‹ Entretiens sur lh̕istoire du moyen âgeChapitre 107 sur 174 · SAINT-EME4RE ROMAIN GERMANIQUE · texte numérisé non relu

SAINT-EME4RE ROMAIN GERMANIQUE

raies que d'organisation monarchique. Mais Otton est le souverain qui commande à la plus grande partie de ia féodalité militaire et ecclésiastique de ce temps, le plus puissant cher politique et militaire de l'Europe. ÛJton^faitJfis.,2apes à son jjé; il met l'Église dans l'État; sous son empire à la fois temporel et spirituel, politique et religieux, la terre et le ciel presque lui obéissent, à Tombre de la sainte lance. S'il soumet les Slaves, il les convertit. Il préside les synodes qui légifèrent à son gré et les diètes qui lui donnent des soldats. On le voit à la fois inféoder les duchés et investir les évoques. Au-dessous de lui se confondent ainsi les deux sociétés, l'État et TÉglise : l'archevêque rivaUse de puissance avec les ducs, l'évoque avec les comtes; l'archevêque de Cologne gouverne deux' comtés en Lorraine. L'empereur porte la boule du monde dont le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel sont comme les deux hémisphères.

t Voilà ce qu'on appellera bientôt le Saint-Empire {romain germanique^ romain parce qu'il prétend conîtinuer l'empire de l'antiquité, germanique par l'origine de celui qui le restaure, saint par sa consécration ecclésiastique ; conception funeste à l'État et à l'Église qu'elle confond, à l'Allemagne et à l'Italie qu'elle veut unir, à l'Europe qu'elle prétend dominer! Qui ne voit le vice de cette confusion, les périls de cette ambition excessive, le vide de cette grandeur et le faux éclat de cet empire? Il ne connaît ni ce qui l'appuie, ni ce qui le constitue, ni ce qui le borne. Il prétend instituer la papauté et il dépend f d'elle, puisqu'elle le consacre. Il met aujourd'hui '

298 RESTAURATION DE L'eMPIRE EN ALLEMAGNE

l'Église dans TÉtat et peut voir demain TÉlat mis dans rËglise. Il nait en Allemagne, il s'achève en Italie, et il n'assure la prospérité et la paix à aucune de ces contrées ; car il néglige Tune pour s'assurer l'autre, et sa présence n'apaise jamais en Italie les désordres que son absence fait naître en Allemagne. Ces deux contrées pourraient-elles le contenir? Il n'appartient en propre ni à l'une ni à l'autre. Héréditaire aujourd'hui, il ne le sera pas demain; fixé aujourd'hui dans une famille et demain dans une autre. Suzerain un peu partout, mais n'ayant pas une contrée, un vaste domaine continu en propre, il passera successivement aux différents peuples, aux différentes contrées de l'Allemagne sans avoir ni centre ni capitale durable. C'est une épée dont la pointe est partout ot la poignée nulle part.

1. Civilisation germanique. — L'œuvre cependant du souverain qui mêla l'Allemagne aux contrées latines et qui fit chez elle de l'Église un instrument de gouvernement, fut loin de lui être inutile. Menacée de retourner à la barbarie, elle renoue une tradition interrompue, grâce à Tordre qu'Otton cherche ii faire régner sous lui et à la sécurité extérieure qu'il lui assure. Sous lui et sous ses fils, l'Église achève de faire l'Allemagne chrétienne. Elle s'empare tout à fait de la vie et commence à remplir de ses enseignements l'esprit des fidèles. Les vieilles croyances dis- I paraissent. LeJTejitûa.nc. diy[s^^JUis rannée^j)ar lunes; les mois prennent des noms nouveaux avec une distribution nouvelle des jours. L'Église préside aux grands actes de la vie de l'ancien adorateur d'Odiii

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