‹ Entretiens sur lh̕istoire du moyen âgeChapitre 155 sur 174 · CALIFAT ET PAPAUTÉ · texte numérisé non relu

CALIFAT ET PAPAUTÉ

ConstanliDople offrir de se soumellre à lui quand, menacés de trop près par leurs voisins barbares ou musulmans, ils croient avoir besoin des secours du reste des chrétiens.

Pour les nouveaux peuples occidentaux, nés à la foi par les soins de l'Ëglise latine, non seulement ils ite s'avisent guère encore de discuter son dogme ou de marchander l'obéissance spirituelle qu'ils doivent an pontife romain, mais ils semblent faire hommage eux-mêmes à l'Église du domaine de ta terre, et quelquefois au pape du pouvoir temporel, dont les successeurs de Mahomet se sont d'abord saisis. Souverains de toute date et de tout rang, tons, en elTet, demandent à l'Eglise la consécration de leur pouvoir, et veulent régner par la grâce de Dieu. Les plus grands des empereurs prétendent élre sacrés par le pontife lui-môme; et humblement, pendant la cérémonie, ils conduisent sa flëre mule, après lui avoir baisé les pieds ; les rois demandent la même consécration à leur Église, à Reims, à Cantorbéry, à Oviédo, à Bude, etc. Les chrétiens, dans leurs querelles, empereurs, rois ou sujets, font souvent le père des chrétiens juge entre eux, et le constituent sur eux comme souverain arbitre. Les successeurs de l'Apôtre avai""' longtemps répélé, montré par leur conduite sui chaire de saint Pierre, que leur royaume n'élait p( de ce monde ; et, parce qu'ils l'avaient refusé royaume de ce monde vient à eux ; de sorte que 1 plus grand danger comme celui de l'Église est q montés à celle hauteur, ils ne cèdent à la tentai qu'avait repoussée sur la montagne leur divin mai

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et qa'ils ne veuillent se saisir réellement de ce double glaive qui avait été si fatal aux califes, successeurs de Mahomet.

Les moines; la chevalerie. — Nous l'avons vu, après le danger qu'avait couru, au x* siècle, l'Église devenue féodale, le mysticisme chrétien avait de nouveau arraché l'humanité à l'adoration de la terre, aux sens, reporté ses aspirations dans les régions du divin, et fait du salut au delà de cette vie la plus haute ambition. Au lieu de s'arrêter, après l'an mille, ce mouvement s'était accru au xi® siècle. Jamais, dit Guiberl de Nogent, on ne fonda autant de couvents qu'à la fin du XI** siècle. On s'y détache de la terre; pour échapper au monde, on y fait la guen^e aux corps, aux sens : on y prétend anéantir l'animal, la béte et, dans ces corps exténués par les jeûnes, par les méditations qui ne cessent même point dans le sommeil {Ego dormio, disait Damien, cormeumvigilat), l'imagination exaltée vit avec Dieu et avec les saints. Lisez les biographies des saints de ce temps; jamais tant de miracles ! « Les saints eux-mêmes, par l'ordre de Dieu, réclament l'honneur d'une résurrection sur la terre et apparaissent aux regards des fidèles qu'ils remplissent d*une foule de consolations. » L'archevêque de Sens, Lenteric, retrouve un fragment de la verge de Moïse. Emporté par ce courant mystique, chacun veut avoir des miracles pour lui et posséder des saints, ou au moins leurs reliques ; on leur bâtit des chapelles, on construit de merveilleuses châsses pour leurs ossements. Des villes voisines, des châteaux voisins entrent en guerre pour la possession

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