CONCILE DE SAINT-BASLE
droits de l'Église de France et de la chrétienté, Tarchevéque accusé de trahison, Arnulf , est déclaré indigne de répiscopat. Le roi Hugue et son jeune fils, Robert, assistaient à la séance où le coupable déposa les insignes de sa dignité; ils lui firent grâce de la vie. Il resta en prison comme le dernier Carolingien qu'il avait voulu servir et qui y ensevelit avec lui une glorieuse dynastie. Le peuple de Reims, convoqué au son des cloches, se répandit sur la principale place, le clergé proclama évoque Gerbert, et Hugue Capel lui donna le titre d'archichancelier. C'était un coup doublement sensible pour la cour impériale, dont Gerbert avait été longtemps le favori. Aussi ne fautil pas s'étonner des proportions que prit l'affaire. La politique allemande et la cour de Rome cherchèrent à ébranler encore la nouvelle royauté dans le nouvel archevêque de Reims. Mayence et Rome s'entendirent contre Reims et contre Hugue de France.
En 992, un légat du pape vint à Aix-la-Chapelle pour s'instruire des faits, ou plutôt pour recevoir le mot d'ordre allemand . Sur son rapport, le pape Jean XV ordonna aux évéques qui avaient assisté au concile de Saint-Basle de venir rendre compte de leur conduite. Gerbert, en s'appuyant souvent de l'aulorilé d'Hincmar, soutint avec ardeur, contre Rome et contre l'Allemagne, dans une apologie adressée à toute l'Église, cette lutte qui était la sienne, celle de la France et de la chrétienté. Hugue Capet, encouragé par l'archevêque de Reims, son allié, réunit un nouveau concile français, et celui-ci, n'ayant « qu'un cœur et qu'une âme », jure de maintenir les décisions
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(le Saint-Basle. La querelle s'envenime ; le pape cite Hugue Capet à comparaître à Rome ; le roi consent seulement à se rencontrer avec lui à Grenoble. Enfin, un légat de Jean XV, qui était poussé par les évoques allemands, arrive pour tenir un concile mixte, c'està-dire d'évéques allemands et français à Mouzon.
Une entrevue réunira l'empereur Otton III et Hugue Capet sur la Meuse. Ce n'était qu'un piège indigne. L'évéque de Laon, Ascelin, un traître vieilli dans le métier, comme disent les chroniques, celui-là môme qui avait livré Arnulf et Charles de Lorraine à Hugue Capet, complotait avec un jeune ambitieux, le duc de Blois et de Chartres, Eude, d'enlever le roi de France et de le livrer à Tempefeur. Ascelin devait être archevêque de Reims et l'autre duc de France, sous la suzeraineté de Tempereur, qui joindrait la couronne de France à celle d'Allemagne. « Ce n'était pas seulement d'une prélature qu'il s'agissait, comme lé disait fort bien Gerbert, mais de l'existence même du royaume de France. » Le complot éventé fut déjoué. Hugue Capet se garda de paraître sur les bords de la Meuse. Les évéques français déclarèrent « qu'il ne leur semblait pas digne de soumettre un des leurs à la censure de ceux de Germanie auxquels ils ne le cédaient ni en puissance, ni en noblesse, s'ils ne les surpassaient pas en sagesse ». L'Église de France affirmait contre l'Allemagne et contre Rome la tradition nationale française.
Gerbert seul se rendit à Mouzon, non pour se soumettre à ce synode, d'ailleurs peu nombreux, mais pour y proclamer fièrement ses droits. Selon Richer,