LA BATAILLE DÛ LECU
se font tuer sur place et lassent la furie hongroise. Les envahisseurs s'ébranlent alors et, poursuivis, se noient dans le Lech.
Cette victoire éclairait déjà Otton de quelques-uns des rayons de la gloire de Charlemagne. « Le sacerdoce est uni à la royauté, » disait Bruno à son royal frère. Celui-ci ne craignait plus les duchés ; il partageait la Saxe entre Hermann Billung, duc, et Gero, margrave. Il laissait la Bavière au fils de son frère. Il favorisait l'hérédité des duchés, même celle des comtés; mais, avantageant les évéques et abbés pour leur faire équilibre, il se faisait surtout de rÉglise un appui. Non seulement il confère les premiers sièges à sa famille ; mais, confondant les offices d'Église et les offices d'État, il fait plus d'une fois d'un archevêque un duc et un comte, et accorde môme à des abbés et à des abbesses le pouvoir judiciaire, le ban militaire et les douanes dans les villes. Aussi les progrès de TÉglise suivent ceux de l'empire. Les frontières de l'Allemagne affermies, le christianisme recommence au delà à faire quelques progrès, par exemple au sud-est, dans la marche de l'Osterrick (Autriche).
(ï Depuis Charlemagne, pouvait dire Dithmar de teebourg, l'Allemagne n'avait pas eu un chef et un défenseur pareil sur le trône. » Il s'en fallait de beaucoup, certes, que le rôle d'Otton eût le caractère de grandeur chrétienne et européenne- de celui qui avait fait entrer l'Allemagne entière même dans la société chrétienne. Mais tout poussait Olton à cette imitation. C'est ce qui le mena encore en Italie.
ENTRETIENS SUR L*HISTOIRE. — Itl. 19
Olton le Grand, roi dllalie et empereur. — Saint-Empire
romain germanique (962-973).
En Ilalie, Bérengcr II avait cru, pendant dix ans. recouvrer une certaine indépendance. A Rome, gouvernée depuis si longtemps par de puissants barons, i le fils de Marozie, le fameux Albéric, avait disposé plusieurs fois, comme patrice et sénateur, de là papauté, sans d'ailleurs faire de trop mauvais choix. En laissant son pouvoir de patrice à son fils Octavien, il avait fait à ses partisans la recommandation d'élever aussi celui-ci, à la mort du pape Agapetll, à la chaire de Saint-Pierre. C'était faire une étrange confusion du principat et du pontificat, que de mettre ainsi un seigneur féodal sur la chaire de Saint-Pierre ; mais ce pape Jean XXI, descendant des ducs de Spolètc et de Toscane, restituait à l'Église romaine une partie de ses domaines et de son pouvoir usurpés, et consacrait son pouvoir temporel. Au midi de la péninsule, la ville de Naplcs n'avait-elle pas alors aussi un maître nui ôlait à la fois duc et évêque? et l'archevêque de Cologne, Bruno, chez Otton, n'était-il pas duc de