‹ Entretiens sur lh̕istoire du moyen âgeChapitre 110 sur 174 · LE MOINE GERBERT · texte numérisé non relu

LE MOINE GERBERT

l'école épiscopale de Reims, Gerbert y acheva son instruction dans les grandes affaires du temps, comme secrétaire d'Adalbëron, au spectacle même des intrigues dont il fat peut-être plus que le témoin curieux et intelligent.

2. Otton II (f Allemagne; Lothaire II de France, — C'est pendant le règne d'Otton U en Allemagne et du carolingien Lothaire II en France que Gerbert remplit ses premières missions diplomatiques. Rien ne demandait alors plus de prudence, pour un archevêque de Reims, que la position de son archevêché ot de la ville, entre l'Empire et le royaume de France, ontre le fils d'Olton le Grand, Otton II, et Tavantdernier Carolingien, dont le puissant duc robertinien, Hugue Capet, visait alors Théritage. La dynastie impériale fondée par Otton le Grand baissait déjà sous soQ fils, Otton II. La fortune du robertinien Hugue de France grandissait. Entre les deux, la situation du carolingien Lothaire II, représentant d'une dynastie au moins déchue de l'empire, était fort difficile.

Otton II, élevé au trône à dix-huit ans, en 973, empereur et roi, sous la tutelle ou du moins la direclioû de deux femmes étrangères, une Italienne et une Grecque, et de l'archevêque de Mayence, Willigis, ne manquait pas d'ambition. La puissance fondée par son père Ty portait. Il voulait, comme lui, disputer la Lorraine à la France. Sur la même frontière, le roi Lothaire soutenait les revendications des fils de Renier au Long-Col, pour rattacher la Lorraine à son royaume. Otton II fait droit d'abord aux réclamations des fils de Renier au Long-Col et leur rend leurs

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possessions dans le Hainaut. Mais, pour rompre en visière au carolingien Lothaire, en France, il sépard de lui son frère, un ambitieux vulgaire du nom dé Gliarles, en lui donnant le duché de basse Lorraine, à la condition de Thommage. C'était une politique, douteuse, pleine de difficultés. En France, on reprochait à ce Charles d'avoir prêté hommage à un roi germain; et, en Allemagne, on blâmait Otton II d'avoir donné ce pays à un Carolingien. Ottoo le sentait; et c'est pourquoi il était à Aix-la-Chapelle, en juin 978, avec sa cour. On y déployait une grande pompe, quand le roi de France Lothaire crut le moment venu de reprendre la Lorraine avec le duc de France, Hugue Capet.

Hugue Capet avait hérité, dans le nord de la France, de la haute situation de son père Hugue le Grand, de ses projets ambitieux et de ses qualités politiques. Esprit froid, mesuré^ réfléchi, plein de ressources, capable d'énergie et de souplesse, ne perdant point de vue le but de l'ambition de sa famille, mais sachant attendre, il prenait un soin extrême à paraître jouer le rôle d'un fidèle vassal, tout en travaillant dans l'ombre à ruiner son suzerain. Il s'était fait donner d'abord par celui-ci non seulement la dignité de duc des Francs, mais encore des droits de suzeraineté sur le Poitou. Néanmoins, à la mort de son frère Henri, qui avait été investi du duché de Bourgogne, il lui avait succédé dans ce fief, contre la volonté de Lothaire II, impuissant à empêcher cette transmission héréditaire des fiefs, qui faisait la force des Robertiniens comme de toutes les grandes familles seigneu*

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