‹ Entretiens sur lh̕istoire du moyen âgeChapitre 128 sur 174 · LES PRINCES ECCLÉSIASTIQUES · texte numérisé non relu

LES PRINCES ECCLÉSIASTIQUES

copat. Tous cherchent les biens de cette terre et non ceux de Jésus-Christ ; dévorés d'avarice et d'ambition, ils aspirent au sacerdoce, mais tiennent peu à cœur de le mériter. » Et il dénonce encore avec plus de violence un mal plus grand, c 0 crime, dit-il, toute retenue est méprisée; on ne parle plus que de leurs femmes, de leurs beaux-pères, de leurs enfants. Pourquoi taire ce qui éclate au grand jour? » Pour faire disparaître de TÉglise séculière la simonie, le concubihat, l'éloquent évêque voudrait faire partir la réforme du saint-siège, a Si Rome, disait-il, ne revient pas dans la voie des améliorations, nul doute I que le monde entier ne reste encore longtemps dans ' un abîme d'erreurs . Il faut que la réforme vienne de Rome comme de la pierre angulaire du salut des hommes. .. »

Otton le Grand avait essayé de restaurer le pouvoir des papes à Rome, mais cela avait été pour peu de temps. D'ailleurs, cette intervention de l'empire dans les affaires du sacerdoce ne satisfaisait pas toujours Damien. Il savait que les pouvoirs temporels ne prêtaient pas les mains à ceux qui réclamaient le célibat des évéques ou l'aboUtion de la simonie. La réforme, la purification de l'Église ne lui semblaient pouvoir venir que de Rome réformée, toute-puissante et élevée au-dessus des trônes eux-mêmes. Mais comment Rome pourrait-elle recouvrer cette autorité?

La dynastie franconienne et les premiers successeurs

de Hugue Gapet.

L'Église allemande eut encore une très grande part au maintien de la royauté en Allemagne, après l'extinction de la dynastie ottonienne, et [au maintien de la nouvelle dynastie capétienne en France.

Conrad II le Franconien. — Le 8 septembre 1024, les prélats et les princes allemands faisaient cercle à Kamba, en plein air; Tarchevéque de Mayence, Aribo, consulté le premier, élut pour « son seigneur, pour régent et protecteur du pays » le comte Conrad ; trois archevêques, nombre d'évéques votèrent pour lui.

Celui qui fondait une nouvelle dynastie était pieux, brave, ambitieux, comme tous les hommes de ce temps. Destiné à TEmpire, il ne manquait ni d'intelligence ni de prudence ! Mais quelle pouvait être sa puissance, surtout au début? En ses mains, en Allemagne, l'exercice du pouvoir royal n'était point défini, celui de l'Empereur en Europe l'était encore moins. Si le nouveau souverain voulait soutenir au dehors ce qu'un historien allemand récent appelle alors « le principat de l'Allemagne entre les peu-

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