FIN D OTTON III ET DE SYLVESTRE II
pas étonnant qu'en ce moment ils aient couronné ce projet d'unité chrétienne par la pensée commune de consacrer les forces de l'Europe à la conquête de Jérusalem prise alors par la calife Hakem et à la j délivrance du tombeau du Christ, vers lequel commençaient à se diriger, en pèlerinage, les chrétiens d'Europe. « Levez-vous, soldats du Christ, aurait écrit pour la première fois Sylvestre II aux chrétiens, contre le calife Fatémite Hakem, qui se donnait alors pour une incarnation, levez-vous, prenez vos enseignes, marchez au combat. Ce que vous ne pourrez accomplir par vos armes, vous le ferez par vos conseils et par vos offrandes. La délivrance de Jérusalem sera pour vous une cause de prospérité ici-bas, et là-haut l'absolution de vos fautes et un gage d'éternel salut. »
Au moment néanmoins où la France s'affranchit de l'Allemagne, avec le roi Robert, Otton laisse se telàcher la dépendance où quelques-uns de ses pré décesseurs avaient voulu tenir les princes slaves. Celait déjà favoriser, en Pologne, l'établissement d'une constitution politique que de lui donner, avec nn archevêché, une constitution ecclésiastique indépendante. Otton relève le roi, en tout cas, de tout tribut. Le^pape Sylvestre II favorise également la constitution et l'indépendance du royaume de Hongrie, en consentant à ériger en métropole la ville de Gran et en soustrayant par là les pays qu'il lui soumet à l'ancienne obédience de l'Église allemande fe Passau. Il fait bien plus encore lorsqu'il reçoit, en effet, comme un hommage à saint Pierre le royaume
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de Hongrie converti par Etienne, Férige en royaunw et envoie a son premier souverain chrétien um couronne rehaussée de l'image du Christ entour( des douze Apôtres. Otton III faisait des pèlerinages consacrait la mémoire des saints, visitait des tom beaux. SylvestreJI^ créait des royaunies et couron nait des rois.
La puissance d'Otton le Grand se dissolvait ei réalité dans cette sorte de monarchie mystique oi personne, même en Allemagne et en Italie, n'obéis sait plus. Une querelle s'élève entre le puissant arche^ véque de Mayence, Willigis, autrefois le régent dé l'empire, jaloux maintenant de Sylvestre II, et Tabbesse et l'évéque d'Hildesheim . Un concile, à Rome, ne compte pas moins de trente évoques et ne peuj rien terminer. En Italie, la ville de Tibur se révolte Otton l'épargne après l'avoir soumise. Mais les Ro mains mécontents se mutinent, élèvent des barrica des dans les rues, enferment quelque temps le pap et l'empereur et menacent de les laisser mourir d faim. L'arrivée du duc de Bavière avec quelque^ troupes les délivre. « 0 mes Romains, dit Otton l ses sujets, j'ai renoncé pour vous à mes Saxons, l mes Allemands, à tout mon sang, et voilà que vous avez repoussé votre père I »
Ce fantastique souverain, jiLempereur, ni moine, atteint depuis longtemps d'une maladie morale o nerveuse, jeûnant des semaines entières, versant de larmes aux pieds de saint Romuald et cependan cédant peut-être, s'il faut en croire une chroniqui douteusCj aux dangereux attraits de la veuve d
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Crescentius, était retiré à Paterno, au Mont-Soracte, pour y surveiller de là Rome, quand la fièvre le prit et l'emporta comme son père (janvier 1002). Si ce n'était pas la jeune et belle Romaine, veuve du tribun Crescentius, voulant venger son mari, c'était Rome, c'était la maladie de Tempire qui tuait ce petit-fils d'Otton le Grand, comme son père, Otton IL
Le pape Sylvestre II ne survécut pas longtemps à son empereur. Ce coup le précipitait presque des hauteurs du gouvernement du monde à celui d'une seule ville indisposée aussi contre lui. Il se survécut à lui-même jusqu'au mois de mai de l'année 1003. Les Romains regardèrent longtemps comme un sorçiei:iie.E£an^ais qui avait tenu le fils d'Otton le Grand sous le charme de sa science et de son savoir-faire, et l'empire allemand sous sa tiare. Ils voulaient que, û'ayant pu chanter la messe à Jérusalem, il fût mort au moins inopinément devant la peinture de la ville sainte! On disait que l'entrechoquementet le froissis de ses os, dans la basilique de Latran, annonçait la ffiort de ses successeurs.