‹ Entretiens sur lh̕istoire du moyen âgeChapitre 146 sur 174 · LÉON IX ET LES NORMANDS D'ITALIE · texte numérisé non relu

LÉON IX ET LES NORMANDS D'ITALIE

de lui Finvestiture de la Fouille, de la Calabre et des pays qu'il pourrait conquérir encore dans la Sicile. Vaincu, prisonnier et presque mourant, Léon recevait des témoignages non équivoques de Télévation de sa puissance morale et de la considération des hommes. Tandis qu'il songe sans doute à réparer sa défaite et écrit aux empereurs d'Occident et d'Orient pour implorer leur secours^ les évéques chrétiens d'Afrique lui demandent de leur désigner la métropole à laquelle* ils devaient obéir depuis la destruction de Cartbage ; au milieu des négociations si diverses dont il poursuivait ardemment Tissue, il rappelle au patriarche Cerularius, qui décida le schisme grec, que la juridiction sur les patriarches d'Antioche et d'Alexandrie lui est réservée à lui seul, et que, seul, il porte le titre d'universel. Il pardonne à ses vainqueurs, les accepte comme vassaux du saint-siège, et s'en revient mourant, mais indompté, de Bénévent à Rome, au tombeau des apôtres, où ses derniers moments édifient les fidèles et dévoués compagnons de ses labeurs (1084).

L'empereur Henri III fait encore acte de puissance en désignant pour succéder à Léon IX l'évoque d'Jlichstaedt, Gebhardt, depuis quelque temps le plus intime de ses conseillers. Mais il s'engage à restituer ce qui appartenait au saint-siège pour lui assurer des garanties d'indépendance. Le quatrième évéque allemand arrive le l^i'avril 1055 à Rome sous le nom de Victor II; l'empereur le suit de près en Italie, mais sent déjà quelque résistance. En Lombardie , le 20 avril, dans les plaines de Roncaglia, pour la pre-

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mière fois peut-être, Tempereur convoque ses vassaux italiens. Gottfried le Barbu fait présenter ses excuses, mais sort furtivement d'Italie pour passer en Lorraine. Son frère, Frédéric, le cardinal, se met en sûreté au Mont-Gassin. Le nouveau pape réunit avec Henri III un synode, le 4 juin, à Florence, pour Tappuyer de son autorité. Âpres la fuite de son mari Gottfried et de son beau-frère, la marquise de Toscane, Béatrice, est retenue durement en otage avec ses enfants. Mais Tempereur est obligé de céder au pape^ sa vie durant, Spolète et Camerino, en dédommagement de Bénévent.

De mauvaises nouvelles le rappellent encore une fois en Allemagne. En mai 10S6, il s'abouche, à Ivois, avec le roi de France, Henri ^', pour assurer sa frontière. Henri I*' redemande, selon les promesses précédentes, la Lorraine française. On échange d'aigres paroles. Fidèle aux coutumes barbares de son pays, le roi germain propose un combat singulier à son compétiteur. Le roi français, Henri I"^, lui tourne le dos et rompt la conférence. Découragé de ce c6té, Henri III apaise Gottfried le Barbu en lui rendant sa femme Béatrice. Depuis son retour d'Italie, Henri était malade. Il mande son ancien évéque et conseiller, le pape Victor II, pour mourir entre ses bras et lui recommander sa femme et son fils, auxquels il laissait, en effets le 5 octobre 1046, le plus lourd héritage.

"Grégoire VII. — Le sacerdoce et Tempire.

Âpres le paissant empereur franconien Henri III, apparaît au milieu du xi<> siècle Grégoire VII, comme on avait vu Sylvestre II suivre de près, au siècle précédent, Otton le Grand. Les empereurs et les papes sont les personnages principaux du grand mystère de ce moyen âge ecclésiastique dont les principales scènes se jouent en Italie et en Allemagne^

C'est à la faveur de la minorité de Henri IV que le saint-siège parvient à se relever en Italie, grâce au génie d'un moine déjà célèbre, Hildebrand, et à Ténergie de plusieurs papes, élus sous Tinfluence du prince lorrain Gottfried le Barbu et |de sa femme, la comtesse de Toscane Béatrice, qui conçurent les premiers la pensée de faire servir leur puissance au relèvement et à Findépendance de Tltalie et de l'Église. Le premier des papes qui y contribua le plus après la mort de Victor II et d'Etienne IX, frère même de Gottfried, auteur de son mariage avec Béatrice, ce fui Nicolas II (1058).

Quelques barons romains envahissaient déjà de

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nuit la ville étemelle pour faire pape un des leurs, quand le moine Hildebrand et les cardinaux de la réforme, Damien d'Ostie et les autres, à Sienne, élisent Gérard, un Bourguignon, évéque de Florence. Guibert, chancelier du royaume d'Italie, dans un concile d'évéques, déclare illégitime Télu des barons. Le marquis toscan marche sur Rome, et, moitié par force, moitié par argent, fait introniser à Latran, comme pape légitime de la réforme, son évéque toscan sous le nom de Nicolas II, en Thonneur du puissant pape qui, du temps des fils de Gharlemagne, avait le premier relevé le saint-siège en face de Fempire affaibli.

Décret d'élection pontificale de Nicolas IL — Si Ton veut voir le manifeste du parti grégorien, on n'a qu'à lire le traité contra simoniacos du cardinal-évéque de Sylva-Gandida, le Lorrain Humbert. Toutes les conséquences de la simonie, il les dénonce, pour ritalie surtout. L'Église italienne est appauvrie et corrompue, ses biens tombent entre les mains des étrangers, des Allemands : tels sont les résultats des élections qui ont fait passer Tépiscopat de la puissance du pape ou des métropolitains sous celle de l'empereur. Les auteurs du mal, il les nomme; ce sont les Ottons et Henri II le Saint! Sous prétexte de protéger l'Ëglise, ils l'ont asservie. Le cardinal Humbert ne craint pas d'exhorter les princes temporels , et les laïques fidèles à commencer le combat pour la 1 liberté et pour l'honneur de l'Église, leur mère. C'est % en réformant l'Église qu'il veut relever la chrétienté. La lutte commence.

Trois moines, un Anselme da Baggio, un Ariald et

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