‹ Entretiens sur lh̕istoire du moyen âgeChapitre 11 sur 174 · SERMENT DE STRASBOURG · texte numérisé non relu

SERMENT DE STRASBOURG

pour mon frère, en toute et chaqae cause, comme un homme doit tenir pour son frère, etc., etc. »

En langue romane : Pro deo amur et pro Christian poblo et nostro commun salvament, dist di en avant^ in quant Deus savir et podir me dunatj si salvaraeio cist meon fratre Carlo et in adiudha et in caduna causa, si cum om per dreit son fradra salvar dist.

En langue germanique d'alors, dialecte francique : In godes minna, ind in thés christianes Folches ind nnser bedhero gehaltnissi, fou thesemo dage fromordeSj so fram so mir god gewiesi indi mahd furgibt, sa haldih tesan minan bruodher, soso man mit rehtu sinan bruodher scaL

Voilà le double serment dans les langues originales. Ce qui est plus important encore que le texte qui nous en a été conservé, c'est qu'il fut prêté par les deux rois et par les deux peuples, dans la ville de Strasbourg, déjà riche et populeuse, divesy argentea^ populosa, parce que dans cette contrée on parlait alors les deux langues.

Sans pouvoir, en effet, prétendre que le Rhin séparât alors deux peuples d'origine et de langue différentes, on peut afflrmer que, dans cette contrée, entre la Meuse et le Rhin, où il subsistait alors de profondes traces de la civilisation gauloise ou romaine, qui disparurent plus tard pendant sa réunion à FEmpire allemand, ces deux idiomes et ces deux races, représentés par les deux langues, s'y étaient profondément pénétrés et s'y équilibraicfft presque dans une juste mesure. On trouve, dans deux conciles tenus même à Mayence, en 813 et en 847, un canon.

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