‹ Entretiens sur lh̕istoire du moyen âgeChapitre 141 sur 174 · HENRI III EN ITALIE ET EN HOLLANDE · texte numérisé non relu

HENRI III EN ITALIE ET EN HOLLANDE

de Basse-Lorrainè, renoue des intrigues avec le margrave de Hollande, le comte de Flandre et le capétien Henri P' de France, fils de Robert, qui jure d'aller jusqu'à Aix-laChapelle, la ville de Charlemagne, pour donner une leçon à cet empereur couronné à Rome. Henri III somme les ducs de Souabe, de Carinthie et de Bavière restaurés de le suivre contre ses ennemis. Mais Thierry IV, de Hollande, lâche les digues de son territoire devant l'armée impériale. Henri cite plusieurs évéques de Liège qui n'avaient pas suivi l'armée, entre autres Wazo, à comparaître devant son tribunal. Ce prélat, comme prêtre, ne voulait point porter les armes. « Et moi aussi, repartit Tempereur, comme toi je suis prêtre et j'ai été oint de la sainte huile, qui me donne le pouvoir de commander à tous. — Il y a une grande différence, s'écrie alors l'évêque, entre votre onction et la nôtre. Vous avez reçu l'onction pour donner la mort, et moi pour donner la vie. »

Décidé à se venger à tout prix, Henri III eut, Tannée suivante, à Ivois, une entrevue avec le roi de France, Henri P', qui était toujours derrière les rebelles lorrains; et il détacha d'eux ce prince par quelques promesses que celui-ci lui reprocha plus tard de n'avoir point tenues. Grâce aux marines du roi d'Angleterre, de Danemark et du duc de Saxe, Bernard II, il réduisit Gottfried, qui, abandonné de tout le monde, poursuivi par les vassaux impériaux et par les anathèmes de l'Église, déposa son épée à Aix-la-Chapelle aux pieds de l'empereur, et fut retenu en prison sous la garde de Vévéque de Trêves.

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Commencement de restauration de la papauté. — Léon IX et les Normands d'Italie. — Mais le goavernement de TËglise, surtout, est la cause des embarras de Henri. On a yu Topposition de Wazo môme parmi les évéques allemands. C'est sur le concours du saint-siège aussi que Henri III comptait pour dominer la chrétienté, et c'est à Rome qu'il rencontra bientôt la plus grande résistance. Plus empêché encore que ses prédécesseurs, le pape allemand, Clément II, était presque considéré comme un intrus, un mendiant, à Rome et dans TËglise même, où son élection avait choqué bien des consciences. Un dernier voyage à Rome de l'abbé de Cluny, Odilon, vieillard de quatre-vingt-sept ans, augmentait encore les regrets et les scrupules de Clément. On le voyait abandonner souvent Rome et se retirer au monastère de Saint -Thomas in Aposella, pour y chercher avec inquiétude ce qu'il pouvait faire en faveur de ce saint lieu. Avant de mourir (9 octobre 1047) , il avait recommandé de porter ses restes mortels à sa chère et regrettée ville de Ramberg, dont les revenus avaient été sa seule ressource. Les Romains redemandèrent, « comme des esclaves à leurs maîtres et des fils à leur père », « un pape de bonnes mœurs et de bonnes intentions ». L'empereur avait d'abord fixé son choix sur Poppo, Ravarois de naissance, qui mourut vingttrois jours après son exaltation, et, dit-on, du poison (8 août 1048). Enfin, tous les évéques allemands ayant refusé cette fois ce périlleux honneur, dans une assemblée de grands laïques et ecclésiastiques réunie à Worms (déc. 1048), Henri III désigna Rruno,

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