HENRI III "ET L EMPIRE ALLEMAND
peuple de Lyon avaient fait choix pour archevêque d'un homme de race bourguignonne, Halinard, grand amî du célèbre abbé des abbés, Odilon de Cluny; et le nouvel élu se refusait à prendre possession de son siège avant d'avoir reçu la confirmation pontificale. Appelé à Spire, il refusait le serment féodal de fidélité au roi Henri, parce que, disait-il, « TÉvangile et la règle de Saint-Benoit le lui défendaient ». Il ne voulait point recevoir uniquement le pouvoir ecclésiastique des mains du pouvoir temporel, il réservait sa fidélité à un autre maître, le Christ ou saint Benoit.
« Quel est cet homme, dit révoque de Spire, assez hardi pour braver le roi et oser ce qu'aucun de nous. Allemands, n'a jamais fait. Qu'il jure, ou qu'il renonce à son siège 1 » Mais les évoques de Metz, de Toul et de Verdun intercèdent pour lui. Il y avait là plus qu'un homme. La force d'opinion, qui avait déjà créé en Bourgogne et en France la trêve de Dieu, revendiquait l'indépendance de l'Église; Henri III, aussi habile à céder qu'à entreprendre, consentit à se contenter d'une promesse de fidélité de l'archevêque ; première apparition de la querelle des Investitures entre l'ÉgUse et l'empire allemand 1 C'était à Rome, au centre de la chrétienté, où trois papes se disputaient le pouvoir, que la question posée entre les deux pouvoirs devait être résolue ou tranchée.
On a voulu trop souvent nous représenter Henri III comme le premier promoteur de la réforme de l'Église ou comme le tout-puissant instrument de l'ordre de Cluny. Et d'abord il y avait bien plus d'opposition que d'entente entre la cour impériale et la direction