‹ Entretiens sur lh̕istoire du moyen âgeChapitre 104 sur 174 · OTTON I", ROI D'ITALIE · texte numérisé non relu

OTTON I", ROI D'ITALIE

I-orraine? Rien ne fait mieux connaître le caractère élrange, confus, général, de ce temps. Le pis fut ce-\ ' [lendant, pour i'Italié, que Jean XII prétendit reven-A (liqaer tout rancien Etat de l'Église et, par là, excita / les craistes et les jalousies de Bérenger II. La vieille rivalité entre le saint-siège et la royauté d'Italie re-' naissait sous une autre forme. Rien ne pouvait élre plus favorable a l'ambition d'Otton.

Déjà plusieurs des évéques, des vassaux ou des sujets lombards du roi Bérenger II s'étaient réfugiés en Germanie. L'un d'eux surtout, Luitprand, devenu cèlùbre comme l'hisLorien de ce temps, était parmi Itâ plus ardents à animer Olton contre celui qu'il appelait le tyran Bérenger. Bientôt arrivèrent en Aile- \ magne deux émissaires de Jeao XII lui-même. Donc, '. M printemps de 961,1)11011,8 Aix-la-Chapelle, et avec le consentement de l'archevêque de Cologne son Ois, de celui de Mayence son frère et d'autres évéques et princes, faisait couronner solennellement, ■ le 36, jour de Pentecôte , comme son successeur tlésigné, le flis que lui avait donné Adelli^de, Olton II, et obtenait des princes la promesse de le suivre en Italie. L'armée comptait autant d'archevé- f <|ues, évoques ou abbés en armes avec leurs vassaux tl leurs soldats quede princes, ducs, comtes ou soi- ■ gneurs; on donnait à l'expédition le prétexte d'un pèlerinage armé à Rome.

lorsque le roi germain descendit dans I liardie, en octobre 961, le roi d'Italie, sa le son fils se dispersèrent dans les château. Walbert, l'archevêque de Milan, rassembli

d'évéqaes ou de seigneurs italiens qu'il put, et ceignit Otton de la couronne de fer des rois lombards, dans la vieille église de Sainl-Âmbroise, avec une pompe barbare. De là, Otton traita avec le pape Jean XII de son entrée à Rome et de son intention d'y prendre la couronne. Il fit dire au pape : <c Si j'entre à Rome avec l'aide de Dieu, je jure d'élever l'Église de tout mon pouvoir; et toi, Jean XII, son chef, jamais, par ma volonté ou à ma connaissance, il ne sera porté atteinte à ta vie, à tes membres ou à j ta dignité. Ce qui viendra en mon pouvoir du territoire de saint Pierre, je te le restituerai. A quelque I personne que je remette le royaume d'Italie, je lui 1 ferai jurer de défendre, de tout son pouvoir, l'État i de l'Église, la terre de saint Pierre. »

L'entrée du roi Otton, à Rome, en février 962, ne fut pas accompagnée des manifestations romaines qui avaient salué autrefois la venue de Charlemagne. Quand Otton, à Rome, conduit par le pape, descendit dans la sombre crypte où était le tombeau de l'apôtre, il dit à son porte-glaive : « Pendant que je vais prier à genoux, tiens bien cette épée sur ma tête; je sais que mes ancêtres ont souvent éprouvé la mau-^ vaise foi des Romains. Le sage cherche son saluf dans la prévoyance. » Le lendemain, jour de la Chan^ deleur, Otton, paré, comme autrefois Charlemagne^ de la tunique et du manteau romains, suivi d'un^ grande assistance d'évôques et de seigneurs ger^ mains, accompagné de sa femme Âdelhaïde, trouva le pape et le clergé de Rome dans l'église Saintj Pierre. Selon l'ancien cérémonial, le pape oignl

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