‹ Entretiens sur lh̕istoire du moyen âgeChapitre 142 sur 174 · LE PAPE LÉON IX · texte numérisé non relu

LE PAPE LÉON IX

évoque de Toul, un de ses parents éloignés, de la famille aussi des anciens ducs de Haute-Lorraine, prêtre vertueux, élevé et nourri sous l'influence de Cluny, qui avait récemment, dans les affaires de Lorraine, ménagé Tentrevue des souverains de France et d'Allemagne. Ce fut lui qui commença la restauration morale de la papauté .

L'évéque Bruno^ ne voulant pas tenir seulement son siège de l'empereur, avait mis pour condition à son acceptation que le peuple et le clergé romains fussent consultés. En habit de pèlerin, il traversa les Alpes et s'arrêta aux portes de Rome pour traiter avec les curés cardinaux et les Romains. Cette condescendance lui assura le bon vouloir du clergé et les acclamations du peuple; le jour de son exaltation (12 février 4049). C'était un homme de belle prestance sous sa blonde chevelure, ayant presque autant d'habileté que de vertu, quoique parfois hésitant et faible, parlant toutes les langues des peuples auxquels il s'adressait. Il tenait du moine et de Thomme d'État et il avait toutes les qualités de l'un et de l'autre, la souplesse voulue pour suffire à la tâche du moment. On reconnut de suite les prédilections de Léon IX pour la réformation de l'Église régulière. Il soustrait maints monastères à l'autorité des évoques du ressort ou à la domination du pouvoir temporel. L'abbaye de Cluny ne relèvera plus d'aucune puissance impériale, royale ou ducale, archiépiscopale ou épiscopale. Ses moines auront le droit exclusid'èlire leur abbé, et l'abbé élu aura le droit de choisir l'évoque qui le consacre. Un premier con-

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cile est réuni à Rome. Léon IX aurait voulu le rendre universel. Il n'y eut guère que les deux archevêques de Lyon et de Trêves avec des évéques italiens. Ce peu d'empressement lui enseigne la piaidence. Il réserve ses excommunications aux seuls prêtres coupables de simonie, et épargne ceux qui avaient été consacrés par les premiers. Les premières résolutions de Léon IX contre la cohabitation des prêtres avec les femmes sont empreintes de la même timidité.

Ce n'était point de Rome, déconsidérée par des scandales, que le nouveau pape pouvait réformer l'Église. Il prend donc la résolution de parcourir la chrétienté. Son pontificat est comme une tournée pastorale en Europe. On le trouve partout, du mont Gargano à Cologne et de Bamberg à Reims. Il prêche, il tient synode, il consacre des églises, il bénit, il porte des reliques, il officie, il juge. Comme l'empereur qui est toujours en mouvement dans l'empire, il est, lui, partout présent dans l'Église. Il tient à Reims et à Mayence deux conciles qui nous laissent bien juger déjà de la position délicate des deux puissances en face l'une de l'autre.

En France, Léon IX avait fort habilement rattaché la réunion du concile de Reims et sa visite à la consécration d'une église destinée à contenir les reliques de saint Rémy. La levée et la translation de ces reliques, qui précédèrent l'ouverture du concile, portèrent au comble l'enthousiasme des pèlerins arrivés en masse. Léon IX pouvait à peine percer la foule à son arrivée (!*' octobre 4049) et, ensuite, sortir de chez

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