RÉVOLTE DE LUDOLF
le joor de Noël de l'an 950, et croit pouvoir assurer complètement sa fortune et celle de sa maison en demandant pour son fils Adalbert la veuve du mort. Hais il se heurte ici contre l'antipathie d'une femme il contre l'ambition du souverain du temps qui avait les mains les plus longues pour faire les grands mariages politiques. Adelhaïde refuse la main d'Adalbert. Dépouillée de ses trésors, de ses joyaux et rèdnite, dans la ville de Côme et ensuite dans un château du lac de Garde, où elle est étroitement surveillée, à une seule servante, elle s'enfuit, aidée d'un chapelain, et, sous la protection d'un certain Azzo, vassal de l'évéque de Reggio, du château fort de Canossa, elle implore le secours du puissant Otton. I Depuis plusieurs années, Otton avait perdu sa femme ' Edilhe; il vit en Italie une main de femme qui pou- I »ait Ini tendre une couronne royale, celle peut-être I inn empereur.
' Après avoir envoyé en avant son frère, Henri de j Bayière, et son fils, Ludolf, duc de Souabe, au delà I lies Alpes, Otton arrive (sept, 951), avec son gendre, I Conrad le Ronge, et, derrière, les bannières des I Saxons, des Thuringiens, des Lorrains et des Fran- ' (oniens. Bérenger et son fils s'enfuient dans leurs ciiiteaux. Les évéques, si puissants dans les villes, OQvrent leurs portes, sauf Milan, qu'on assiège. C I de Pavie, envoie son frère, Henri, avec des pré à Cuiossa, pour offrir sa main à Adelhaïde. C< rentre Uhre à Pavie, où elle avait été si maltieui lA Otton l'épouse en décembre 951. Mais le roi I maiD ne peut pousser encore plus loin.
3. Révolte de Ludolf. — Le fils aîné d'Olton, Ludolf, s'en était retourné avec les siens au delà des Alpes, en Souabe, assez mécontent du mariage d( Pavie, accompagné de Tarchevéque de Mayence, Fréi déric, un des anciens adversaires d'Otton. Conrad W Rouge, le gendre même d'Otton, laissé avec peu d troupes en Italie, et ne pouvant forcer Bérenger dan ses châteaux, persuade à celui-ci pour en finir de venir prêter, en Allemagne, hommage à Otton. Mais Adelhaïde voulait garder sa couronne et satisfaire sa vengeance. Henri, frère d'Otton, la soutenait; et il ne ménageait pas les marques de mépris à son neveu Ludolf. Conrad le Rouge insistait aussi pour qu'on s'arrangeât avec Bérenger. Dans un synode et à la diète tenus à Augsbourg, en 982, le roi Otton affecte des airs de souverain qu'on ne lui avait pas vus jusque-là. Bérenger et son fils Adalbert sont obligés de se prosterner aux pieds de la reine Adelhaïde et de lui demander pardon; puis ils prêtent encore, à genoux et la main dans la main du roi, hommage de vassalité pour la couronne d'Italie. Adelhaïde, en donnant un premier-né à Otton, met le comble au désappointement de Ludolf, aux craintes de tous. Le fils d'Edithe, l'héritier désigné d'Otton, entraîne bientôt à Mayence le premier prélat du royaume, le gendre du roi, Conrad le Rouge, et enfin le comte palatin de Bavière, Arnulf, contre le duc Henri et contre le roi. On s'armait, on rassemblait des hommes dans les châteaux. Au commencement de l'année 983, sur les bords du Rhin, les premiers symptômes de la révolte éclatent d'une façon menaçante.