CONCILE DE SAINT-BASLB
Tinflaence politique dans l'évôché de Reims, situé sur la limite des deux royaumes.
C'est ce qui amena révoque d'Orléans, Arnould, à prendre alors à partie Rome, et à porter la discussion, en l'élevant à une hauteur toute nouvelle, sur la situation de la papauté et de TÉglise. Après avoir, en effet, témoigné d'abord de ses respects pour les décisions du pontife romain, dans les limites du doncile de Nicée et des canons établis en divefs lieux et en temps divers par Tinspiration divine ; après avoir rappelé les vertus des premiers et grands papes précédents, l'évéque français raconte toute cette histoire à saint-siège, récente et trop connue, qui n'était' point de nature à fortifier l'autorité du successeur de saint Pierre ! Il stigmatise tant de papes indignes, assis dans la chaire de l'apôtre, et dénonce à toute la chrétienté la papauté tombant, de la servitude des factions romaines, sous l'oppression de l'empire allemand! Et l'invective, peut-être sévère et même passionnée, inspirée par Gerbert, qui, présent au concile et toujours auprès d'Ârnould, nous a laissé tout le '^cit de l'affaire, est un des monuments de l'époque qui atteste le mieux le mal que l'empire allemand avait fait aussi, après les factions italiennes, à la chaire de Saint-Pierre et au saint-siège.
« Qu'est-ce à dire? s'écrie, en effet, l'évéque d'Orléans, c'est à de tels monstres, souillés de toutes les ignominies, dépourvus de science humaine et divine, que seront soumis les innombrables prêtres de Dieu, distingués par leur science et leurs vertus?... Si, pour quiconque est élu évêque, vous faites avec
ENTRETIENS SUR l'hiSTOIRE. — IIX. 22
des soins infinis une information minutieuse sur la; gravité de ses mœurs, Thonnéteté de sa conduite, sa science dans les choses divines et humaines, quelles exigences plus rigoureuses encore ne doit-on pas réclamer Iorsqu*il s'agit de celui qui aspire à être le maître de tous les évéques?EhI que pensez- vous, vénérables frères, que soit 6et homme assis sur son siège sublime, et tout étincelant de pourpre et d'or? I que penséz-vous que soit cet homme? Rien moins, s'il manque de charité, s'il est seulement enflé de science, rien moins quel' Antéchrist siégeant, dans le temple de Dieu et se présentant Jjii-mêmejîûaime un dieu I Que si, tout à la fois, il n'est ni soutenu par la charité, ni élevé par la science, il est dans le temple de Dieu comme une statue, comme une idole : l'interroger, c'est consulter un marbre! 0 malheureux temps, dans lesquels nous sommes privés du patronage d'une si grande Église! Dans quelle cité chercherons-nous désormais un refuge, lorsque nous voyons la maîtresse des nations dépouillée de ses attributs divins et humains? Pour parler plus clairement, après la chute de l'empire romain, cette ville a perdu l'Église d'Alexandrie, elle a perdu l'Église d'Antioche, eC sans rien dire de l'Afrique etjde l'Asie, voilà l'Europe elle-même qui seHretire d'elle! Carjjlglise de Constantinople s'est soustraite à son autorité, et l'intérieur de l'Espagne ne reconnaît plus ses lois. Ce ne sont^pâs seulement les nations, suivant le mot de TApôtre, qui se séparent d'elle, ce sont môme les Eglises. »
A la suite de cette éloquente revendication des
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