L'ITALIE ET LE SAINT-SIÈGE ASSERVIS
gmm italicum ad suum disponebat nutuin. C'est do là cependant que part la première résistance contre le pouvoir allemand.
G^était le temps où, en Italie, les petits seigneurs et yayassaux, les bourgeois unissaient leurs efforts pour secouer le joug des grands et conquérir leur liberté contre leur grande féodalité et contre leur Église. Ils demandaient des juges à eux, qui fixassent ëquitablement les droits et la condition de chacun. — « Ils ont faim et soif de lois, s'écria l'empereur Conrad II, qui de l'Allemagne vit par là son autorité menacée; je les en rassasierai. » Après avoir donné en mariage au vieux marquis de Toscane, Boniface, sa créature, la dernière descendante de la maison éteinte de haute Lorraine, l'héritière de la Souabe, Béatrice, l'empereur passe les Alpes (1036) à la tête de chevaliers pris dans la petite noblesse qu'il favorisait. L'archevêque Héribert lui prépare une réception solennelle à Milan, dans l'église Saint- Ambroise. Mais une émeute éclate. L'empereur, furieux, convoque une diète générale des grands de l'Italie à Pavie, et somme le puissant archevêque de se justifier des accusations et plaintes portées contre lui et, s'il ne le faisait point, de réparer les injustices et de restituer les biens et honneurs qu'il avait, disait-il, usurpés ; et, sur son refus, des soldats allemands empoignent Héribert et l'emmènent prisonnier.
Mais l'arrestation du premier personnage de l'Italie réunit vavassaux et bourgeois, aussi bien quale wnu peuple. On ne voit plus en Héribert le maître,
le seigneur, mais rilalien et le prêtre. L'Église n'étaitelle donc aux mains de l'empereur, de l'étranger, qu'un instrument servile d'oppression ! Le clergé, les moines dans les villes, couverts de cilice, redemandent avec larmes leur père, au bruit du lugubre son des cloches ; le menu peuple attaché à TËglise pousse des cris de mort. Héribert s'échappe comme par miracle de sa prison et arrive à franc étrier à Milan, où le peuple le reçoit comme un libérateur et un chef. L'Église et tout un peuple étaient réunis contre Conrad. L'empereur, avec les Italiens qu'il avait favorisés, vient assiéger Milan pourvu d'ouvrages extérieurs et d'une muraille flanquée de trois cents tours. Mais le peuple milanais, plein d'enthousiasme et de haine, soutenu par quelques nobles fidèles, à pied, mal armé, mais intrépide, sort par les portes de la ville, vient, le 19 mai 1037, livrer bataille près d'un arc de triomphe en ruine, souvenir du temps des Romains. Un épouvantable orage éclate et verse à torrents, sur un terrain coupé de canaux, le tonnerre et la pluie. Conrad lève le siège; il essaye de diviser la résistance en appliquant en Italie la politique qu'il pratiquait en Allemagne.
Par une constitution hâtivemient promulguée, il tente de soustraire aux grands vassaux, marquis ou évéques, la fidélité de leurs vassaux ou vavassaux, laïcs ou ecclésiastiques, en déclarant ceux-ci « possesseurs héréditaires de leurs fiefs de père en fils, de frère en frère, inamovibles à moins d'un jugement de leurs pairs, et avec droit d'appel à l'empereur ». Tardive ou trop hâtive révolution! Elle