‹ Entretiens sur la prédication populaireChapitre 6 sur 157 · CINQUIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE

ILfOES G0M8EIL8 PRATIQUES POUR U PAROLE PASTORALE.

i voudrais, maintenant, Messieurs, arriver plus îtement à la pratique, et après vous avoir exposé [ue doit être la Parole pastorale, vous dire par s moyens divers et par quelle méthode vous Tcz vous former à cette parole.

Dus entrons ici, vous le voyez, dans un ordre les très-différent de ce qui précède; mais, tout ûl,qui veut être utile, doit toujours descendre considérations générales aux conclusions prati- > ; c'est ce que je vais faire, sans prétendre toutevous donner ici les règles de l'art oratoire, et ; offrir un traité de prédication.

n a beaucoup écrit sur cette matière. Vous laissez en particulier le savant traité si complet M. Hamon. Je serai beaucoup plus court. Je ne i ferai ni théories , ni dissertations ; j'irai direcent au but, je prendrai l'essentiel de? choses; ne bornerai à résumer ici quelques procédés, Iques méthodes; et encore ces méthodes, Messieurs,

ce n'est pas moi qui les inventerai : je ne veux faire ici qu'une chose , mettre simplement sous vos yeux la doctrine des plus grands maîtres que nous connaissions de la parole pastorale , telle que je l'ai recueillie de leurs œuvres, après une étude attentive , et particulièrement du beau et grand travail de Fénelon sur l'éloquence de la chaire. Nous ne pouvons, Messieurs, nous mettre à meilleure et plus sûre école.

Ma pensée d'ailleurs. Messieurs, n'est pas que les divers moyens ou procédés que je vais exposer ici soient obligatoires pour vous. Chacun restera libre de choisir ici selon sa nature, ses habitudes de travail et ses goûts. Je ne veux qu'une chose, vous aider, par ces leçons de Fénelon, et aussi de saint François de Sales, à vous faire à vous-même la méthode qui vous semblera la plus efficace pour vous former à la Parole pastorale.

Ce que je vais vous citer, Messieurs, confirmera d'ailleurs ce que j'ai eu l'honneur de vous exposer jusqu'à présent; et bien que dans les conseils que je vous présenterai, ou plutôt que vous donnera Fénelon et dans les défauts qu'il vous signalera, 3 ait quelquefois plus spécialement en vue les prédicateurs des villes, il vous sera facile, même alors , d'appliquer ce qu'il dira à toute prédication.

Ce grand homme, vous le savez. Messieurs, et je suis heureux d'avoir une occasion de vous le rappeler,

ce grand évoque a imprimé à la plupart de ses œuvres un sceau d'immortalité en les marquant au double caractère d'un génie transcendant et surtout d'un admirable bon sens. Les hommes supérieurs ont unanimement reconnu que son traité de l'éducation des filles avait fixé à jamais la bonne et solide éducation de l'enfance parmi nous. Ce qu'il a fait pour le duc de Bourgogne, a, du moins en théorie, également fixé l'éducation des princes : « Heureuse < la nation, dit quelque part La Harpe, à laquelle « la Providence réserverait un roi semblable à l'élève c de Fénelon ! >

Je ne crains pas d'affirmer que si les préceptes de Fénelon sur la prédication avaient été bien compris, ils auraient aussi depuis longtemps fixé l'éloquence sacrée parmi nous. Ce sont en effet les principes étemels de la raison et de la sagesse, les préceptes immuables de la nature, admirablement éclairés, développés, élevés par la foi.

Fénelon, comme prédicateur, a presque toujours été fort mal jugé, et ses préceptes sur l'éloquence sacrée fort peu compris. M. de Beausset et le cardinal Maury sont les premiers qui l'aient remarqué, et tous deux cependant sont bien loin d'avoir à cet égard rendu justice à Fénelon.

Gomme prédicateur, c'est à peine si M. de Beausset, son historien et son panégyriste, accorde qu'il eût pu monter à la suite de Bossuet et de Bourda-

loue dans la chaire sacrée : il croit faire beaucoup pour sa gloire en citant le jugement du cardinal Maury sur le fameux discours prononcé au sacre de Tarchevôque de Cologne : « La première partie de ce c discours est écrite avec l'énergie et l'élévation de « Bossuet; la seconde suppose une sensibilité qui <t n'appartient qu'à Fénelon. y>

Ce jugement du cardinal Maury m'a toujours paru doublement faux et absurde ; il est visiblement marqué au caractère de cette admiration, fort spirituelle peutêtre, mais vraiment niaise au fond, que le xvme siècle a vouée à ces deux grands hommes, qui est également injuste envers tous deux, et dont on fait toutefois encore si généralement profession pour eux ; comme si Fénelon n'avait pas autant d'élévation et d'énergie que Bossuet; comme si Bossuet n'avait pas une sensibilité aussi profonde que Fénelon. Vous qui en doutez, lisez donc, lisez une fois au moins, je vous en conjure, les Elévations sur les Mystères, les Médilations sur l'Evangile^ et les lettres spirituelles de ce grand et saint évoque! Et quant à l'énergie de Fénelon, qu'on lise sa controverse sur le Quiétisme, et on verra s'il en manque.

Sans doute ces deux grands hommes avaient deux génies différents : Bossuet avait plus de majesté et de grandeur; Fénelon plus de pénétration, de flexibilité et de grâce : Bossuet avait plus approfondi les mystères du christianisme ; Fénelon était monté

plus avant dans la haute philosophie. Ils parurent tous deux égaux dans la controverse, et peut-être les plus grands controversistes qui furent jamais, compris saint Augustin et Démoslhènes : seulement Bossuet combattait plus comme un géant qui écrase, et Fénelon comme un athlète dont le glaive est toujours perçant, lumineux, invincible.

Quant à l'éloquence sacrée, j'affirme avec tous les contemporains de Fénelon, avec La Bruyère, Vauvenargues et Saint-Simon, qu'il égala les plus grands maîtres et passa de loin tous les autres. Il n'a laissé que trois sermons, sur V Epiphanie^ sur le Ministère pastoral, sur les avantages de la vie religieuse : ils sont tous trois si beaux, qu'on a imprimé le dernier dans les œuvres de Bossuet, comme de Bossuet lui- Tnême, et jugé que la première partie du second était cligne de son génie, et la seconde essentiellement du génie de Fénelon. Quant au sermon sur l'Epiphanie, c'est un chef-d'œuvre reconnu ; et Fénelon, quand il le prononça, n'avait que trente-quatre ans! Le fait est que ces trois discours laissent loin derrière lui Massillon et Bourdaloue, égalent et dans leur genre surpassent peut-être Bossuet; et dans le panégyrique, genre si difficile, je le crois supérieur à tous, et à Bossuet lui-même ; les panégyriques de saint Bernard, de sainte Thérèse, et le discours pour la profession d'une religieuse, le prouvent.

Fénelon, comme prédicateur, semble avoir été jugé

vulgairement sur la quantité; on n'a point daigné lire ses sermons parce qu'ils ne formaient pas de nombreux volumes.

Ses principes sur Véloquence de la chaire n'ont guère été mieux appréciés. S'il est vrai, comme l'affirme M. de Beaussel, que l'ouvrage dans lequel il les a exposés (1), soit de la jeunesse de Fénelon, c'est un ouvrage prodigieux : sur cette matière si difficile, les hommes du plus grand génie n'ont jamais été plus loin à la fin de leur carrière, et rien ne me donnerait une idée plus haute, une plus extraordinaire estime de ce grand honune; mais j'avoue que je ne le pense pas ; et au fond cela importe peu.

Voyons donc quelle était la pensée vraie de Fénelon sur l'éloquence de la chaire, et d'abord ce qu'il pensait sur la forme et le fond , sur le but et le caractère de la parole pastorale.

Il y en a qui ont cru que Fénelon ne voulait pas de Téloquence parce qu'il méprisait comme indignes de la chaire évangélique les dhcours qui éblouissent h s auditeurs, et font beaucoup parler de celui qui les a faits sans être utiles à ceux qui les entendent : les ornements profanes, les traits d'esprit, les textes

{V Dialogues sur l'éloquence de la chaire.

ingénieux qui ne sont que de fausses applications de l'Ecriture, les manières froides et puériles, les affectations vaines de plaire à son auditoire, les pensées vagues et nébuleuses revêtues de phrases retentissantes et sonores, les périodes nombreuses dont chacune finit régulièrement par quelque trait surprenant, les antithèses brillantes, et tous ces riens pompeux, toutes ces frivoles délicatesses, toutes ces façons académiques, si déplacées dans la bouche d'un prédicateur de la foi, et qui sont d'ailleurs réprouvées par le bon sens et par le bon goût aussi sévèrement qae par la religion et par la gravité du ministère évangélique. Car faut-il^ s'écriait Fénelon, faut-il jtie des hommes chargés de parler en apôtres recueil^ ^ent avec tant d'affectation les /leurs que les pdiens mt foulées aux pieds?

Je ne puis le dissimuler : sans aucun doute ?énelon rejetait toute cette rhétorique profane ; nais en revanche ce Génie éminemment apostolique lemandait une éloquence forte et grave, instructive zvant tout, et profonde : quelque chose de familier , f insinuant , de populaire, mais qui fût en même temps 17/, figuré, sublime, toujours noble Qi touchant; quelque chose, en un mot, qui pût attendrir, éclairer, échauffer, enlever, vivifier, transporter les âmes. Mais n'est-ce donc pas là , je le demande, la plus belle et la plus haute éloquence ?

Fénelon voulait donc do l'éloquence, et il la vou-

lait jusqu'à se plaindre et à se moquer même des gens de bien qui croient que les prédicateurs éUh quents blessent la simplicité évangélique : il démontre, par les preuves les plus décisives, combien ce préjugé de quelques gens de bien est contraire en même temps à Texpérience et à la raison, et tranche la question par l'exemple des Pères, des Apôtres et de Notre-Seigneur lui-même. Il est manifeste en effet que si les apôtres ont foulé aux pieds conuné indignes d'eux la vaine pompe et les grâces frivoles des orateurs profanes, que s'ils ne se sont point attachés aux raisonnements subtils des philosophes, ils ont toutefois prêché Jésus-Christ avec toute la force et toute la magnificence du langage des Écritures. Saint Pauly dit Fénelon, a surpassé tout l'art des orateurs profanes.

Fénelon faisait même à ce propos une remarque vraiment curieuse, c'est qu'il y a peu de prédicateurs qui soient aussi éloquents et même aussi ornés que saint Pierre, saint Paul^ saint Jacques, saint Jude et saint Jean dans leurs simples épitres.

Pour lever toute difficulté , il ajoutait : « Il serait « aisé de montrer en détail , les Hntcs à la main , « que nous n'avons point de prédicateur en notre ^ siècle, qui soit aussi figuré dans se^ sermons les c plus préparés que Jésus-Christ Va été dans ses A prédications populaires. Je ne parle point de ses « (liscom^ apportés par saint Jean, où tout est

« sensiblement divin ; je parle de ses discours les « plus familiers et les plus simples. »

Voilà comment Fénelon entendait la simplicité évangélique ; et n'est-ce pas de la sorte que l'avaient également comprise tous les Pères? et saint Jean Chrysostôme, la bouche d'or de Constantinople, et saint Augustin, ce grand maître du pathétique et (Ju sublime, et saint Ambroise, et saint Basile-le-Grand et saint Grégoire de Nazianze, et l'austère saint Jérôme, n'auraient-ils pas tous condamné aussi sévèrement que Fénelon, les gens de bien dont nous venons de parler, et surtout « certains prédicateurs

< zélés , qui , sous prétexte de simplicité apostoli- « que, n'étudient solidement ni la doctrine de l'Écri- •: ture, ni la manière merveilleuse dont Dieu nous y ^ a appris à persuader les hommes, et s'imaginent ^ qu'il n y a tantôt qu'à crier et qu'à parler du diable ^ et de l'enfer pour convertir les âmes ; » tantôt qu'à jeter des fleurs romantiquement évangéliques Sur les imaginations et les cœurs malades pour les guérir.

<t C'est ainsi qu'on s'éblouit soi-même et qu'on

< éblouit les autres ; » mais ce n'est point ainsi qu'on fait de ces fortes et grandes impressions que l'Écriture apprendrait à faire. On ne laisse dans l'esprit des auditeurs ni conviction, ni vérité distincte ; l'Écriture seule peut donner le secret de c rendre Içs instructions sensibles et populaires,

« sans leur faire perdre la hauteur et la force qu'elles « doivent avoir. »

« Cette simplicité, » continuait-il avec une gravité sévère , n'est donc « qu'une ignorance et une grossièreté qui tente Dieu. « Rien ne peut excuser ces gens- « là, que la droiture de leurs intentions. ^

Il allait même, et je suis aise de le remarquer, afin de satisfaire à certaines exigences raisonnables de ce siècle , appuyé sur l'exemple décisif des prophètes et des apôtres , il allait jusqu'à vouloir qu'il y eût de la poésie dans l'éloquence sacrée , il affirmait sans hésiter « qu'il n'y a point d'éloquence sans € poésie. La poésie, » disait-il, « est plus sérieuse et « plus utile que le vulgaire ne le croit : toute l'Écri- <t ture est pleine de poésie dans les endroits même « où on ne trouve aucune trace de versification. » Et, dans le vrai, il n'y a qu'à y réfléchir sérieusement pour comprendre avec lui que « la poésie n'est « poésie qu'en ce qu'elle peint avec enthousiasme « et par des traits plus hardis. y> Mais n'est-ce pas là encore un des caractères essentiels de l'éloquence ?

On le voit donc bien clairement, Fénelon ne rejetait pas l'éloquence ; mais on comprend en même temps qu'après avoir tant donné à l'éloquence, il lui était certes permis de montrer une sévérité inflexible,, et peut-être dure à ceux qui ne montent dans 1 chaire chrétienne que pour exciter la cunosité et l'ad~^ miration par les discours éblouissants d'une éloquen

profane, pour plaire à de frivoles auditeurs et obtenir rf'cux de coupables applaudissements. Fénelon avait observé de son temps ce que nous serions trop heureux de ne plus voir dans le nôtre, savoir, qu'il y a des nations et des époques auprès desquelles, « un « goût dépravé et la passion aveugle de dire quelque « chose de nouveau^ i> sont des moyens infaillibles de succès. Voilà ceux, ajoute-t-il, « qui sont toujours « applaudis par les femmes et par le gros du monde,

* qui se laissent aisément éblouir. Ce n'est toutefois

* qu'une vogue capricieuse qui a besoin d'être sou-

* tenue même par quelque cabale... Mais faut-il que

* les ministres évangéliques soient moins sérieuse-

* ment touchés du salut éternel des peuples , que

* les païens ne l'étaient des intérêts de leur pa- ^ trie? 3)

< Cette éloquence mercenaire doit-elle être ^ soufferte? > demande alors gravement Fénelon. ^ Non, répond-il, les plus vils métiers ont une fin ^ solide ; 3) il n'y aura donc que nous qui aurons Pour but d'amuser les hommes par des paroles ; *^ul aboutira au pied de la chaire évangélique, ^*Un côté à satisfaire la curiosité et à entretenir "oisiveté des auditeurs , et de l'autre à nourrir la vanité et l'ambition de celui qui parle. « Non, non, ^ répond avec dureté Fénelon, les plus vils métiers ^ ont une fin solide. Un cordonnier au moins fait « des souliers, et ne nourrit sa famille que d'un

€ argent gagné en servant sérieusement le public € pour de véritables besoins ; > ne descendons pas au-dessous de lui.

Voilà les principes de Fénelon sur le fond, sur le but, sur les caractères de l' éloquence sacrée. Ilssonl assurément incontestables.

Ces premières réflexions aideront à faire comprendre aussi ses vrais principes sur la méthode de savoir et de réciter les sermons par c(Bur.

Cette méthode est très-répandue. Est-elle la meilleure? Doit-on la conserver ou la rejeter? Doit-on au moins s'y tenir toujours, on bien travailler à en acquérir une autre plus en rapport avec le but de la parole pastorale? Que pensait sur ce point Fénelon?

Sans rejeter absolument cette méthode, qu'on pourrait, dit-il, conserver pour certains discours extraordinaires , Fénelon , Messieurs , conseillait fortement aux prédicateurs d'en adopter une autre.

On s'est beaucoup récrié contre ce conseil : on a dit qu il n'était propre qu'à faire des missionnaires de village et à étoufler la grande éloquence. On a dit ces choses autrefois plus qu'on ne les dit aujourd'hui. On commence aujourd'hui à comprendre le sens et rexcellence de ce conseil : la tribune, le barreau et la chaire évangélique ont offert de grands modèles,

qui ont assez démontré combien pouvait être bonne et puissante en tous lieux et en tous temps l'éloquence improvisée qui, au fond et dans le vrai, est la seule véritable éloquence, mais qui n'est telle, toutefois, qu'à la condition d'être très-fortement et trèssérieusement préparée, remarquez -le bien. Messieurs.

Qui n'a senti d'ailleurs tous les inconvénients de cette méthode, qui condamne un prédicateur à charger péniblement sa mémoire, à réciter son sermon, comme un écolier sa leçon, et à reprendre quelquefois plusieurs mots pour retrouver le fil de son discours ? Cette triste nécessité lui donne une action contrainte, lui ôte la liberté d'un ton vif, naturel, entraînant au point qu'il ne peut s'abandonner à un mouvement extraordinaire sans se mettre en danger de perdre la suite de ses pensées et de son discours ; au contraire celui qui n'apprend point par cœur se possède, s'exprime naturellement, ne parle point en déclamateur ; les choses coulent de source ; ses expressions sont vives, incultes parfois peut-être, mais toujours pleines de mouvement. De plus, il proportionne les choses à l'impression qu'elles lui semblent produire sur l'auditeur; il voit ce qui entre et ce qui n'entre pas dans l'esprit ; il le reprend d'une autre manière, il le revêt de tours et d'images plus sensibles ; il prépare, observe, poursuit ainsi ses propres progrès dans les fîmes, et finit presque toujours

ido LA Parole pastorale.

par atteindre son but qui est de persuader et de convaincre.

Toutefois, même après avoir compris ces inconvénients et ces avantages, on dit encore : Mais ces sermons-là, quoique plus vifs et plus naturels, seront nécessairement d'un ton inégal, et vides de doctrine, maigres, sans fond solide, sans justesse et sans force; ou bien cette méthode suppose, dans le prédicateur, un talent extraordinaire, et ne peut par conséquent convenir au grand nombre.

Voilà bien à quoi se réduit ce qu'on a dit de plus sérieux contre cette méthode.

Voici ce que répond Fénelon.

Il commence (ceci est capital, et c'est faute de l'avoir bien compris qu'on a cru pouvoir l'attaquer), il commence par bien poser l'état de la question.

a Je mets d'un côtéy dit-il, un homme qui compose « exactement son discours et qui V apprend par ccsur « jusqu'à la moindre syllabe.

(L De Vautre, je suppose un homme qui se remplit « de son sujet, qui en médite fortement tous les « principes, et dans leur étendue^ qui s'est fait un « ordre dans l'esprit, qui prépare les plu^ fortes € expressions par lesquelles il veut rendre son sujet « sensible, qui range toutes ses preuves, qui prépare « un certain nombre de figures touchantes; en un « mot, un homme qui sait tout ce qu'il doit dire et <L la place où il doit mettre chaque chose; mais qui

« le sait par un travail d'intelligence, plutôt que < par un effort de mémoire, quoique la mémoire € Taide beaucoup dans son travail : seulement il ne

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