‹ Entretiens sur lh̕istoire du moyen âgeChapitre 108 sur 174 · CIVILISATION GERMANIQUE · texte numérisé non relu

CIVILISATION GERMANIQUE

et répartit là aussi ses grandes fôtes religieuses avec chaque saison nouvelle. Les vieilles croyances cèdent à ce mystique système d'éducation morale. Chaque jour est mis sous Tinvocation d'un saint, le plus souvent d*origine étrangère. Les abbayes se multiplient au fond des bois consacrés jadis à Odin ; Termite bâtit sa hutte au bord de la source autrefois hantée par nue vieill^ divinité. La foule ne se rassemble plus à i ?:rands cris et en agitant les mains pour empêcher le i loup Fenris de dévorer l'astre des nuits; elle court l aux autels, elle s'y agenouille.

Avec la civilisation qui recommence naissent les arts et les lettres importés de Gaule et d'Italie. Otton décore de colonnes venues de loin, aux bords de l'Elbe, à Mersebourg, au milieu des marais, l'église qu'il avait promise pour la victoire remportée sur les Hongrois. Le frère d'Otton, l'archevêque Bruno, élève, à Cologne, l'église Saint-Pan taléon. L'influence lie l'Italienne Adelhaïde et des rapports entretenus bientôt par Otton avec la cour de Constantinople sont sensibles dans ces premiers essais d'un art romanol)vzantin que la terre allemande ne connaissait point. Dithmar, pour achever la ressemblance de son héros avec Charlemagne, prête à lui et à sa cour des préoccupations littéraires. La seconde femme d'Otton, l'Italienne Adelhaïde, cherche à lui inspirer le goût des lettres; il apprend à lire dans sa trente cinquième année. Son frère Bruno, l'archevêque de Mayence, apprenait le grec; il faisait beaucoup pour l'instruction ecclésiastique, dans son diocèse, à Cologne et à Vtrecht. Les écoles de Saint-Gall, de Reichenau, de

Corvey refleurissent. Ollon le Grand méritait que là s'instruisissent ceux qui pourront raconter ou chanter son règne, parfois avec complaisance. La grande abbaye de Corvey lui donnera, pour écrire les trois livres remplis de ses actions, le moine Witikind, de Saxe. Du monastère de Saint-Jean, à Magdebourg, sortira, pour faire son histoire en huit livres, et pour devenir évêque de Mersebourg, un noble rejeton de la race salienne, Dithmar; et la célèbre nonne de Gandersheim, Roswitha, qui encadre les vies des saints et des saintes dans des comédies imitées de Térence, payera, en vers latins louangeurs, la dette de reconnaissance de son monastère, fondé, enrichi et embelli par la famille saxonne. S'il est impossible à rÉglise de bannir de Timagination des peuples ces vieux contes héroïques qui se transmettent de génération en génération, pour former la grande épopée nationale des Niebelungen, elle s'efforcera au moins deTémonder, de l'adoucir, de prêter à ses anciens héros des sentiments chrétiens, un peu plus tard même chevaleresques, et de placer quelques-unes de ses scènes au seuil de ses basiliques.

Ija puissance d'Otton, l'ordre relatif qu'il fit régner en Allemagne et la sécurité des relations garantie avec des pays voisins, ne furent pas inutiles non plus au commerce, à la production et aux progrès de la prospérité en Allemagne. Remis en vigueur, quelques Capitulaires de Charlemagne ou de Louis le Débonnaire favorisent l'entrée et le transit des marchandises qui viennent de l'empire byzantin, par Passau, Lorch et Ratisbonne, dans la Saxe du Nord, jusqu'à

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