T0N II D'ALLEMAGNE, LOTHAIRE II DE FRANCE
riâles du temps. Il convenait maintenant à sa politique de ne rien refuser à son seigneur, peut-être même de le pousser contre TAUemagne et l'empereur. Lothaire II part donc avec lui pour cette conquête avec une armée nombreuse, dont les rangs serrés ressemblaient de loin à une forêt mouvante. Effrayé, Otton précipite si vivement son départ qu'il laisse tous les ornements impériaux dans le palais d Âixla-Chapelle. Lothaire tourne victorieusement du côlé de Test l'aigle de bronze que Charlemagne avait placée au sommet de son palais. Gela criait vengeance; Otton II rassemble une armée en pleine Saxe. Il représente comme une honte {ignominiam) sa fuite devant Lothaire; et, le !«' octobre, il était en France à la télé de trente mille Saxons surtout, et commençait par ravager la Champagne. La ville de Reims, où étaient l'archevêque Adalbéron et l'écolâtre Gerbert, aussi favori de la cour allemande, est épargnée. Mais Otton II, en entrant dans Tlle-de- France, brûle le vieux palais de Gompi^gne, et saccage entre autres le monastère de Sainte-Bathilde, à Chelles. Le roi Lothaire et le duc de France, Hugue, réfugiés à Paris, déjà vraie citadelle du petit royaume, tinrent bon et donnèrent aux vassaux du duché de France le temps d'arriver. Otton fil alors entonner par les siens, sur les hauteurs de Montmartre, un formidable alléluia, à faire tinter longtemps les oreilles des Parisiens, puis leva son camp et s'en retourna. Mais, au passage de TAisne, Lothaire et Hugue Tattaquèrent et tuèrent ou noyèrent un grand nombre d'Allemands.
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L'année suivante, le roi Lothaire, qui cherchait à s'affermir par tous les moyens possibles, faisait couronner d'avance son fils Louis et érigeait pour celui-ci une royauté en Aquitaine. Rien n'était plus fait pour contrarier la marche ascendante de Hugue et de sa maison. Lothaire chercha à se rapprocher d'Otton II. Peut-être Pintervention de l'archevêque de Reims, Adalbéron, qui était en froid avec le duc de France depuis deux ans, ne fut-elle pas inutile à leur entente. Toujours est-il que l'empereur Otton II et le roi Lothaire II eurent à Margolins, sur le Chiers, une entrevue où ils firent une paix avantageuse surtout pour le souverain allemand, puisqu'elle lui laissait la Lorraine comme fief, il est vrai, de la couronne de France, au grand mécontentement d'ailleurs encore des Français et des Germains.
Otton II avait besoin de cette paix pour faire acte d'empereur en Italie. L'archevêque de Reims Adalbéron et l'écolatre Gerbert, le roi de Bourgogne, Conrad, l'y accompagnèrent en grand apparat. Les fêtes de Noël 980 virent Otton à Ravennes. Tout en réglant, dans cette ville impériale, les affaires d'Italie, il lui prit fantaisie de mettre aux prises Gerbert et un savant saxon nommé Othric, qui visait à l'archevêché de Magdebourg. Cet Othric ayant fait prendre, par un secrétaire maladroit, une division erronée que Gerbert aurait faite des sciences, il se faisait fort d'humilier celui-ci et la France savante devant la Teutonie. Mais le moine d'Aurillac convainquit Othric d'avoir mal saisi ses divisions et de ne rien entendre à Aristote, à Porphyre et à Boëce. Le savant allemand
OTTON il d'aLLEUAGNÉ, LOTHAIRE II DE FRANCE 32l
n'eut pas l'archevéobë de Magdebourg; Il en mourut de chagrin. Gerbert > gagna l'abbaye italienne de Bobbio et suivit son bienfaiteur à Rome, où il fut témoin de tristes spectacles.
Une faction toute romaine n'avait pas voulu soaffrir J le pape nommé par l'inlluence allemande,Benpit. Vlj '. et l'avait massacré pour mettre à sa place Boni- j face Vil. Mais celui-ci avait été obligé de s'enfuir, et ' lévéque de Sntri, Benoit VII, sur le refus de saint 1 Hajejil^ du monastère. jlBT^Cluny, avait été élu-, OuoD II, à Rome, affirma son autorité en attirant \ i tlaas un banquet, pour les y faire massacrer, un cer- 1 \m nombre de barons romains qui avaient pris part j aux troubles précédents. Les fêtes de Pâques n'en lurent pas moins brillantes et rehaussées encore par la présence, à cdté du roi de Bourgogne, Conrad, du célèbre Hugue Capet, bientôt fondateur en France liane dynastie qui devait durer plus longtemps que relie des Ottons en Allemagne. Le duc de France ' était venu là sans doute pour se concilier la faveur il ûtton 11, l'indisposer contre le Carolingien Lothaire, d surveiller ces personnages de l'Ëglise de France et lie Reims particulièrement, qui suivaient Olton; et il avùt amené aussi avec lui des hommes d'Église, en-* Ire autres l'évéque d'Orléans.
Une entrevue eut lieu entre l'empereur aile""'"'' el le duc de France, Avant de recevoir Hugne, avait eu soin de faire déposer l'épée impériale s siège et de ne garder aucun autre seigneur ave Quand l'entrevue, d'ailleurs toute cordiale, fu minée, te rusé Otton demanda son épée d'un ai
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I trait en la désignant du regard, et Hugae Capet s'in- • clinait déjà pour la prendre et la porter derrière le roi, lorsque Tévéque d'Orléans la saisit de ses mains et la porta lui-môme. Otton aurait voulu qu'on vit ainsi publiquement le duc suivre Tempereur, Tépée haute, comme un vassal ; et l'adroit évéque d'Orléans avait sauvé de ce péril le futur roi de France ^
La conquête du midi de l'Italie, qui relevait de Tempire grec, était le but véritable du voyage d'Otton II. Â la faveur de Tincapacité des deux empereurs de Gonstantinople, Basile II et Constantin IX, le successeur de Charlemagne, après avoir convoqué en septembre 981 les princes lombards de Gapoue, de Bénévent, de Saleme, liés par Thommage à Tempire, prend Naples et s'avance dans l'Apulie au commencement de Tan 982. Bari est pris, puis Tarente. Mais les Grecs de l'Italie et les Sarrasins de Sicile reçoivent Tordre de Gonstantinople et de Messine de couper le retour à l'empereur allemand ; et ils y réussissent. Otton II, en effet, longeait le golfe tarentin, quand il rencontra l'armée réunie des Grecs et des Sarrasins près du Basiento, dans la Calabre, entre des rochers à pic et la mer, au sud de Crotone. Otton et les siens se défendirent bravement Mais, après la perte de « la fleur de la blonde Germanie », Otton s'enfuit avec quelques-uns des siens, et parvint, de sa personne, grâce à la vitesse de son cheval, jusqu'au rivage, où il atteignit, à la nage, ud vaisseau grec et persuada au capitaine de le conduire