‹ Entretiens sur lh̕istoire du moyen âgeChapitre 147 sur 174 · DÉCRET DB NICOLAS II · texte numérisé non relu

DÉCRET DB NICOLAS II

on Landolph, Italiens, disciples de l'école française de Clany, soulèyent en Lombardie les écoliers et le populaire, touj$ ceux qu'on traita bientôt de patarini oa pannosi, contre les prêtres mariés, « ces esclayes des fenunes, ces amorces de Satan, poison des âmes, glaives des cœurs, huppes, chouettes, louves, sangsues insatiables ». L*archeYéque de Milan» Guido de Velate, nommé par l'empereur Henri III, s'appuyant sur une pennission de mariage accordée à son diocèse,par saint Âmbroise, fait condamner par un con« die d'ëTéques lombards les chefs du peuple, et ap« pelle ses capitaines et vassaux pour lui prêter main forte. Au milieu de cette effervescence, Nicolas II convoque u» concile (avril 1089) à Rome, pour donner une règle fixe à l'élection pontificale, seule condition vraie d'indépendance pour le saint-siège. L'archevêque de Milan et les évêques lombfirds faisaient difQculté de s'y rendre. Le tribun de la réforme, Pierre Damien, et Anselme da Baggio, l'agitateur lombard, arrivent à Milan. Pierre Damien prend la présidence du chapitre; les évoques lombards murmurent contre Tusurpation de l'envoyé de saint Pierre. Damien sort, parle au peuple de l'unité, de la pureté de l'Église ; et, bientôt, acclamé par tous, il entraine à Rome, bon gré mal gré, l'archevêque Guido de Yelate et ses suffragants lombards, « ces taureaux revéches, cervicosos tour 08 long obar dos ». L'arrivée des Lombards avec les autres évéques italiens, bourguignons et français, porte le nombre des prélats présents à cent treize. Pas un seul évéque de Germanie. Jusqu'alors, l'élection pontificale avait appartenu

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tantôt an clergé et an penple romain, tantôt anx empereurs allemands et surtout aux factions des barons romains. Par le nouveau décret de Nicolas, « désormais, après la mort du pape, les cardinaux (évoques, prêtres et diacres) se réuniraient avant tous autres pour procéder à Télection, sauf Thommage et le respect dus au présent roi Henri, futur empereur, avec l'aide de Dieu, et à ses successeurs, s'ils obtenaient personnellement du saint-siège le môme droit. Les autres (c'est-à-dire le clergé et le peuple) n'auraient part à l'élection qu'après les premiers. Le pape devait être choisi dans le clergé romain, et, au cas où il ne se trouverait pas dans son sein un clerc digne de cet honneur, dans les autres églises. Si les menées des gens malintentionnés rendaient impossible à Rome une élection pure de toute corruption, les cardinaux, en quelque petit nombre qu'ils fussent, auraient le droit de se réunir en un autre lieu, en s'entendant avec ledit roi; et, le choix fait, le nouvel élu, pour jouir de la toute-puissance, n'aurait pas besoin d'être intronisé à Rome. » En ménageant l'empire et Rome, le décret assurait l'indépendance du saint-siège contre les abus de l'Empire et les factions romaines ; la constitution de ce Sénat électif, de ce corps aristocratique, nommé par le saint-père pour soutenir et pour perpétuer son autorité monarchique dans l'Église, était toute une révolution. Quatre-vingt-treize évoques l'approuvèrent de leur signature après les cardinaux ; Hildebrand signa le premier; un seul évoque d'empire, celui de Besançon, un Bourguignon, signa avec les Italiens et les Français.

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