SCANDALES DE ROME — TROIS PAPES
ne s*étant décidément pas marié, reprend réponse céleste délaissée, dans son château de Tusculum. Sylvestre III rentre au palais du Vatican de vive force, et Grégoire VI ne garde plus guère que Saint- Jean de Latran (1040). On avait trois papes au lieu l d'un. Ce fut ce dernier scandale qui remit le sort ' dTrÉglise, au moment où elle avait besoin d'une réforme, entre les mains de rAUemand Henri III.
Élevé par les prêtres et faisant sa société habituelle des chapelains de la cour, homme de foi forte et sincère, persuadé que TÉglise, dont il faisait un instrument de gouvernement, ne pouvait lui rendre de services qu'à la condition d'être morale, Henri III tournait sa reUgion en amour de la domination, en ambition de commander, en passion de se faire obéir. Si le pape ne paraissait pas obéir à son divin maître, pourquoi l'empereur ne remettrait-il pas le pontife dans le droit chemin? Le pape Grégoire VI avait imploré le secours du roi Henri III, qui l'avait reconnu en 1046. Mais la conduite de Grégoire VI, qui tentait d'arracher le saint-siège à la dépendance des comtes impérialistes de Tusculum, ne plaisait pas beaucoup non plus à Henri III. Le siège de Rome, par là, ne s'affranchirail-il pas de la dépendance de l'empire? Henri III, avec son instinct de despote, sentait bien que la réforme de l'Église, prôchée par Cluny et par les moines italiens, pouvait frayer à celle-ci la voie à l'indépendance, et il ne se montrait pas disposé à renoncer à la puissance politique que la soumission de l'Église mettait entre ses mains.
Dans son royaume de Bourgogne, le clergé et le