LÉON IX EN FRANCE
lui. On fut obligé d'introduire la châsse du saint par une fenêtre de la nouvelle basilique, afin de la faire arriver au maître autel. Alors seulement le pape put consacrer la nouvelle sépulture du saint, bénir la foule. Le concile ouvert, sous la présidence du pape , le 3 octobre, après que les archevêques de Trêves, de Lyon et de Besançon eurent juré de n'avoir ni pratiqué ni souffert la simonie, on déféra le môme serment à Farchevéque de Reims ; celui-ci demanda à se confesser au pape. L'évêque de Langres, celui de Nevers furent tous deux condamnés. Le concile renouvela ensuite les canons relatifs à l'élection des évêques par le clergé et par le peuple, qui se pratiquait plus en France qu'ailleurs, ainsi que d'autres règles de discipline ecclésiastique.
11 semble que le pape ait osé beaucoup moins en Allemagne, au concile de Mayence , en présence de l'empereur, qui aimait bien être le maître chez lui. Un seul évêque, celui de Spire, fut accusé d'impureté, et en appela — ce qui était au moins singulier pour un évêque — à l'épreuve du duel judiciaire; il fut condamné. Le pape ne souffla mot de la Uberté des élections épiscopales, qui étaient toutes alors en Allemagne en la main de l'empereur. Mais déjà, sur certains points, on pressent des désaccords et une sorte de lutte sourde. Sous l'archevêque Adalbert, de Brème, les missions du Nord avaient repris; les évêchés de Mecklembourg, d'Âltenbourg et de Razebourg se relevaient avec des prêtres irlandais et danois. Henri III rêvait de faire de Brème, pour Adalbert, une sorte de patriarcat du Nord. Léon IX donne