères du ciel, pour boire la première rosée de la grâce et de Tamour. Oui, là a lieu une initiation ravissante, une révélation sublime : quand le Catéchiste ainsi entouré de regards charmés et d'âmes émues, élève les yeux et les mains au Ciel, c'est vraiment l'Ange de Dieu, qui a dans ses mains toutes ces âmes, et qui les emporte avec lui vers le royaume céleste pour lequel elles sont faites.

Tels sont, Messieurs, les privilèges de cet âge que le Sauveur a aimé et béni. A cette grande leçon d'amour et de zèle Notre-Seigneur ajoute, dans les paroles suivantes, une profonde leçon de respect : Et qui snsceperit unum parvulum talem, in nomine meo, me susdpit.

Ah ! Messieurs, si nous avions une foi vive, quelle impression feraient sur nous ces paroles ! quel encou-

rageni nt nous y trouverions! Ainsi c'est le divin Enfant Jésus, c'est ce Dieu plein de grâces et de charmes, et fait enfant pour nous, qu'il faut voir, qu'il faut aimer dans les enfants.

« Celui qui reçoit, qui accueille un petit enfant en e mon nom, c'est moi-même qu'il reçoit, qu'U ac- € cueille. Tout ce que vous aurez fait au plus petit de « ces enfants, c'est à moi-même que vous l'aurez c fait. »

Ainsi, ce bon Pasteur, ce Père tendre, ce doux Sauveur, qui est le modèle de notre respect et de notre amour pour les enfants, en devient aussi l'objet.

Ouvrez les yeux de votre âme, semble^t-il nous dire, ce petit enfant, c'est moi, ce n'est pas seulement une innocente et douce créature qui entrera dans mon royaume; c'est moi-même. Voyez-moi en lui, lui en moi, et n'approchez de cette âme qu'avec un tendre amour et un saint respect. Mais aussi, malheur à qui

les scandalise Qui autem scandalizaverit Quel

mot terrible ! car vous savez, Messieurs, quels scandales reçoit aujourd'hui l'enfance, dans le monde, et quelquefois là même où elle ne devrait attendre que de bons exemples !

Ah ! scandaliser l'enfance, ternir en quelque chose ces fronts si candides, flétrir ces jeunes cœurs, déflorer de telles âmes ! A cet enfant qui ignore, qui ne soupçonne pas même le mal, faire cette révélation

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