CONRAD II LE PRANCONIEN
pies européens », sa tâche devenait bien lourde. Ce pi'jncipat européen dont se flattaient les Otlooiens n'élait-il pas bien ébranlé par l'exlinction de leur dynastie? Conrad II pouvait, au Nord, trouver un rival. Après avoir longtemps échangé à travers la mer les missionnaires et les pirates, l'Angleterre et le Danemark unissaient alors leurs destinées et con- [oDdaient leur religion sous un grand prince, le Danois Kanut (1017). Ce que Charleraagne avait été pour l'Europe centrale, germano-latine, Kanut Tétait pour le Nord Scandinave. Il méritait le surnom de Grand et le titre d'empereur du Septentrion, en faisant marcher de pair sur les rivages opposés de la mer du Nord, jusque-là ennemis, en Danemark, en Suède, en Norvège, les progrès du christianisme; et les Césars allemands semblaient remplacés sur ces lointains rivages, dans l'accomplissement de leur plus belle tâche.
Quand Conrad II arriva au midi de l'Allemagne, pendant sa royale chevauchée, à Constance (6 juin lOâa), non loin des frontières de l'Italie et de la Bourgogne, l'archevêque de Milan, un des plus puissants personnages de l'Italie du Nord, l'invita, au nom d'une partie de l'Église italienne, favorable à l'Empire, à passer les Alpes. Mais la ville de Pavie se révoltait; le nouveau pape, Jean XIX, et plusieurs seigneurs laïques, cherchaient s'ils ne pourraient pas trt un protecteur contre Conrad en France, dans 1 Robert. De plus mauvaises nouvelles encore ven de Bourgogne. Le roi Rodolphe III avait légué royaume à Henri II; mais, pour échapper à la d
nation allemande, il invoquait maintenant le secours de. Eudes, comte de Champagne, son parent. Le roi de France, Robert, trouvait la couronne d'Italie trop éloignée et trop chanceuse; mais il regardait du côté du Rhin, comme les derniers Carolingiens, et il croyait pouvoir au moins se rattraper plus près de son royaume, en prêtant main -forte aux ducs lorrains de la rive gauche, qui refusaient de reconnaître Conrad II.
Le souverain franconien montra une heureuse décision; il se jeta d'abord sur la ville de Bâie, qui tenait l'entrée du royaume de Bourgogne par le Rhin, y mit bonne garnison, convoqua une diète générale à Tribur, où il imposa aux Lorrains et à Robert, roi de France, et il profita de ce succès pour rechercher Tamitié du puissant Kanut et préparer son expédition en Italie. Là, dans l'opinion de cette époque, était la clef du principat allemand en Europe. Ce fut encore une véritable expédition d'Église que celle de Conrad II en 1026. On vit peu de grands princes laïques, de ducs, des comtes et des seigneurs seulement; mais en revanche, les archevêques de Mayence, d'Augsbourg, de Trêves, de Salzbourg, les évêques de Strasbourg, de Constance, et bien d'autres encore. L'Église d'Italie, Héribert, archevêque de Milan, également avec d'autres aussi, attendaient impatiemment leurs confrères; car les Oltons les avaient comblés de faveurs, et les principaux sièges étaient occupés par des Allemands.
Les princes laïcs, comtes ou marquis d'Italie, moins allemands, et le pape aussi peu confiant, avaient, à défaut du roi Robert, offert la couronne à un brillant