‹ Entretiens sur lh̕istoire du moyen âgeChapitre 105 sur 174 · OTTON LE GRAND, EMPEREUR · texte numérisé non relu

OTTON LE GRAND, EMPEREUR

Otloû du saint chrême et, en lui mettant une couronne d'or et de diamants sur la tête, le proclama Empereur et Auguste^ au milieu des acclamations des grands et du clergé en grande partie allemands qui étaient présents.

A quelles conditions cet acte, qui eut une si grande importance, fut-il conclu? Il existe, assure-t-on, au Vatican, un titre, en lettres d'or, d'Otton P'*, daté du 13 février 962; il confirmerait Tancienne donation, faite par Pépin à TÉglise, en y comprenant les villes de Venise, de Spolète et deBénévent et la Sicile, dont l il promettait la restitution, sauf les droits de l'empire, et il établissait que l'élection et la confirmation du pape auraient lieu devant les envoyés impériaux, dans Rome tenue à prêter serment à Tempereur. Ce serait la preuve du renouvellement de l'ancien pacte de Charlemagne et de Léon III. Mais Tauthenticitéde cet acte est très contestable: Tusage môme fait par Otton de son nouveau pouvoir nous montre de suite qu'il y eut là, dès le premier jour, non un {acte qui lia, en les accordant, les deux parties, mais on partage léonin, imposé de fait par un maître assez adroit pour être arrivé jusqu'à Rome sans prendre cle formels engagements. Dans un synode tenu à Saint-Pierre de Rome, Otton décide, contre tous les désirs et les intérêts du pape, les nominations contestées des archevêchés de Salzbourg, de Trêves et même celle de Reims, si importante pour la possession toujours disputée de la Lorraine et pour l'avenir de la couronne de France! Otton se sert de la papauté pour achever d'affermir son pouvoir; il ne

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s'allie pas avec elle. Aussi le conflit éclate-t-il bientôt entre le nouvel empereur et le pape.

Dès l'été de 963, le pape Jean XII envoyait deux nonces réclamer, auprès d'Otton, la restitution promise des territoires d'Église; et les ennemis de celuici auprès d'Otton élevaient contre le pape des accusations terribles. Il correspondait, à les en croire, avec le fils de Bérenger II, Adalbert, avec la cour de Byzance, même avec les Hongrois ; et on ajoutait à ces accusations contre lui le récit de scandales inouïs, inénarrables. Otton arrive bientôt lui-même en armes sous les murs de Rome. ^ean^XU défend ses murailles avec les siens, le casque en tête et le haubert sur les épaules ; mais quelques impériaux ouvrent les portes. Jean s'enfuit en Campanie pour s'y cacher « comme une bête qu'on traque » ; Otton entre l'épée à la main dans la ville de Rome (2 nov. 963).

Le clergé romain, les nobles et les députés du peuple prêtèrent le ^efment~3ë"né' point élire désormais au saint-siège sans le consentement de l'empereur, qui avait eu jusque-là seulement la confirmation de l'élection. Cette loi nouvelle a immédiatement un effet rétroactif. Trois jours après, un synode composé des archevêques et évêques allemands présents, des archevêques ou évêques récents, nommés en Lombardie, ainsi que de quelques nobles romains et d'un représentant du peuple, présidé par l'empereur, procède au procès et à la dégosition^iejeaii^ Luitprand, le futur historien de' ces événements, conduit toute l'affaire. Il constate l'absence au synode du pape Jean XII, le principal intéressé dans cette

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