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L*Église burgundienne seule, organe ici comme partout de Topinion publique, essaya de conjurer d'avance cette chute d'une nationalité. Lorsque, après la mort de Rodolphe III (6 septembre 1032), on apporta à Conrad II, alors en Saxe, les insignes de la royauté, la lance de saint Maurice et la bannière royale, l'empereur n'était pas sans inquiétude. Quelque temps auparavant, un bâtard du roi défunt, Burchard, avait été élu archevêque de Lyon comme protestation nationale. Profitant de ces dispositions bien connues, le plus proche héritier du royaume, fils de la sœur ainée du défunt, le Français Eudes, comte de Champagne, se mettait une seconde fois en devoir de faire valoir ses droits. Il était le plus proche parent du roi mort, et Ton craignait en Bourgogne et ailleurs la domination impériale et allemande. Tout parut d'abord réussir à Eudes. L'archevêque de Lyon, Burchard, celui de Vienne, primat des Gaules, lui ouvrirent leurs villes. Eudes fut couronné à Lausanne et jeta un peu partout des garnisons. Il était de l'intérêt du petit roi de France, Henri P', d'empêcher le royaume de Bourgogne d'aller à l'empire; mais c'était beaucoup risquer pour lui que de favoriser en Bourgogne un vassal dont il avait eu d'ailleurs à se plaindre chez lui au commencement de son règne. Il agit plus en suzerain qu'en roi. Il ne bougea; et ce fut ainsi que, par la faiblesse des rois de France, la vieille Bourgogne passa à l'Allemagne.
L'empereur en effet, à la tête d'une armée, traversa Soleure, Peterlingen, Zurich, et se fit couronner à Bâle, contre la coutume usitée en ce pays, on ne